Amendement n° 63 · ART. 9, déposé par M. Le Fur +23 cosignataires.
L'essentiel : Le délai de contrôle de l’impôt sur le revenu dû au titre de 2018 aurait été ramené de quatre à trois ans, son auteur jugeant disproportionné d’y soumettre tous les contribuables.
Texte exact de l'amendement
I. – Après l’alinéa 51, insérer l’alinéa suivant : « 3° bis Au 2 du L, le mot : « quatrième » est remplacé par le mot : « troisième ». II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant : « V. – La perte de recettes résultant pour l’État de la disposition ci-dessous est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits sur les tabacs mentionnée aux articles 575 et 575 A du code général des impôts. »
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Le L du II de l’article 60 de la loi n° 2016‑1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 introduit une clause générale anti-optimisation du crédit d’impôt « modernisation du recouvrement » et fixent un délai spécifique de contrôle pour l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année 2018, étendu à quatre ans. Cette extension du droit de reprise, dont il est rappelé que le droit commun le fixe à trois années, serait justifiée par le Gouvernement par la seule nécessité impérieuse de pouvoir contrôler les indépendants qui bénéficieraient d’un complément de CIMR en 2019.Au regard du faible nombre de contribuables qui seront dans ce cas, il semble totalement disproportionné de faire supporter à l’ensemble des contribuables jusqu’en 2021 une incertitude sur le montant d’impôt sur le revenu et le CIMR de l’année 2018, pour préserver le droit de contrôle de l’administration sur une minorité de contribuables. Le Gouvernement doit être en mesure d’effectuer ses opérations de contrôle selon les règles de droit commun.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 15 novembre 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 12 décembre 2017 1re lecture Assemblée Adopté
- 15 décembre 2017 1re lecture Sénat Modifié
- 18 décembre 2017 Commission mixte paritaire Accord
- 19 décembre 2017 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 20 décembre 2017 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
- 21 décembre 2017 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 28 décembre 2017 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 28 décembre 2017 Promulgation loi n° 2017-1775
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Ce second projet de loi de finances rectificative pour 2017 ajuste les recettes et les crédits de l'année en cours. Il modifie la fraction de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques attribuée aux régions et aux départements en compensation des transferts de compétences, et ajuste les ressources du compte d'affectation spéciale consacré aux services nationaux de transport conventionnés de voyageurs, celles de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France et celles du compte d'affectation spéciale « Transition énergétique ». Il ouvre 3 695 737 615 euros d'autorisations d'engagement et 3 538 714 554 euros de crédits de paiement sur le budget général, annule 10 000 000 euros sur les budgets annexes, ouvre 2 795 194 524 euros sur les comptes d'affectation spéciale et porte le plafond des autorisations d'emplois du budget général de 1 932 883 à 1 933 241. L'exposé des motifs maintient l'hypothèse d'une croissance de 1,7 % en volume pour 2017 et une prévision de solde public de 2,9 % du produit intérieur brut, le solde structurel passant de - 2,5 % à - 2,2 % du produit intérieur brut.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 3 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 2 | 0 | 0 |
| Nouvelle Gauche | 2 | 3 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 0 | 5 | 0 |
| La République en Marche | 0 | 59 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | 2 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 21 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 0 | 0 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 63 en séance (Projet de loi de finances rectificative pour 2017 (suite)), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Cet article déroge aux règles les plus élémentaires en matière de protection du contribuable. Le délai de prescription fixé au droit de reprise par le droit commun est de trois ans. L’article 9 le prolonge à quatre ans. Pourquoi ? J’avais posé la question à votre prédécesseur, monsieur le ministre. D’ailleurs, le prélèvement à la sourcen’a pas porté chance à M. Eckert ! Sapin, Eckert,… […] …le prélèvement à la source ne leur a pas porté chance ! […] Selon M. Eckert, l’extension du délai applicable au droit de reprise de l’administration à quatre ans visait à permettre à celle-ci d’effectuer tous les contrôles nécessaires. »
« L’allongement d’une année du délai applicable au droit de reprise, de trois à quatre ans, porte uniquement sur l’imposition des revenus de 2018. […] Il s’agit d’une disposition transitoire, justifiée par la spécificité de l’année de transition qui offre des possibilités d’optimisation fiscale. Nous avons déjà débattu plusieurs fois de ce sujet en séance publique. […] Disons quarante-huit ! Avis défavorable. »
« Amélie de Montchalin a annoncé le temps des sourires. Je rappelle tout de même que l’adoption du projet de loi de finances rectificative fera économiser 400 000 euros à chacun des 1 000 plus importants contribuables assujettis à l’ISF. En outre, l’imposition des revenus de leurs capitaux sera désormais plafonnée à 30 % grâce à l’instauration d’une flat tax . »
« Je suis assez sensible à l’argument de M. Le Fur : une loi existe, qui fixe à trois ans le délai de reprise de l’administration fiscale. Le droit doit s’appliquer et l’on ne peut indéfiniment modifier les conditions. […] Je comprends qu’une année dérogatoire soit nécessaire et que l’administration fiscale ait besoin d’un délai supplémentaire. Mais, encore une fois, et comme l’explique l’exposé des motifs, ce sont les indépendants qui sont concernés. Il faut éviter de multiplier les dérogations dans le domaine du droit fiscal. Je voterai donc cet amendement. »
« Cette disposition a été adoptée dans le texte d’origine. Je ne comprends pas pourquoi nous reviendrions en arrière, alors que vous étiez d’accord à l’époque. »
« L’année de transition renforçant les risques d’optimisation, il est parfaitement normal d’accorder des droits supplémentaires à l’administration fiscale pour ses vérifications. Par ailleurs, je suis étonnée que l’intervention de M. Coquerel dérive sur les paradis fiscaux, sans rapport avec la question qui nous intéresse. Conservons l’article dans sa rédaction initiale pour nous prémunir des risques d’optimisation fiscale pendant l’année de transition. »