Cette question au Gouvernement est reprise du compte rendu intégral de la séance. L'Assemblée ne l'a pas encore versée à son jeu de données des questions, qui paraît avec plusieurs semaines de retard : elle n'a donc pas encore de numéro officiel.
Mercredi 07 octobre 2026, 1re séance · Session ordinaire 2026-2027
L'échange en séance
2 prises de paroleCompte rendu intégral de la séance, repris tel quel. Les interruptions depuis les bancs et les interventions de la présidence pour la police de la séance ne sont pas reproduites ; le compte rendu officiel les contient.
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C’était il y a trois ans, c’était hier. À l’aube du 7 octobre 2023, des jeunes dansaient au festival Nova et, dans les kibboutz, des familles dormaient, des enfants se réveillaient. Puis l’impensable a surgi. Le Hamas a décapité, brûlé, mutilé, violé, enlevé, assassiné plus de 1 200 personnes, dont 51 Français. Certaines dates entrent dans nos vies et les scindent à jamais entre un avant et un après. Députée des Français établis hors de France, j’ai recueilli de multiples récits de nos compatriotes vivant en Israël. Membres de familles endeuillées, survivants ou proches d’otages, ils sont profondément blessés mais toujours debout. La haine, elle, n’a pas attendu. Pour nombre de Juifs, une autre épreuve a commencé dès le lendemain du 7 octobre. Meurtris, ils devaient expliquer pourquoi ils avaient mal ; pleurant leurs morts, ils voyaient leur douleur être relativisée, les attaques être justifiées. Ils avaient subi la haine, puis assistaient à une inversion accusatoire qui finit par retourner le crime contre ses victimes, au point de se demander s’ils devaient rester ou partir. Je refuse qu’à l’horreur des crimes s’ajoute l’effacement progressif des Juifs de notre récit collectif. Je refuse que la barbarie soit romantisée, que le terrorisme islamiste soit rebaptisé résistance, que le massacre de civils et l’étranglement d’un bébé à mains nues soient tellement dissous dans un « contexte » qu’on ne regarde plus le crime pour ce qu’il est. Trois ans après, notre responsabilité est aussi de préserver dans le débat public la vérité des faits et la justesse des mots. C’est pourquoi nous ne céderons rien, ni à la falsification du réel, ni à la banalisation de la haine des Juifs, ni à cette accoutumance qui finit par nous permettre de regarder l’inacceptable sans même le voir. Comment notre République peut-elle encore tenir, afin de refuser le mensonge, l’essentialisation et l’humanisme à géométrie variable, et protéger chacun, sans distinction, contre la haine et contre ceux qui choisissent la mort ? (Les députés des groupes EPR, DR, Dem et HOR, dont beaucoup se lèvent, applaudissent. - Quelques députés du groupe LIOT applaudissent également.)
Mme Aurore Bergé , ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations
Pas un mot n’est à retrancher de l’exposé qui vient d’être fait. En effet, plus qu’une question, nous avons entendu un exposé sur une mémoire qui ne doit pas nous échapper. Trois ans après les faits, le pire risque est l’amnésie, l’oubli de qui s’est produit le 7 octobre, des 1 200 morts, des 51 Français tués. L’oubli de ce point de départ unique que sont les attentats perpétrés par l’organisation terroriste qu’est le Hamas dont la volonté était d’exterminer au cœur même du berceau et du refuge qu’est Israël. Il est insupportable que la condamnation de ce qui s’est produit le 7 octobre n’ait pas été unanime, partagée par tous les bancs de cette assemblée. C’est d’autant plus insupportable que nous avons été ensuite partiellement saisis de paralysie dans le combat qui devrait nous rassembler contre l’antisémitisme. L’antisémitisme n’a pas attendu trois ans pour resurgir : il était là dès le 8 octobre. Quand la France a connu des attentats terroristes, le monde entier est venu à son chevet. Le monde entier a convergé pour aider les Français à se recueillir. Nous aurions tous dû être aux côtés du peuple israélien dans les jours qui ont suivi le 7 octobre et ne jamais accepter l’inversion accusatoire qui aboutit au fait que, dans le cadre de la campagne présidentielle et y compris à gauche, on demande à des Français juifs de s’excuser au nom de ce qui se produirait à des milliers de kilomètres d’ici. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR. - MM. Jérôme Guedj et Laurent Mazaury applaudissent également.) Je le répète de la façon la plus solennelle qui soit : pas un Français juif n’est responsable de la situation à Gaza, pas un Français juif n’a à s’excuser pour ce qui se passe à des milliers de kilomètres de son pays et, surtout, pas un Français juif ne doit douter de sa place dans son pays, notre pays, la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)
La source
Compte rendu intégral de la séance du 7 octobre 2026
Données : open data de l'Assemblée nationale, reprises sans réécriture.
Identifiant : CRQG17-20261007-09.
Adresse de cette question : https://www.monparlement.fr/questions/q/CRQG17-20261007-09