Amendement de Mme Autain (FI) · avant art. 1er

76 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 107 voix non atteint. 13 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droiteBloc fracturé
Participation 39 %

Amendement n° 2285 · AVANT ART. PREMIER, déposé par Mme Autain FI.

L'essentiel : L’intitulé du titre premier aurait, selon cet amendement de Mme Autain, été reformulé en « Principes d’un système de retraite individualisé », son autrice contestant, citant le Conseil d’État, l’universalité revendiquée de la réforme.

Texte exact de l'amendement

Rédiger ainsi l’intitulé du titre I er : « Principes d’un système de retraite individualisé ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

« Comme la majorité des Français·es, nous nous opposons totalement à l’ensemble de ce projet de loi et demandons le retrait de l’ensemble de ses dispositions, même celles qui auraient pour fonction de limiter les dégâts d’un texte dévastateur. Concernant la prétendue universalité du nouveau régime, le Conseil d’État est formel : « Toutefois, le projet de loi ne crée pas un ‘régime universel de retraite’ (…) Est bien créé un « système universel » par points applicable à l’ensemble des affiliés (…) mais à l’intérieur de ce « système » existent cinq « régimes ». (…) A l’intérieur de chacun de ces régimes créés ou maintenus, des règles dérogatoires à celles du système universel sont définies pour les professions concernées. En termes de gestion, sont maintenues plusieurs caisses distinctes (…) ». (§12, page 8). L’objectif réel de la réforme de Macron est d’ouvrir la voie aux fonds de pension et aux retraites privées. Les hauts cadres sont encouragés à faire sécession de la retraite commune de la Sécurité sociale. En effet, au-delà de 10 131 € par mois - contre 27 016 € actuellement - la cotisation tombe de 28 % à 2,8 % et n’ouvre plus aucun droit. Pour garantir leur niveau de revenu, ces personnes seront donc obligées de cotiser à des fonds de pension. Cette retraite privée sera payée par tous les Français·e·s, par leurs impôts. Car l’abaissement de cette cotisation va représenter…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 24 janvier 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte institue un système universel de retraite et l'inscrit dans le code de la sécurité sociale, sous la forme d'un ensemble commun de règles de calcul et de conditions. Il y rattache les assurés du régime général, les personnes relevant du code rural et de la pêche maritime, les fonctionnaires, magistrats et militaires, pour lesquels il rétablit un titre spécifique d'assurance vieillesse, ainsi que d'autres catégories de salariés affiliés au régime général. Il prévoit que les droits à retraite y sont calculés en points, acquis tout au long de la vie professionnelle et enregistrés au fil de la carrière sur un compte personnel. Il inscrit également dans le code de la sécurité sociale l'attachement de la Nation à un système universel de retraite de caractère obligatoire. Selon l'exposé des motifs, le Gouvernement entend conserver un système de retraite par répartition fondé sur la solidarité.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC20LT46MODEM299LREM27UDI104LRdivisé19NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise800
Gauche démocrate et républicaine900
Socialistes et apparentés1300
Libertés et Territoires002
Mouvement Démocrate et apparentés0210
La République en Marche01230
UDI, Agir et Indépendants081
Les Républicains11195
Non inscrit105

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2285 en séance (Système universel de retraite), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Clémentine Autain FI
« Monsieur le président, vous n’avez pas répondu à la question que je vous ai posée tout à l’heure lors de mon rappel au règlement. Vous pouvez constater que nous avons déposé dix-sept amendements, comme nous l’avions fait en commission. Ils sont regroupés en un seul, étant identiques. Je vous renouvelle ma question : quelles seront les règles du débat ? Nous souhaitons en effet que soit respectée une égalité de traitement entre les différents groupes d’opposition. Toute rupture d’égalité entre ces groupes constituerait un manquement grave… […] …et donnerait à voir ce que l’un de nos collègues sur les bancs de La République en marche a dit tout à l’heure : il y aurait de bons opposants, qui dé… »
M. Nicolas Turquois (rapporteur)
« Avant de répondre sur le fond à Mme Autain, je voudrais m’exprimer sur la forme. Beaucoup d’entre nous sont des primo-députés ;… […] …nous avons envie de travailler sur le fond du texte. […] Compte tenu de l’ampleur et de l’intérêt de ces sujets, qui concernent l’ensemble des Français et leur retraite, nous nous honorerions à débattre arguments contre arguments. […] La multiplication d’amendements identiques en vue de bloquer la discussion ne facilite pas notre travail. Ce n’est pas très glorieux ! […] …à prendre connaissance de ce qui est proposé et de ce qui a même été évoqué à plusieurs reprises par le COR. Avis défavorable. »
M. Laurent Pietraszewski (secrétaire d’État)
« Défavorable également. Mais permettez-moi, monsieur le président, pour la sérénité de nos débats, d’inviter les membres de cette assemblée à ne pas se traiter sans cesse de menteurs. J’entends bien qu’il y ait, ici ou là, des avis divergents, et je les accepte – je souhaite d’ailleurs que cette controverse puisse s’exprimer… […] …et que le débat nous permette d’avancer. Nous pourrions donc convenir de quelques principes de base à respecter dans cet hémicycle. Certains avis sont très différents des miens, mais je ne pense pas pour autant que ceux qui les défendent sont des menteurs. »
M. Éric Woerth LR
« S’agissant de votre objectif d’universalité, le Conseil d’État relève que « l’objectif selon lequel "chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous" reflète imparfaitement la complexité et la diversité des règles de cotisation ou d’ouverture de droits définies par le projet de loi ». En somme, ce que dit le Conseil d’État, c’est que vous avez manqué votre objectif. […] Nous sommes en train de donner au Gouvernement la possibilité de prendre vingt-neuf ordonnances pour changer des règles dont nous n’aurons vu que les vagues principes. »
M. Olivier Faure SOC
« Sur un sujet comme celui des retraites, je ne pensais pas que je serais un jour à ce point d’accord avec Éric Woerth. […] Effectivement, le système que vous voulez mettre en place n’est pas universel, pour de nombreuses raisons déjà décrites à de multiples reprises – j’y reviens malgré tout car, dans un débat, il faut avoir la possibilité de répéter. Voilà pourquoi Sébastien Jumel a soulevé, il y a quelques instants, la question de la défense des amendements identiques. »
M. Nicolas Dupont-Aignan NI
« Je voudrais répondre à M. le rapporteur sur la question des plus hauts revenus et de la capitalisation parce qu’il s’agit là du cœur du projet. Vous nous opposez à chaque fois la Préfon, la retraite complémentaire des fonctionnaires, mais la grande différence est que ces fonctionnaires continuent de cotiser pour leur retraite alors que pour les 300 000 plus hauts revenus de France, vous abaissez le taux des cotisations de 28 % à 2,8 %, privant ainsi le régime général, c’est-à-dire la collectivité nationale, de milliards d’euros de recettes. […] Vous creusez donc le déficit vous-mêmes en instituant une dérogation au régime général. C’est incompréhensible. Si nous pouvions nous écouter dans le… »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Système universel de retraite), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Fabrice Brun LR
« Il me revient le plaisir et le privilège de défendre le premier amendement d’une longue série de 41 000 sur ce texte. Je souhaiterais dire, en préambule, que personne n’est, par principe, contre une réforme des retraites, mais à la condition qu’elle soit juste et qu’elle soit financée. »
M. Gilles Lurton LR
« Le groupe Les Républicains estime que le défi des années à venir sera aussi, et surtout, démographique. Le nombre de retraités augmente et devrait passer de 16,3 millions de personnes en 2018 à 24,5 millions de personnes en 2070, avec une forte progression jusqu’en 2035. »
M. Guillaume Gouffier-Cha (rapporteur général de la commission spéciale)
« Avec ces amendements identiques, vous nous interrogez sur les prévisions du Conseil d’orientation des retraites remises au Premier ministre en novembre dernier. Pour ma part, je considère ces prévisions fidèles, sincères et exhaustives. »
M. Laurent Pietraszewski (secrétaire d’État)
« Vous évoquez, monsieur Brun, la question du minimum contributif, dont nous pourrons parler, vous le savez, lors de la discussion de l’article 41. Je souhaiterais que ces débats se tiennent dans une relative organisation et que nous puissions, au bon moment du texte, parler des bons sujets. »
M. Boris Vallaud NG
« Éric Woerth l’a dit, l’incongruité de nos travaux est manifeste. La conférence de financement s’est réunie ce matin et nous ne connaissons pas encore ses conclusions, lesquelles auront une incidence majeure et définitive sur le système de retraite. »
Mme Clémentine Autain FI
« Nous ne partageons pas tout à fait la vision présentée dans l’exposé des motifs des amendements de nos collègues de l’opposition de l’autre extrémité de l’hémicycle. En revanche, nous partageons l’idée qu’un audit est nécessaire. »
M. Nicolas Dupont-Aignan NI
« Je ne veux pas en rajouter, mais les Français qui nous regardent se demandent si nous marchons sur la tête. Qui s’engage à signer un contrat sur cinquante ans sans savoir ce qu’il a dans son porte-monnaie ou sur son compte en banque ? »
M. Fabien Roussel GDR
« Oui, il nous arrive d’être d’accord avec les gaullistes, dans l’histoire de la République. Oui, il y a ici un front républicain pour dire que cet hémicycle est cadenassé, que cet hémicycle est martyrisé et que cet hémicycle, nous voulons le libérer ! Ce texte n’est ni fait ni à faire. »
M. Nicolas Turquois (rapporteur de la commission spéciale)
« Sur tous les bancs, nous partageons, je crois, l’objectif d’égalité salariale : l’inégalité des pensions est bien la conséquence des différences en matière de salaires et de carrières. Il faut toutefois passer des déclarations d’intention à l’action. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue