Amendement de Mme Thourot · art. 7

68 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 20 voix franchi.
Majoritaire
Participation 7 %

Amendement n° 68 · ART. 7, déposé par Mme Thourot +37 cosignataires.

L'essentiel : La suppression de cet article renvoie les dispositions sur l’excuse atténuante de minorité à la réforme annoncée de l’ordonnance de 1945, dont l’avant-projet doit être soumis à une concertation associant les parlementaires.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice, s’est engagée à mener une réforme de l’ordonnance du 2 février 1945. L’avant-projet d’ordonnance sera soumis une large concertation à laquelle participent les parlementaires. Les dispositions relatives à l’excuse atténuante de minorité seront examinées à l’issue de ces concertations.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 mai 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 20 juin 2019 1re lecture Assemblée Rejeté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte de loi approuve des orientations pour la politique de sécurité intérieure et prévoit des crédits financiers pour la période 2020 à 2025. Il modifie certaines dispositions légales relatives aux conditions de travail des personnels de la police nationale, à la peine d'interdiction du territoire français pour certains crimes, ainsi qu'aux procédures pénales concernant les mineurs. Il introduit également des dispositions sur les condamnations liées à des crimes commis contre des agents de la gendarmerie ou de la police.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT46MODEM305LREM28UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise000
Gauche démocrate et républicaine100
Socialistes et apparentés200
Libertés et Territoires000
Mouvement Démocrate et apparentés100
La République en Marche2200
UDI et Indépendants010
Les Républicains0100
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 68 en séance (Sécurité intérieure), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean Terlier LREM
« Il s’agit à nouveau d’un amendement de suppression de l’article, qui traite du problème de l’enfance délinquante. L’ordonnance du 2 février 1945 prévoit que le mineur de plus de 13 ans peut être condamné à une peine de droit commun mais qu’il bénéficie de ce que l’on appelle « l’excuse de minorité », lui permettant de bénéficier d’une réduction de la moitié de la peine encourue. En lisant votre article, monsieur le rapporteur, je me suis demandé quel caractère opérationnel pourrait avoir un tel dispositif. L’ordonnance de 1945 pose en effet le principe de l’atténuation de la peine pour le mineur de plus de 16 ans. »
M. Éric Ciotti (rapporteur)
« La commission a émis un avis favorable. Monsieur Terlier, puisque vous m’interrogez sur les raisons d’être de ce dispositif, nous considérons qu’il faut mettre un coup d’arrêt aux agressions que subissent les policiers, les gendarmes et les pompiers. Pour cela, il faut exprimer une volonté collective, il faut que la loi, expression de la volonté générale, marque un coup d’arrêt, qu’il n’y ait plus de tolérance ni de banalisation de ces faits, notamment pour les mineurs. Ceux-ci s’abritent trop souvent derrière l’excuse de minorité pour provoquer, pour agresser, pour injurier, pour proférer des propos outrageants à l’encontre des forces de l’ordre. »
M. Laurent Nunez (secrétaire d’État)
« Les policiers et les gendarmes réclament effectivement la fin de l’impunité contre toutes les violences, y compris celles des mineurs, mais cela ne passe sans doute pas par la remise en cause de l’excuse de minorité, qui est un principe à valeur constitutionnelle. C’est aussi une marque de défiance vis-à-vis de l’autorité judiciaire. En outre, la remise en cause, toujours possible, de l’excuse de minorité repose sur les caractéristiques et le parcours du mineur, et non pas sur la qualité de la victime. »
M. Éric Ciotti (rapporteur)
« Je veux juste préciser que par deux fois, en 2007 et en 2011, alors que cette excuse de minorité avait été remise en cause, notamment dans la LOPPSI 2, dont j’étais le rapporteur, le Conseil constitutionnel a validé cette disposition : elle est donc bien constitutionnelle, tandis que votre refus n’est que politique. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécurité intérieure), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Éric Ciotti (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Cette proposition de loi du groupe Les Républicains nourrit une double ambition : exprimer une reconnaissance à l’égard de ceux qui assurent quotidiennement, souvent au péril de leur vie et avec un courage exemplaire, la protection de nos concitoyens ; et prendre un engagement afin que ces hommes et… »
M. Laurent Nunez (secrétaire d’État auprès du ministre de l’intérieur)
« La sécurité des Français est une priorité absolue du Gouvernement, et depuis deux ans, aucun effort n’a été économisé pour la renforcer. Nous avons, très rapidement, fait voter la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme – SILT. »
M. Michel Vialay LR
« J’aime répéter que la sécurité est la première de nos libertés. Nous avons sans aucun doute l’une des meilleures polices du monde. Pourtant, les attentes des populations semblent toujours moins satisfaites. »
Mme George Pau-Langevin NG
« Nous abordons avec cette proposition de loi un sujet indiscutablement important puisque, nous le savons, les forces de l’ordre ont été particulièrement sollicitées, notamment au cours des dernières années – par le terrorisme, et, plus récemment, par les crises sociales comme celle des gilets jaunes.… »
M. Stéphane Peu GDR
« Chacun s’accorde aujourd’hui sur le constat de l’insuffisance des moyens, matériels et humains, des forces de l’ordre pour mener à bien leur mission. Chacun mesure également le malaise grandissant de la profession. »
Mme Alice Thourot LREM
« Nous nous retrouvons aujourd’hui pour débattre de la proposition de loi d’orientation et de programmation relative à la sécurité intérieure de notre collègue du groupe Les Républicains Éric Ciotti. Je tiens en tout premier lieu et avant tout autre propos à rendre hommage à nos forces de l’ordre. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« « Les policiers veulent être entendus, ils doivent être écoutés. » C’est ce que l’on pouvait lire dans la tribune publiée, il y a quelques jours, dans le Journal du dimanche par quatre syndicalistes qui vous appelaient, monsieur le secrétaire d’État, à « réinventer » la police. »

Pour aller plus loin

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