Amendement de Mme Kuster · art. 9

52 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 21 voix non atteint. 4 abstentions.
Disputé
Participation 8 %

Amendement n° 136 · ART. 9, déposé par Mme Kuster.

L'essentiel : Nulle dérogation aux règles interdisant la publicité ne pourrait concerner Notre-Dame si cet amendement de repli avait été adopté, son autrice voulant écarter tout affichage publicitaire sur la cathédrale par voie d’ordonnance.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 4, insérer l’alinéa suivant : « Aucune adaptation ou dérogation à l’article L. 581‑4 du code de l’environnement n’est autorisée. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Amendement de repli. L’enjeu est ici de garantir que les adaptations ou dérogations aux règles en matière d’environnement que le Gouvernement va être susceptible de prendre par voie d’ordonnances n’iront pas jusqu’à autoriser la publicité sur Notre-Dame.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 24 avril 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 mai 2019 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 27 mai 2019 1re lecture Sénat Modifié
  4. 5 juin 2019 Commission mixte paritaire Accord
  5. 10 juillet 2019 Nouvelle lecture Sénat Modifié

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi ouvre, à compter du 15 avril 2019, une souscription nationale pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, placée sous la haute autorité du Président de la République et close par décret. Les fonds recueillis financent les travaux sur la cathédrale et sur son mobilier appartenant à l’État ainsi que la formation initiale et continue de professionnels, les dons pouvant être versés au Trésor public, au Centre des monuments nationaux et à des fondations. Les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent également verser des fonds à l’État ou à l’établissement public chargé de l’opération. Les dons des contribuables domiciliés en France ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 75 % de leur montant, dans la limite de 1 000 euros, et le Gouvernement doit remettre au Parlement, avant le 30 septembre 2020 puis chaque année, un rapport sur les sommes ayant donné lieu à ces réductions d’impôt. L’établissement public désigné gère les fonds et en rend compte à un comité réunissant notamment le premier président de la Cour des comptes, sans préjudice des contrôles de la Cour des comptes et des commissions des finances des deux assemblées.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM306LREM29UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés100
Libertés et Territoires110
Mouvement Démocrate et apparentés210
La République en Marche2204
UDI, Agir et Indépendants210
Les Républicains700
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 136 en séance (Conservation et restauration de Notre-Dame de Paris), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Brigitte Kuster LR
« Cet amendement va dans le même sens. Il s’agit d’éviter toute dérogation au code de l’environnement qui permettrait un affichage publicitaire sur des bâches, non seulement aux abords de Notre-Dame mais sur l’édifice lui-même. La réglementation concernant les monuments classés est très précise. En tant qu’élue de Paris, vous comprendrez ma volonté de prendre date dès maintenant. Lorsque je vois les dérogations autorisées pour les Jeux olympiques, je ne souhaite pas que Notre-Dame soit comme d’autres lieux historiques, abîmée pour des raisons de rentabilité. »
Mme Anne Brugnera (rapporteure)
« J’entends tout à fait vos préoccupations que je partage. Cela dit, je suis défavorable à ces amendements, comme à tous les amendements de suppression. »
M. Marc Le Fur LR
« Il est scandaleux de ne pas accepter un tel amendement ! Ce chantier va être financé par la générosité des Français. Vous ne pouvez pas y faire de la publicité pour McDonald’s ou je ne sais quoi. Dites-le explicitement et adoptez cet amendement. Si on n’est pas fichu d’évoluer sur des questions de ce genre, on n’est pas digne de ce débat. Il s’agit tout de même de Notre-Dame, mes chers collègues ! »
M. Franck Riester (ministre)
« Monsieur Le Fur, ce n’est pas la peine de vous énerver ! Comme l’a dit fort justement Mme la rapporteure, il n’est pas nécessaire de l’inscrire dans la loi. C’est la direction régionale des affaires culturelle, la DRAC, qui prendra cette décision. […] On n’a donc pas besoin de l’inscrire dans la loi ! Et c’est ce qu’on n’arrête pas de vous dire ! (Mouvements divers.) »
Mme Danièle Obono FI
« Monsieur le ministre, la DRAC intervient sur une seule partie. Dans l’amendement que j’ai présenté, il est bien précisé qu’il ne sera pas possible au Gouvernement de déroger à l’article L. 581-4 du code de l’environnement qui interdit la publicité sur des monuments historiques. La réponse de Mme la rapporteure est assez hallucinante puisqu’elle nous explique qu’elle partage le constat qui est fait, tout en donnant un avis défavorable sans expliquer pourquoi. On voit donc bien qu’il y a un problème quelque part. Cela laisse ouverte la possibilité que des bâches publicitaires de toutes sortes soient installées sur ce monument. »
M. Franck Riester (ministre)
« Sur le fond, nous sommes d’accord. Nous ne souhaitons pas en effet qu’il y ait de la publicité sur les bâches ou sur le parapluie qui sera posé sur Notre-Dame de Paris. C’est un engagement du Gouvernement. Mais sur la forme, nous considérons qu’on n’a pas besoin de l’inscrire dans la loi. »

6 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Conservation et restauration de Notre-Dame de Paris), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Franck Riester (ministre de la culture)
« Le 15 avril au soir, le pays retenait son souffle, et avec lui le monde tout entier. En voyant la flèche s’effondrer, une pensée nous a tous traversés : l’éventualité que nous étions en train d’assister à la destruction totale de Notre-Dame de Paris. »
Mme Anne Brugnera (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Chers collègues, nous examinons aujourd’hui le projet de loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Édifiée voilà plus de huit siècles, Notre-Dame de Paris est d’abord un centre religieux et un lieu de culte catholique. »
Mme Marie-Ange Magne (rapporteure pour avis de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril dernier, a marqué tous les esprits, à Paris, sur l’ensemble du territoire et à l’étranger. »
M. Bruno Studer (président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Nous nous souviendrons le temps que durera notre vie de cette soirée du 15 avril 2019, où nous avons tous été des observateurs impuissants face à la cathédrale Notre-Dame en feu, impuissants face à la dévastation d’une des merveilles du monde, mais aussi, immédiatement, déterminés, à l’exemple de no… »
Mme Constance Le Grip LR
« Le groupe Les Républicains va s’abstenir sur cette motion de renvoi en commission. Nous avons écouté très attentivement l’intervention de Mme Clémentine Autain, mais nous ne pouvons nous retrouver dans l’intégralité de ses propos. »
Mme Sophie Mette MODEM
« Mais il nous faut avancer rapidement, donner un cadre légal afin que l’élan des Français ne soit pas vain. Le MODEM fait totalement confiance au ministre sur ce point. »
Mme Frédérique Dumas LREM
« Monsieur le ministre, selon un sondage Odoxa- Le Figaro -France Inter paru ce matin, 72 % des Français sont très opposés à une loi d’exception pour Notre-Dame. »
M. M’jid El Guerrab LREM
« Au groupe Libertés et territoires, nous nous sommes posé la question : fallait-il un projet de loi d’exception ? Notre groupe est loin d’en être certain. Il est même très réservé. »
Mme Michèle Victory NG
« Vous me pardonnerez de répéter des propos déjà entendus, ce qui est la marque d’une certaine convergence entre nous, au moins au titre du constat. »

Pour aller plus loin

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