{"q":{"uid":"CRQG17-20261006-01","type":"QG","numero":"","date":"2026-10-06","rubrique":null,"analyse":"Mobilisation lycéenne","ministere":"Premier ministre","depute":"Laurent Marcangeli (HOR)","acteurRef":"PA605782","groupe":"HOR","repondue":true,"dateReponse":"2026-10-06","delaiJours":0,"source":"seance","seance":{"date":"2026-10-06","dateLisible":"mardi 06 octobre 2026","num":"1","jo":"20260009","session":"Session ordinaire 2026-2027","url":"https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/CRSANR5L17S2027O1N009"},"repondantNom":"M. Sébastien Lecornu","nEchanges":2,"ministereSlug":"premier-ministre","_n":"mobilisation lyceenne laurent marcangeli (hor)  premier ministre m. sebastien lecornu"},"leg":17,"texte":{"q":"Depuis plusieurs jours, nos compatriotes voient les événements qui se produisent dans les lycées de notre pays et leurs abords avec colère et tristesse mais aussi, parfois, avec une certaine impuissance, qui nous touche tous au plus profond de nous-mêmes. Oui, le dialogue doit s’établir. Oui, les lycéens ont le droit de réclamer davantage de moyens et une meilleure organisation de leurs travaux, mais jamais rien ne justifiera un tel déferlement de violence. Il ne s’agit plus d’un problème d’organisation de la vie au lycée, mais d’un problème d’ordre public. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR, sur plusieurs bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes Dem et LIOT.) Le groupe que je préside demande avant tout le retour de l’ordre pour permettre à cette mission de service public de s’exercer dans les meilleures conditions. On assiste en effet à une véritable casse d’un service public. Je veux avoir une pensée, car personne ne pense à eux, pour les personnels de l’éducation nationale qui subissent de plein fouet ces événements, pour nos forces de l’ordre, pour celles et ceux qui sont victimes de ces violences (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. - M. Laurent Mazaury applaudit également. - Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) , pour nos compatriotes qui voient l’argent public - leur argent - partir en fumée. Disons-le clairement : ceux qui cassent devront payer ! Monsieur le premier ministre, j’ai plusieurs questions. Quel est le bilan humain, car il y a eu des blessés, dans les services publics comme chez les élèves ? Quel est le bilan des dégâts matériels, car il faudra chercher de l’argent - et c’est de l’argent des Français que l’on parle - pour réparer ? Je souhaite vous interroger enfin sur le bilan politique. La semaine dernière, vous avez laissé entendre qu’un parti politique était peut-être derrière ce noyautage et cette manipulation de notre jeunesse. La représentation nationale veut savoir de quoi il s’agit. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs du groupe DR. - Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les membres sont montrés du doigt par plusieurs députés du groupe RN.)","r":"Monsieur le président Marcangeli, permettez-moi, en répondant à votre question, de rendre compte à la représentation nationale des faits tels que nous les connaissons et d’apporter quelques éléments de bilan, mais aussi de clarification, car le débat public est inondé de contrevérités ou de fausses informations. Je pourrai ainsi dégager quelques perspectives politiques concernant le service public de l’éducation nationale. Le bilan, tout d’abord. Il est de 215 élèves blessés, pour la majorité d’entre eux à la suite d’agressions ou - de manière plus résiduelle - d’accidents, et de 85 personnels éducatifs blessés, dont 34 proviseurs et adjoints. C’est le bilan le plus lourd qu’ait connu l’éducation nationale depuis des décennies. La banalisation de cette violence n’est pas acceptable. Enfin, 715 policiers et gendarmes ont été blessés. Aux blessures s’ajoutent beaucoup d’insultes et d’actes d’intimidation, y compris contre les magistrats - on l’a vu avec le procureur de la République de Belfort - et même contre des journalistes. Quelles que soient nos opinions politiques et nos sensibilités, nous n’avons pas le droit d’abandonner les agents du service public. Quel que soit leur ministère et quoi qu’il puisse être dit ici ou là, on défend le service public ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.) Jadis, l’ensemble de l’hémicycle aurait applaudi pour montrer le soutien de la représentation nationale. Les fonctionnaires territoriaux de l’État méritent notre soutien, car il n’y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps avec lui. (Mêmes mouvements. - Mme Mathilde Panot s’exclame.) Ensuite, la réalité est que l’ultraviolence a frappé à la porte des lycées. Elle doit être condamnée sans condition. Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence. Dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des citoyens, y compris des mineurs, existe. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et HOR.) Brûler un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire des lycées. Lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs. Ces vérités étant dites, il faudra que la justice passe, car, je le répète, on ne peut pas laisser de place à cette violence, même si on ne peut pas non plus, et j’y reviendrai, s’abstenir d’apporter une réponse structurée aux problèmes de fond. Beaucoup de choses ont été dites sur l’action des forces de sécurité intérieure et je tiens, puisque l’Assemblée nationale contrôle l’action du gouvernement, à clarifier les choses. Par trois télex - je les ai d’ailleurs ici avec moi et le ministre de l’intérieur les a rendus publics -, des instructions de proportionnalité ont été données aux forces de l’ordre. Il n’y a donc aucun défaut de transparence sur les ordres que le pouvoir politique a pu donner aux forces de sécurité intérieure, policiers et gendarmes. Par ailleurs - sur ce sujet aussi, beaucoup de contrevérités circulent -, ce qui déclenche le maintien de l’ordre, c’est l’existence de violences urbaines sur les personnes et, résiduellement, sur les biens. La force publique peut intervenir parce qu’un proviseur a demandé son concours pour débloquer un lycée, mais dans l’extraordinaire majorité des cas, il en est fait usage parce que, malheureusement, des individus violents se mêlent à des lycéens non violents et s’en prennent à ces derniers ou au personnel d’encadrement de l’éducation nationale. Lors d’une manœuvre aussi sensible concernant l’ordre public, des accidents peuvent-ils arriver ? La réponse est oui. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Je dis bien « accident » car j’ai entendu employer l’expression de « violences policières ». Elle suggère que des instructions politiques de répression policière ont été données. C’est faux, c’est un mensonge et c’est jeter l’opprobre sur la police de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.) Là où il y a des accidents, puisque nous vivons dans un État de droit, il doit y avoir enquête, enquête administrative, enquête judiciaire. Il doit y avoir transparence, il doit y avoir une recherche des responsabilités et, pardon de le dire, en tant qu’être humain, il doit y avoir de l’empathie. Ces choses étant dites, il faut faire taire deux mensonges qui divisent la société et qui ont pour effet de remonter la population contre la police de la République, ce qui n’est pas acceptable. Le premier est de laisser à penser qu’il y a une intentionnalité, une disproportion volontaire dans l’usage de la force. Elle n’est pas volontaire, quels que soient les mensonges de La France insoumise. Le deuxième mensonge est encore plus grave. Il laisse sous-entendre que la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes. Il faut combattre ces mensonges qui ont été disséminés sur les réseaux sociaux, sur la place publique, dans les médias. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem, HOR, LIOT et UDR, dont la plupart des députés se lèvent.) La situation est suffisamment grave pour que nous n’ayons pas besoin d’une classe politique lâche qui souffle sur les braises, attise les violences afin de mieux les condamner et organise le chaos à des fins électoralistes. (Les applaudissements se poursuivent. - Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ces contrevérités et ces mensonges ayant été dénoncés, je voudrais maintenant dire un mot sur les manifestations d’aujourd’hui. Le gouvernement les accueille avec beaucoup de respect… …et, cela va peut-être vous surprendre, je les accueille avec soulagement, car nous avons enfin un cadre légal, déclaré, démocratique dans lequel l’expression des désaccords peut se faire, y compris avec le gouvernement que je dirige. C’est normal qu’il puisse y avoir des manifestations. Je souhaite que le cadre d’expression du mécontent","echanges":[{"nom":"M. Laurent Marcangeli (HOR)","qualite":null,"acteurRef":"PA605782","texte":"Depuis plusieurs jours, nos compatriotes voient les événements qui se produisent dans les lycées de notre pays et leurs abords avec colère et tristesse mais aussi, parfois, avec une certaine impuissance, qui nous touche tous au plus profond de nous-mêmes. Oui, le dialogue doit s’établir. 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Laurent Mazaury applaudit également. - Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) , pour nos compatriotes qui voient l’argent public - leur argent - partir en fumée. Disons-le clairement : ceux qui cassent devront payer ! Monsieur le premier ministre, j’ai plusieurs questions. Quel est le bilan humain, car il y a eu des blessés, dans les services publics comme chez les élèves ? Quel est le bilan des dégâts matériels, car il faudra chercher de l’argent - et c’est de l’argent des Français que l’on parle - pour réparer ? Je souhaite vous interroger enfin sur le bilan politique. La semaine dernière, vous avez laissé entendre qu’un parti politique était peut-être derrière ce noyautage et cette manipulation de notre jeunesse. La représentation nationale veut savoir de quoi il s’agit. 