L'essentiel

Sous-amendement n° 42332, ART. PREMIER, déposé par Mme Rubin et 16 cosignataires

Selon son autrice, la réforme ne permettait pas d’anticiper l’évolution des pensions : cet amendement proposait donc d’ajouter au texte les mots « notamment en ce qui concerne le niveau des pensions ».

Texte exact de l'amendement

Compléter l’alinéa 3 par les mots : « notamment en ce qui concerne le niveau des pensions ».

Exposé des motifs

Cette réforme ne nous permet en rien d'estimer l'évolution des pensions.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
5 pour, 0 contre, 0 abst.
5 pour, 0 contre, 0 abst.
2 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 1 abst.
0 pour, 9 contre, 0 abst.
0 pour, 55 contre, 0 abst.
0 pour, 3 contre, 0 abst.
0 pour, 1 contre, 8 abst.
0 pour, 1 contre, 3 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte institue un système universel de retraite et l'inscrit dans le code de la sécurité sociale, sous la forme d'un ensemble commun de règles de calcul et de conditions. Il y rattache les assurés du régime général, les personnes relevant du code rural et de la pêche maritime, les fonctionnaires, magistrats et militaires, pour lesquels il rétablit un titre spécifique d'assurance vieillesse, ainsi que d'autres catégories de salariés affiliés au régime général. Il prévoit que les droits à retraite y sont calculés en points, acquis tout au long de la vie professionnelle et enregistrés au fil de la carrière sur un compte personnel. Il inscrit également dans le code de la sécurité sociale l'attachement de la Nation à un système universel de retraite de caractère obligatoire. Selon l'exposé des motifs, le Gouvernement entend conserver un système de retraite par répartition fondé sur la solidarité.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 42332 en séance (Système universel de retraite), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Sabine Rubin FI
« M. le secrétaire d’État et notre collègue Frédéric Petit ont indiqué que c’est en progressant dans l’examen du projet de loi qu’on y verrait plus clair. Précisément, pour avoir un peu lu le reste de la loi tout à l’heure, je constate au contraire que, plus on avance, moins on y voit clair. L’article 8 prévoit bien que… […] Je connais l’article 8 : les modalités d’attribution des points et la façon dont la solidarité nationale jouera y restent floues, on ne les connaît pas. […] De ce fait, il est difficile de savoir combien de points on obtiendra in fine. On apprend même, à l’article 9, que la valeur de service du point sera fondée sur un indicateur – le revenu moyen par tête – qui n’est pas… »
M. Nicolas Turquois (rapporteur)
« Revenons sur le texte de l’amendement lui-même. Il est proposé d’insérer, après l’alinéa 1 er , la phrase suivante : « La Nation garantit la clarté et la prévisibilité de toute réforme relative aux retraites. » Il me semble d’abord que garantir la clarté du projet de réforme supposerait de pouvoir examiner le texte et les articles afférents. Cela apporterait un premier éclairage. S’agissant de la prévisibilité, je ne peux m’empêcher de rappeler que l’amendement précédent, déposé lui aussi par le groupe SOC, proposait d’introduire, au même endroit du texte, la phrase suivante : « La Nation garantit, pour tous les assurés, la clarté et la prévisibilité de toute réforme relative aux retraites. »
M. Laurent Pietraszewski (secrétaire d’État)
« Comme l’a dit le rapporteur, cet amendement est très proche du précédent, et ils induisent des discussions assez larges voire un peu récurrentes. Je vais toutefois m’efforcer d’apporter des éclairages sur les questions qui m’ont été posées. Monsieur Vallaud, monsieur Dharréville, vous dites que tout bougera tout le temps, qu’on ne sait pas comment les choses fonctionneront et qu’on ne connaît ni les règles d’équilibre ni le niveau des cotisations. En pragmatique que je suis, j’ai regardé comment cela fonctionnait. »
M. Éric Woerth LREM
« Monsieur le secrétaire d’État, si vous aviez 20 ans voilà trente ans, l’âge de départ en retraite n’était pas de 62 ans, mais de 60 ans, ce qui est très différent. L’âge de 62 ans a été fixé un peu plus tard. […] Si le Parlement peut être bavard, la loi, elle, ne peut pas l’être. On peut certes parler de clarté, mais cela ne change pas grand-chose, M. Vallaud le sait parfaitement. C’est cependant une bonne intention et un bon thème de débat. Ce qui m’importe, c’est la clarté maintenant, car il est difficile d’assurer qu’elle sera là dans trente ans – ça l’est déjà assez pour lundi prochain… La question est donc celle de la clarté du texte que nous examinons. »
M. Olivier Damaisin LREM
« Je profite de cet amendement générique pour parler des oubliés que sont les exploitants agricoles, oubliés par l’histoire et par les majorités précédentes. […] Ce public est même oublié dans certains contre-projets élaborés dans cette assemblée, le mot « agriculteurs » ne figurant même pas dans leurs propositions. La réforme des retraites est pourtant attendue de longue date par les retraités agricoles, qui font partie de ceux qui touchent le moins. […] La retraite d’un chef d’exploitation n’excède pas 760 euros par mois alors qu’elle est de 1 380 euros en moyenne pour l’ensemble des Français. Les avancées de ce projet de loi sont donc saluées par le monde agricole. »
M. Éric Coquerel FI
« J’ai entendu les réponses du secrétaire d’État et du rapporteur. Monsieur Pietraszewski parlant de démocratie sociale à propos d’un Gouvernement dont une des premières lois visait à réduire la représentativité des salariés, ça ne manque pas de sel ! Monsieur le rapporteur, vous parlez de clarté et de prévisibilité tout en employant une fois de plus l’expression « régime universel ». Or je vous rappelle que, dans son rapport, le Conseil d’État note que « le projet de loi ne crée pas un "régime universel de retraite" » mais « un "système universel par points" » et qu’« à l’intérieur de ce "système" existent cinq "régimes". »

12 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Système universel de retraite), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Nicolas Dupont-Aignan NI
« Je propose d’ajouter le terme de justice fiscale à l’alinéa 3, pour rappeler qu’il n’y a pas de bon système de retraite sans qu’on se préoccupe d’abord de son financement. »
M. Nicolas Turquois (rapporteur de la commission spéciale)
« Nous partageons l’objectif de justice fiscale et nous savons l’importance de garantir celle-ci pour l’avenir. Compte tenu des évolutions démographiques, il convient de mutualiser tous les actifs pour qu’ils assument l’ensemble des pensions avec des règles communes. »
M. Laurent Pietraszewski (secrétaire d’État chargé des retraites)
« Le concept de justice fiscale n’a selon moi pas grand-chose à voir avec les principes sociaux qui fondent notre système. L’avis du Gouvernement est défavorable. »
Mme Clémentine Autain FI
« Nous avons là deux réponses qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Le rapporteur nous dit que le Gouvernement et la majorité En marche sont attachés à la justice fiscale, ce qui constituerait une bonne nouvelle s’il ne s’agissait pas à nouveau d’un exercice de novlangue. »
M. Boris Vallaud SOC
« Je crois qu’il faut entendre la formule « justice fiscale » au sens de « justice fiscalo-sociale », c’est-à-dire en posant la question de la justice des cotisations. Or nous avons vu que dans bien des cas, un euro cotisé ne produit pas les mêmes droits. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« L’instabilité fiscale et les augmentations des prélèvements obligatoires pèsent sur les pensions de retraite, et de facto sur le niveau de vie des retraités. »
M. Stéphane Viry LR
« J’entends la position de M. le rapporteur et de M. le secrétaire d’État. Au cours de cette législature, nous avons néanmoins connu un précédent en matière de pensions de retraite avec votre décision – politique – de les désindexer. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Vous avez fait passer l’augmentation des pensions sous celle du coût de la vie. C’est la politique que vous avez menée ! Elle mérite d’être rappelée dans cette enceinte. »
M. Vincent Thiébaut LREM
« Cela fait quelques heures que nous revenons régulièrement sur le sujet du plafond de 120 000 euros. De qui parle-t-on ? De 1 % des Français ! »
Mme Caroline Fiat FI
« Par ce sous-amendement, nous proposons, à l’alinéa 2, de substituer aux mots « la sécurité matérielle » les mots « un niveau de vie décent ». »

Pour aller plus loin

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