Ce que change le texte

  • Autorise l’usage de l’arme contre la réitération de meurtres.
  • Présume que les agents qui tirent agissent légalement.
  • Prévoit une présomption simple, renversable par preuve contraire.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté par 313 voix contre 199, avec 5 abstentions. Un groupe n’a pas dégagé de position majoritaire nette, moins de 60 % de ses voix exprimées allant dans le même sens : Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
0 pour, 69 contre, 0 abst.
0 pour, 17 contre, 0 abst.
0 pour, 29 contre, 0 abst.
0 pour, 62 contre, 0 abst.
9 pour, 8 contre, 0 abst.
28 pour, 1 contre, 5 abst.
55 pour, 12 contre, 0 abst.
31 pour, 0 contre, 0 abst.
48 pour, 0 contre, 0 abst.
14 pour, 0 contre, 0 abst.
122 pour, 0 contre, 0 abst.
6 pour, 1 contre, 0 abst.
Mises au point de vote 6

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

2 autres mises au point émanent de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Comprendre les votes

Les avis

Ce que disent les partisans et les opposants du texte, un camp par bande, toujours dans le même ordre. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

5 avis

L'objectif affiché est de réduire l'insécurité juridique pesant sur les agents : « les agents des forces de l'ordre font souvent face à un second défi : celui de la judiciarisation de leurs actions, parfois perçue comme une remise en question systématique de leur engagement sur le terrain. Cette situation peut engendrer une insécurité juridique dissuasive et peser sur leur capacité d'agir face aux dangers ».

Exposé des motifs de la proposition de loi nº 691DRdéposée par Éric Pauget
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Les 4 autres avis

« Arrêtons les fantasmes. Ce texte n'organise aucune irresponsabilité pénale » des policiers et des gendarmes. Il souligne qu'il s'agit d'une présomption simple, qu'un procureur peut renverser dès les premières constatations si les circonstances ne correspondent pas aux cas autorisés.

Laurent Nuñezministre de l'Intérieur
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Le rapporteur a défendu l'idée que le texte n'accorde aucun blanc-seing aux forces de l'ordre, la présomption demeurant réfragable et le contrôle du juge n'étant pas supprimé.

Ian BoucardDRrapporteur de la commission des lois
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Le syndicat réclame cette mesure depuis une quinzaine d'années et s'est félicité de l'action du ministre de l'Intérieur pour faire aboutir le texte. Alliance a lancé le 4 juillet 2026 une pétition de soutien sur la plateforme de l'Assemblée nationale.

Fabien Vanhemelrycksecrétaire général d'Alliance Police nationalesyndicat
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« Un policier ou un gendarme ne sera plus considéré comme un suspect » s'il a agi scrupuleusement dans le respect des textes, une enquête restant néanmoins ouverte.

Thierry Clairsecrétaire général d'UNSA Policesyndicat
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Contre le texte

9 avis

Avis défavorable. La Défenseure des droits relève que « le caractère réfragable de cette présomption ne suffit pas à écarter les difficultés qu'elle soulève », qu'une présomption même simple n'est jamais neutre, et qu'il existe un « risque de cercle vicieux » : la présomption ne pourrait être renversée qu'à partir d'éléments qu'une enquête complète permet seule de réunir. Elle rappelle que les présomptions existantes « ne tiennent pas à la qualité de la personne qui se défend, mais bien à la nature de l'atteinte et au contexte de la riposte », et que la Convention européenne n'admet l'usage des armes que s'il est « absolument nécessaire ».

Claire HédonDéfenseure des droitsavis n° 26-05 du 26 juin 2026, portant sur la version INITIALE du texte
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Les 8 autres avis

La CNCDH alerte sur les graves risques d'atteinte au droit à la vie et à l'intégrité physique des personnes qu'une telle réforme engendrerait, et invite l'Assemblée à rejeter la proposition de loi. Elle relève que la justice admet déjà la légitime défense des agents.

Jean-Marie Burguburuprésident de la CNCDHlettre aux députés du 29 juin 2026, visant la rédaction adoptée
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« Ce texte ne protège donc pas les bons policiers, il abrite les autres et il salit les premiers. »

Elle avertit le ministre : « demain, il y aura plus de morts, et vous en serez comptable. »

Il fait valoir que la présomption jouerait au moment décisif de l'enquête, en soutenant qu'il serait trop tard pour réunir les éléments nécessaires à la manifestation de la vérité.

Les signataires estiment que le texte reviendrait à considérer les tirs policiers comme légaux a priori, et qu'il porterait atteinte au droit à la vie et à l'obligation pour l'État de conduire une enquête effective en cas de décès. Ils soulignent que les agents concernés échapperaient en pratique au placement en garde à vue, ce qui compliquerait le recueil des preuves.

Communiqué commun de sept organisations26 juin 2026dont Ligue des droits de l'Homme, Syndicat de la magistrature, Amnesty International France
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Il souligne que la présomption serait attachée à la qualité de l'auteur du tir et non aux circonstances, à la différence des présomptions de l'article 122-6 du code pénal, ce qui pose une question au regard du principe d'égalité devant la loi.

Benjamin Fiorinimaître de conférences en droit privé et sciences criminellesuniversité Paris 8
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Il observe que le Royaume-Uni, la Belgique et l'Allemagne s'en remettent à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme sans présomption spécifique, et que l'Italie, qui a adopté des dispositifs comparables, a vu augmenter ses condamnations devant la Cour européenne pour violences policières.

Olivier Cahnprofesseur de droit pénal
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« L'État de droit suppose que les forces de l'ordre soient soumises à des règles et ne puissent bénéficier d'une immunité de principe. »

Le Barreau de Parisrésolution du conseil de l'Ordre du 30 juin 2026
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Réserves et nuances

4 réserves

Favorable au texte, elle insiste sur la délimitation exacte de ce qui a été voté : « Ce qui a été voté ce soir, c'est exclusivement la présomption d'usage légitime » de l'arme, et en aucun cas la présomption de légitime défense, abandonnée depuis des mois.

Linda Kebbabsecrétaire nationale du syndicat Un1té
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Les 3 autres réserves

Il a critiqué la méthode retenue et regretté que le rejet de la pétition hostile au texte, qui avait alors recueilli plus de 350 000 signatures, n'ait pas donné lieu à débat, y voyant une préoccupation institutionnelle et démocratique.

Florent BoudiéEPRprésident de la commission des lois
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Membre d'un groupe qui a majoritairement voté pour, il a exprimé son désaccord en séance, estimant que créer une présomption propre aux forces de l'ordre risquait d'installer dans l'esprit des citoyens l'idée d'une police au-dessus des lois.

Le soutien n'a pas été homogène dans le bloc favorable : Ensemble pour la République a voté 55 pour et 12 contre, LIOT s'est partagé entre 9 pour et 8 contre, et Les Démocrates ont enregistré 5 abstentions et 1 voix contre.

Répartition du votedonnée officielle du scrutin
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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • PrésomptionLe texte ajoute, dans le code de la sécurité intérieure, une présomption portant sur l’usage de l’arme.
  • Usage de l’armeAutorise policiers nationaux et gendarmes à faire usage de leur arme pour empêcher la réitération probable de meurtres venant d’être commis.
  • PrésomptionLorsqu’ils font usage de leur arme, ces agents sont présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés par l’article L. 435-1 et dans les conditions d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité ; la présomption est simple, renversable à tout moment par toute preuve contraire.

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Florent Boudié (président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Mes chers collègues, les rappels au règlement seront pris en compte ; je m’exprimerai simplement quelques instants. Je souhaite vous alerter au sujet des pétitions, pour des raisons institutionnelles et démocratiques. »
M. Sacha Houlié SOC
« Il porte sur trois dispositions de l’ordonnance de 1958, du règlement et de la Constitution. Le premier point relève de l’ordonnance du 17 novembre 1958. Le texte était d’initiative parlementaire. »
M. Olivier Faure SOC
« Sur le fondement de l’article 100. Monsieur le ministre, j’ai du respect pour ce que vous êtes, pour ce que vous avez fait dans votre carrière politique. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Sur le fondement de l’article 100. Je tiens à vous dire que ce que vous venez de faire est d’une extrême gravité. Demain – et vous le savez –, ce sont des vies supplémentaires qui seront prises dans nos circonscriptions, sur le territoire français. »
M. Manuel Bompard LFI
« Madame la présidente, je vous rappelle que les rappels au règlement sont prioritaires et que vous n’aviez pas à donner la parole au président de la commission des lois et au ministre alors que plusieurs députés voulaient faire des rappels au règlement. »
M. Ian Boucard (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« À ce stade, je voudrais présenter quelques éléments de contexte. D’abord, je rappelle à notre collègue Pouria Amirshahi que si nous n’avons pas fini l’examen de la proposition de loi lors de la niche du groupe DR, c’est parce que, déjà, les groupes de gauche avaient fait de l’obstruction parlementai… »
M. Laurent Nuñez (ministre)
« Je souhaite répondre aux députés qui m’ont interpellé. Monsieur Faure, vous avez rappelé, et je vous en remercie, mon parcours de haut fonctionnaire républicain et de membre d’un gouvernement républicain. »
M. Pouria Amirshahi ECOS
« Avant de demander une suspension de séance au nom de mon groupe, j’invoque l’article 100 du règlement. Madame la présidente, je ne suis pas susceptible et il m’arrive rarement de hausser le ton. Je l’ai fait tout à l’heure, pour les raisons que vous savez. »
Mme Stella Dupont NI
« D’un côté, celle de l’auteur de la proposition de loi, soutenue par le RN et amendée par le gouvernement, réduisant l’argumentation à une opposition entre ceux qui sont pour la police et ceux qui sont contre. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

4 amendements adoptés en commission sur 19 déposés, 2 articles modifiés. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 19 amendements y ont été déposés, dont 4 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 4 adoptions qui est arrivé en séance, où 585 amendements de plus ont été discutés.

4 adoptés6 rejetés4 tombés1 retirés4 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI 2 sur 10 20%
  • GDR 1 sur 1 100%
  • EcoS aucun sur 5 0%
  • SOC 1 sur 1 100%
  • RN aucun sur 2 0%
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

1 article, 49 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2342 ↗

L'article unique du texte adopté, replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 49 amendements au total.

  • Article unique Présume, sauf preuve contraire, que les policiers nationaux et gendarmes qui font usage de leur arme l'ont fait dans un cas autorisé, avec absolue nécessité et stricte proportionnalité. 967 com. / 89 séance

    Présume, sauf preuve contraire, que les policiers nationaux et gendarmes qui font usage de leur arme l'ont fait dans un cas autorisé, avec absolue nécessité et stricte proportionnalité.

    96 amendements déposés sur cet article : 7 en commission, dont 3 adoptés, puis 89 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

Hors article Sous-amendements et votes non rattachés à un article 49votes

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue