Amendement de M. Thiériot (LR) · art. 8

71 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 21 voix non atteint. 2 abstentions.
Majoritaire
Participation 7 %

Amendement n° 279 · ART. 8, déposé par M. Thiériot LR +12 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement demandait que la restauration de Notre-Dame respecte la Charte de Venise sur la conservation du patrimoine, son auteur craignant qu’un « geste architectural contemporain » ne dénature la cathédrale plutôt que de la restaurer à l’identique.

Texte exact de l'amendement

Compléter la première phrase de l'alinéa 1 par les mots : « menés conformément aux termes de la Charte de Venise ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le présent projet de loi ne prévoit pas que la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris devra être entreprise selon les règles de conservation de la Charte de Venise. Au contraire, l’article 9 du projet de loi habilite le Gouvernement à prendre par ordonnance des mesures dérogatoires aux règles de préservation du patrimoine (alinéa 3). Or, le « geste architectural contemporain » envisagé par le Président de la République ainsi que l’annonce du Premier ministre relative au lancement d’un concours international d’architecture afin de « doter Notre-Dame d’une nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque » laissent craindre l’adoption de projets contemporains qui dénatureraient Notre-Dame. Aussi est-il nécessaire, afin de sécuriser le souhait de 54 % des Français de voir une « restauration à l’identique de la cathédrale », d’inscrire dès aujourd’hui dans la loi le principe d’une restauration de la cathédrale conforme aux termes de la Charte de Venise.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 24 avril 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 mai 2019 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 27 mai 2019 1re lecture Sénat Modifié
  4. 5 juin 2019 Commission mixte paritaire Accord
  5. 10 juillet 2019 Nouvelle lecture Sénat Modifié

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi ouvre, à compter du 15 avril 2019, une souscription nationale pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, placée sous la haute autorité du Président de la République et close par décret. Les fonds recueillis financent les travaux sur la cathédrale et sur son mobilier appartenant à l’État ainsi que la formation initiale et continue de professionnels, les dons pouvant être versés au Trésor public, au Centre des monuments nationaux et à des fondations. Les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent également verser des fonds à l’État ou à l’établissement public chargé de l’opération. Les dons des contribuables domiciliés en France ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 75 % de leur montant, dans la limite de 1 000 euros, et le Gouvernement doit remettre au Parlement, avant le 30 septembre 2020 puis chaque année, un rapport sur les sommes ayant donné lieu à ces réductions d’impôt. L’établissement public désigné gère les fonds et en rend compte à un comité réunissant notamment le premier président de la Cour des comptes, sans préjudice des contrôles de la Cour des comptes et des commissions des finances des deux assemblées.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM306LREM29UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise000
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés000
Libertés et Territoires100
Mouvement Démocrate et apparentés130
La République en Marche0261
UDI, Agir et Indépendants210
Les Républicains600
Non inscrit001

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 279 en séance (Conservation et restauration de Notre-Dame de Paris), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Constance Le Grip LR
« Par cet amendement, notre collègue Jean-Louis Thiériot souhaite compléter la première phrase de l’alinéa 1 par les mots : « menés conformément aux termes de la Charte de Venise ». Nous pensons important, s’agissant d’un projet de loi dédié à la conservation et à la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, de faire expressément référence aux principes de cette charte. Le fait qu’il y soit expressément fait référence dans le texte même emporterait plusieurs conséquences, notamment au niveau du concours international d’architecture. Le chef de l’État a évoqué un éventuel « geste architectural contemporain ». »
Mme Anne Brugnera (rapporteure)
« Chère collègue, s’il n’est pas d’usage de faire référence à une convention internationale dans un projet de loi, il n’entre pas dans les intentions du Gouvernement de s’affranchir des principes de la Charte de Venise en matière de restauration. J’ai bien étudié cette charte, et il me semble relever une contradiction dans vos propos, lorsque vous parlez de restauration à l’identique. En effet, la Charte de Venise ne parle pas de restauration à l’identique. […] Mon avis est donc défavorable sur l’amendement n o 279. »
M. Franck Riester (ministre)
« Monsieur Bourlanges, ne vous mettez pas en colère. Cela répond aux éléments avancés par les députés du groupe Les Républicains : Mme la rapporteure explique juste qu’effectivement, la reconstruction à l’identique n’a rien à voir avec la Charte de Venise. Celle-ci dit en effet plutôt l’inverse. […] En tout cas, la Charte de Venise autorise des modifications par rapport à l’état antérieur du monument. Elle les réclame même, puisqu’elle souhaite que l’on puisse distinguer les différentes les périodes de restauration. Vous voyez bien, Mme la rapporteure l’a très bien expliqué, que ce n’est pas là du tout le sujet. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Conservation et restauration de Notre-Dame de Paris), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Franck Riester (ministre de la culture)
« Le 15 avril au soir, le pays retenait son souffle, et avec lui le monde tout entier. En voyant la flèche s’effondrer, une pensée nous a tous traversés : l’éventualité que nous étions en train d’assister à la destruction totale de Notre-Dame de Paris. »
Mme Anne Brugnera (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Chers collègues, nous examinons aujourd’hui le projet de loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Édifiée voilà plus de huit siècles, Notre-Dame de Paris est d’abord un centre religieux et un lieu de culte catholique. »
Mme Marie-Ange Magne (rapporteure pour avis de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril dernier, a marqué tous les esprits, à Paris, sur l’ensemble du territoire et à l’étranger. »
M. Bruno Studer (président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Nous nous souviendrons le temps que durera notre vie de cette soirée du 15 avril 2019, où nous avons tous été des observateurs impuissants face à la cathédrale Notre-Dame en feu, impuissants face à la dévastation d’une des merveilles du monde, mais aussi, immédiatement, déterminés, à l’exemple de no… »
Mme Constance Le Grip LR
« Le groupe Les Républicains va s’abstenir sur cette motion de renvoi en commission. Nous avons écouté très attentivement l’intervention de Mme Clémentine Autain, mais nous ne pouvons nous retrouver dans l’intégralité de ses propos. »
Mme Sophie Mette MODEM
« Mais il nous faut avancer rapidement, donner un cadre légal afin que l’élan des Français ne soit pas vain. Le MODEM fait totalement confiance au ministre sur ce point. »
Mme Frédérique Dumas LREM
« Monsieur le ministre, selon un sondage Odoxa- Le Figaro -France Inter paru ce matin, 72 % des Français sont très opposés à une loi d’exception pour Notre-Dame. »

Pour aller plus loin

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