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C’est le bilan le plus lourd qu’ait connu l’éducation nationale depuis des décennies. La banalisation de cette violence n’est pas acceptable. Enfin, 715 policiers et gendarmes ont été blessés. Aux blessures s’ajoutent beaucoup d’insultes et d’actes d’intimidation, y compris contre les magistrats - on l’a vu avec le procureur de la République de Belfort - et même contre des journalistes. Quelles que soient nos opinions politiques et nos sensibilités, nous n’avons pas le droit d’abandonner les agents du service public. Quel que soit leur ministère et quoi qu’il puisse être dit ici ou là, on défend le service public ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.) Jadis, l’ensemble de l’hémicycle aurait applaudi pour montrer le soutien de la représentation nationale. Les fonctionnaires territoriaux de l’État méritent notre soutien, car il n’y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps avec lui. (Mêmes mouvements. - Mme Mathilde Panot s’exclame.) Ensuite, la réalité est que l’ultraviolence a frappé à la porte des lycées. Elle doit être condamnée sans condition. Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence. Dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des citoyens, y compris des mineurs, existe. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et HOR.) Brûler un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire des lycées. Lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs. Ces vérités étant dites, il faudra que la justice passe, car, je le répète, on ne peut pas laisser de place à cette violence, même si on ne peut pas non plus, et j’y reviendrai, s’abstenir d’apporter une réponse structurée aux problèmes de fond. Beaucoup de choses ont été dites sur l’action des forces de sécurité intérieure et je tiens, puisque l’Assemblée nationale contrôle l’action du gouvernement, à clarifier les choses. Par trois télex - je les ai d’ailleurs ici avec moi et le ministre de l’intérieur les a rendus publics -, des instructions de proportionnalité ont été données aux forces de l’ordre. Il n’y a donc aucun défaut de transparence sur les ordres que le pouvoir politique a pu donner aux forces de sécurité intérieure, policiers et gendarmes. Par ailleurs - sur ce sujet aussi, beaucoup de contrevérités circulent -, ce qui déclenche le maintien de l’ordre, c’est l’existence de violences urbaines sur les personnes et, résiduellement, sur les biens. La force publique peut intervenir parce qu’un proviseur a demandé son concours pour débloquer un lycée, mais dans l’extraordinaire majorité des cas, il en est fait usage parce que, malheureusement, des individus violents se mêlent à des lycéens non violents et s’en prennent à ces derniers ou au personnel d’encadrement de l’éducation nationale. Lors d’une manœuvre aussi sensible concernant l’ordre public, des accidents peuvent-ils arriver ? La réponse est oui. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Je dis bien « accident » car j’ai entendu employer l’expression de « violences policières ». Elle suggère que des instructions politiques de répression policière ont été données. C’est faux, c’est un mensonge et c’est jeter l’opprobre sur la police de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.) Là où il y a des accidents, puisque nous vivons dans un État de droit, il doit y avoir enquête, enquête administrative, enquête judiciaire. Il doit y avoir transparence, il doit y avoir une recherche des responsabilités et, pardon de le dire, en tant qu’être humain, il doit y avoir de l’empathie. Ces choses étant dites, il faut faire taire deux mensonges qui divisent la société et qui ont pour effet de remonter la population contre la police de la République, ce qui n’est pas acceptable. Le premier est de laisser à penser qu’il y a une intentionnalité, une disproportion volontaire dans l’usage de la force. Elle n’est pas volontaire, quels que soient les mensonges de La France insoumise. Le deuxième mensonge est encore plus grave. Il laisse sous-entendre que la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes. Il faut combattre ces mensonges qui ont été disséminés sur les réseaux sociaux, sur la place publique, dans les médias. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem, HOR, LIOT et UDR, dont la plupart des députés se lèvent.) 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