L'article unique de la proposition de loi visant au gel des matchs de football le 5 mai

98 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 44 voix franchi. 1 abstention.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 15 %

Le parcours du texte

  1. 30 décembre 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 13 février 2020 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 14 octobre 2021 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

Le 13 février 2020, lors de la journée réservée au groupe Libertés et territoires, l'Assemblée adopte en première lecture la proposition de loi de Michel Castellani visant au gel des matchs de football le 5 mai, par 85 voix contre 1, avec 1 abstention.

  • Pas de match le 5 maiEn hommage aux victimes du drame de Furiani, survenu le 5 mai 1992 au stade Armand-Cesari en marge d’une rencontre de Coupe de France, aucune rencontre des championnats de France professionnels de première et deuxième divisions, de la Coupe de France ni du Trophée des Champions n’est jouée le 5 mai (nouvel article L. 334-1 du code du sport). art. unique
  • Minute de silenceLors des autres rencontres entre clubs amateurs et professionnels organisées par la Fédération française de football, une minute de silence est observée. art. unique
  • Brassard noirChaque 5 mai, lors des matchs officiels des championnats amateurs, les joueurs des deux équipes et les membres du corps arbitral portent un brassard noir. art. unique

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 13 février 2020 : 85 voix pour, 1 contre, 1 abstention. Sept groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC20LT46MODEM299LREM27UDI104LR19NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine500
Socialistes et apparentés400
Libertés et Territoires1500
Mouvement Démocrate et apparentés600
La République en Marche4311
UDI, Agir et Indépendants000
Les Républicains900
Non inscrit100
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Ce que disent les partisans et les opposants du texte. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 4
Michel CastellaniLTrapporteur de la commission des affaires culturelles

Juge l’accord de 2015 insuffisant, « une demi-mesure, quand on sait que le 5 mai 1992 était un mardi », et oppose la mémoire des victimes aux contraintes de calendrier : « quelle est la part du sport, de l’éthique, de l’humain, et quelle est la part des intérêts purement économiques ? »

Récuse l’idée d’une loi d’émotion : « Ce n’est pas là une loi de compassion, mais une loi de justice », la Ligue et la Fédération n’ayant pas organisé les hommages, selon lui « pour des raisons financières » ; il souhaite que les jeunes licenciés connaissent les causes du drame et qu’on aille « au-delà du simple brassard noir et de la minute de silence ».

Admet que le texte « ne relève pas du domaine législatif », mais estime que, faute de décision des instances du football depuis vingt-huit ans, « il revient à la représentation nationale de prendre ses responsabilités au nom de la République ».

Soutient le texte au nom de son groupe tout en appelant à la vigilance : « le gel d’une journée tel qu’il est prévu par le texte doit rester rare, voire exceptionnel, et concerner des événements qui, vraiment, le méritent » ; elle salue le « geste pédagogique » ajouté au texte par amendement.

Contre le texte, 1

Seule députée à voter contre, elle exprime sa compassion envers les familles mais estime qu’« il ne nous appartient pas de légiférer sur l’émotion, sur la compassion » : les commémorations « ne relèvent tout simplement pas du domaine de la loi ».

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Gel des matchs de football le 5 mai), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Michel Castellani (rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Mardi 5 mai 1992. Cette date devait résonner comme un souvenir heureux. Je me souviens l’insouciance des rues de Bastia et de la Corse, à quelques heures d’une demi-finale de Coupe de France de prestige face à l’Olympique de Marseille. »
Mme Roxana Maracineanu (ministre des sports)
« Le 5 mai 1992, notre pays vivait l’une des pages les plus sombres de son histoire sportive, au stade Armand-Cesari de Furiani : 19 morts, 2 357 blessés, tant de familles endeuillées. »
M. François-Michel Lambert LT
« Mardi 5 mai 1992. La soirée s’annonce belle. Bastia s’est parée de bleu et de blanc pour soutenir son équipe. Dans toute la France, les milliers de Corses, d’amateurs du football et de grands événements vibrent à l’unisson avec l’île de Beauté. »
M. Bastien Lachaud FI
« Le 5 mai 1992, juste avant le coup d’envoi de la demi-finale de Coupe de France qui devait opposer Bastia à l’Olympique de Marseille, la tribune Nord du stade Armand-Cesari de Furiani s’effondrait. »
Mme Marie-George Buffet GDR
« Le football est le véhicule de toutes les passions et de toutes les émotions. Il est plus qu’un sport, il est une culture, avec ses codes, son langage, son histoire. Cette histoire est souvent belle, parfois tragique. Le football est un tout. Furiani fait partie de sa mémoire. »
M. Bruno Questel LREM
« Vingt-huit ans que ce moment est attendu ; vingt-huit ans que les Corses aspirent à ce que ce drame soit reconnu par la communauté nationale ; vingt-huit ans à attendre que l’engagement de François Mitterrand soit respecté ; vingt-huit ans depuis que chacune et chacun, concerné de près ou de loin pa… »
M. Jean-Jacques Ferrara LR
« Il est des événements dans l’existence que l’on n’oublie jamais : des années après, vous pouvez dire exactement ce que vous faisiez, où et avec qui. La tragédie de Furiani est de ceux-là. »
Mme Géraldine Bannier DEM
« J’étais jeune collégienne le 5 mai 1992 ; je n’ai rien oublié du désarroi collectif face à l’enchevêtrement inouï de tôles et de barres de métal, ni de la sidération qu’avaient suscitée la disparition de dix-neuf de nos concitoyens et le nombre gigantesque de blessés, dont le rapporteur a rappelé en… »
Mme Sylvie Tolmont NG
« La terrible catastrophe survenue le 5 mai 1992 dans le stade Armand-Cesari de Furiani lors de la demi-finale de la Coupe de France de football est toujours source de douleurs vives pour les victimes et pour leurs familles ; elle demeure gravée dans notre mémoire collective. »

Le passage en commission

3 amendements examinés en commission, dont 2 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires culturelles et éducation. 3 amendements y ont été déposés, dont 2 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 2 adoptions qui est arrivé en séance, où 7 amendements de plus ont été discutés.

2 adoptés1 retirés

Qui dépose, et qui fait adopter

Deux groupes ont déposé des amendements en commission : LT (2 déposés, 2 adoptés) et LAREM (1 déposé, 0 adopté).

Pour situer : sur les 380 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 149 amendements et 33 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

1 article

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2655 ↗

L'article unique du texte adopté, replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article unique Interdit le 5 mai les matchs des championnats professionnels de football, de Coupe de France et du Trophée des champions, imposant ailleurs minute de silence et brassard noir. 93 com. / 6 séance

    Interdit le 5 mai les matchs des championnats professionnels de football, de Coupe de France et du Trophée des champions, imposant ailleurs minute de silence et brassard noir.

    9 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 2 adoptés, puis 6 en séance, dont 4 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue