Amendement de Mme Rabault · avant art. 1er

66 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 66 voix non atteint. 6 abstentions.
Majoritaire
Participation 24 %

Amendement n° 351 · AVANT ART. PREMIER, déposé par Mme Rabault +29 cosignataires.

L'essentiel : En période d’état d’urgence sanitaire, les entreprises industrielles auraient pu suspendre l’amortissement de leurs biens non utilisés, leur durée d’utilisation étant prolongée d’autant, afin d’alléger leurs charges.

Texte exact de l'amendement

I. – Après l’article 39 AK du code général des impôts, il est inséré un article 39 AL ainsi rédigé : « Art. 39 AL. – I. – Lorsque l’état d’urgence sanitaire est déclaré en application du chapitre 1 er bis du titre III du livre I er de la troisième partie du code de la santé publique, l’amortissement des biens mentionnés au 1 de l’article 39 A du présent code peut être suspendu par les entreprises industrielles pendant leur période de non-utilisation, afin de prolonger d’autant leur durée d’utilisation. « II. – Un décret en Conseil d’État fixe les modalités d’application du présent article. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Pour financer leur dette, les entreprises ont recours soit à des prêts classiques, soit à des obligations, soit à du crédit-bail. Dans les bilans comptables, ces instruments, étant de nature juridique différente, répondent à des règles différentes, qui induisent des obligations comptables différentes. Concrètement, une entreprise qui se finance avec du crédit-bail, règle un loyer. Avec la crise sanitaire que nous connaissons, plusieurs établissements bancaires ont accepté de décaler le paiement de certains loyers. Comptablement, ceci a pour conséquence de diminuer les charges de l’entreprise. Pour ce qui concerne un prêt classique, une entreprise peut obtenir auprès de son établissement bancaire un report d’échéance. Si ceci a un impact sur la trésorerie, ceci n’a pas d’impact sur l’amortissement du matériel industriel financé par le prêt concerné. Afin d’éviter une distorsion au détriment des PME qui se financent en crédit classique, il serait souhaitable de suspendre l’amortissement des biens industriels pendant la période de non-utilisation de ces derniers, leur durée de vie étant prolongée d’autant. Ceci permettrait un alignement entre le niveau d’activité et l’utilisation réelle des biens, et ceci aurait pour conséquence de limiter les charges qui résultent de ce seul amortissement. Vu l’impact qu’elle a pour les PME industrielles, il serait en effet souhaitable que le Go…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 4 novembre 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 novembre 2020 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 16 novembre 2020 1re lecture Sénat Modifié
  4. 24 novembre 2020 Commission mixte paritaire Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de finances rectificative institue une dotation, prélevée sur les recettes de l’État, destinée à compenser aux communes et à leurs groupements les dépenses supplémentaires liées à la crise sanitaire en 2020. Il supprime, au titre de 2020, le plafonnement de la compensation du versement mobilité et écarte un prélèvement lorsque la commune et l’établissement public de coopération intercommunale ont fait évoluer leurs recettes dans le cadre prévu par la loi de finances pour 2020. Il maintient l’avantage fiscal attaché aux souscriptions réalisées en 2019 ouvrant droit à la réduction d’impôt sur le revenu au titre des investissements dans les petites et moyennes entreprises, malgré le non-respect d’une condition, et traite le cas de l’aide exceptionnelle à l’entretien des équidés créée par le décret du 17 juin 2020 pour les centres équestres et poneys clubs recevant du public. En dernier lieu, il rétablit l’article 209 C du code général des impôts, qui répute l’existence d’un établissement stable pour l’impôt sur les sociétés dès lors qu’une entreprise exerce son activité par l’intermédiaire d’une présence numérique significative.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOC18LT56DEM271LREM20AGIR18UDI105LR25NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés300
Libertés et Territoires200
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés0130
La République en Marche0760
Agir ensemble006
UDI et Indépendants400
Les Républicains2220
Non inscrit600

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 351 en séance (Projet de loi de finances rectificative pour 2020 (suite)), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean-Louis Bricout NG
« Il a été déposé par la présidente de notre groupe, Mme Rabault, qui y tient beaucoup. Il soulève la question de l’adéquation entre les mesures que vous préconisez et la situation des entreprises. Nous devons être conscients que les choses ont complètement changé pour les entreprises entre le premier et le deuxième confinement. Se pose d’abord, depuis le rebond de l’épidémie, un problème de confiance des acteurs économiques et de visibilité sur l’activité à plus long terme, même si la perspective d’un vaccin est susceptible de leur redonner un peu de confiance. Surtout, la situation comptable des entreprises a beaucoup évolué : les hauts de bilan sont catastrophiques. »
M. Laurent Saint-Martin (rapporteur général)
« Ma réponse vaudra pour le présent amendement et pour les amendements « cousins » relatifs au suramortisssement, que nous examinerons peu après. Comme je l’ai indiqué lors de l’examen des collectifs budgétaires précédents, le suramortissement peut être une solution pour soulager la comptabilité et les fonds propres d’une entreprise. Mais il ne faut pas en attendre une solution miracle qu’il ne saurait offrir. Rappelons d’abord – il faut toujours le faire – que le suramortissement réduit la base imposable. […] En effet, car il s’agit d’un différé d’amortissement, mais je fais une réponse globale. »
M. Jean-Louis Bricout NG
« Vous m’avez fait peur, monsieur le rapporteur général : au début de votre intervention, vous parliez de suramortissement, alors qu’il s’agit en l’espèce d’un différé d’amortissement. Cette mesure permettrait tout de même d’améliorer la situation comptable et le bilan des entreprises, ce qui importe pour les investissements futurs et la crédibilité aux yeux des établissements bancaires. En outre, elle compléterait les dispositions que vous proposez. Il est dommage que vous ne la reteniez pas. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de finances rectificative pour 2020), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Bruno Le Maire (ministre de l’économie, des finances et de la relance)
« Je suis très heureux de vous présenter, avec le ministre délégué chargé des comptes publics Olivier Dussopt, ce quatrième projet de loi de finances rectificative – PLFR. »
M. Olivier Dussopt (ministre délégué chargé des comptes publics)
« Avec Bruno Le Maire, nous vous présentons donc le quatrième projet de loi de finances rectificative pour l’année 2020. Il a deux caractéristiques : la première, c’est que c’est un projet de loi de fin de gestion et que, conformément au principe auquel nous nous tenons depuis 2018, il ne comporte don… »
M. Laurent Saint-Martin (rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2021, j’avais évoqué non pas une courbe en V, non pas une courbe en U, non pas une courbe en racine carrée, mais une courbe en K. »
M. Éric Woerth (président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« Je ne sais pas si Noël sera traditionnel cette année, mais ce PLFR ne l’est pas : d’abord par son ampleur – 20 milliards d’euros –, et ensuite parce qu’en général, un collectif budgétaire est un outil de fin de gestion. »
M. Pascal Brindeau UDI
« Les députés du groupe UDI et indépendants ne s’associeront pas à la motion de rejet préalable. On peut ne pas être d’accord avec les orientations prises par le Gouvernement et discuter sur telle dépense visant à soutenir des secteurs économiques en difficulté ou des catégories de salariés. »
M. Charles de Courson LC
« Le groupe Libertés et territoires ne votera pas la motion de rejet préalable. On peut être d’accord ou non avec le texte – j’y reviendrai au cours de la discussion générale –, mais on ne peut contester que le fonds de solidarité doit faire face à des urgences ou qu’il faut soutenir l’activité partie… »
Mme Sabine Rubin FI
« Nous ne pouvons, quant à nous, soutenir ce quatrième PLFR, pour deux raisons. D’abord, si les fonds débloqués sont bien sûr nécessaires, le texte ne répond pas à l’impératif d’urgence – la branche descendante du K – que vous évoquiez, monsieur le rapporteur général. »
M. Fabien Roussel GDR
« Le groupe de la France insoumise a déposé une motion de rejet préalable. Nous n’approuvons pas nécessairement cette procédure dans la période actuelle, qui présente plutôt un caractère d’urgence :… »
M. Jean-Paul Mattei MODEM
« Il est assez particulier de commencer l’examen du PLFR 4 par une motion de rejet préalable : vous qui aimez tant débattre, je suis un peu étonné de votre position. »
M. Jean-Louis Bricout NG
« Le groupe Socialistes et apparentés soutiendra cette motion de rejet préalable, même si cette procédure lui paraît quelque peu en décalage avec l’urgence de la situation et la nécessité de débattre du texte, que nous espérons améliorer. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue