Amendement de M. Dharréville · après art. 3

84 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 71 voix non atteint. 5 abstentions.
NetClivage gauche-droite
Participation 25 %

Amendement n° 330 · APRÈS ART. 3, déposé par M. Dharréville +15 cosignataires.

L'essentiel : Les entreprises auraient dû réserver 10 % de leurs embauches aux jeunes de 16 à 25 ans, sous peine d’une redevance annuelle par poste manquant versée au Fonds national pour l’emploi, selon cette proposition de M. Dharréville.

Texte exact de l'amendement

Après l’article L. 5312‑1 du code du travail, il est inséré un article L. 5312‑1‑1 ainsi rédigé : « Art. L. 5312‑1‑1. – Les entreprises de toute nature sont tenues de réserver 10 % de leurs embauches à des jeunes âgés de 16 à 25 ans. Ces taux sont calculés d’une part pour les recrutements en contrat à durée indéterminée et d’autre part pour les recrutements en contrat à durée déterminée. « Pour chaque bénéficiaire manquant, l’entreprise est tenue au versement d’une redevance annuelle égale 1 500 fois le salaire minimum de croissance au profit du Fonds national pour l’emploi. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement a pour objet de favoriser l’emploi des jeunes. Il propose ainsi que les entreprises soient tenues de réserver 10 % de leurs nouvelles embauches aux jeunes de moins de 25 ans.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 29 juin 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 13 juillet 2017 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 27 juillet 2017 1re lecture Sénat Modifié
  4. 1er août 2017 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Accord
  5. 2 août 2017 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 7 septembre 2017 Conseil constitutionnel Conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte autorise le Gouvernement à prendre par ordonnances, sur le fondement de l'article 38 de la Constitution et dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la loi, des mesures relevant du domaine de la loi pour reconnaître et attribuer une place centrale à la négociation collective, mettre en place une nouvelle organisation du dialogue social, renforcer la prévisibilité de la relation de travail, favoriser le développement de la négociation collective et modifier, à des fins de simplification et de sécurisation, certaines règles du droit du travail. Une habilitation distincte, d'une durée de douze mois, porte sur l'harmonisation de l'état du droit et sur sa cohérence. Un article ajouté en cours de discussion complète l'article L. 4624-2 du code du travail en prévoyant que le salarié concerné bénéficie d'une visite de contrôle au moins tous les deux ans, dans un délai fixé par décret en Conseil d'État. Le texte remplace enfin, à l'article 257 de la loi du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, le mot « vingt-quatrième » par le mot « trente-sixième ».

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM314LREM35LC100LR17NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise1200
Gauche démocrate et républicaine500
Nouvelle Gauche100
Mouvement Démocrate et apparentés070
La République en Marche01034
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants040
Les Républicains070
Non inscrit021

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 330 en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Cet amendement aborde un sujet majeur : la nécessité de donner un avenir à notre jeunesse, qui peine de plus en plus à s’insérer sur le marché du travail. Le constat est alarmant : le taux de chômage des jeunes atteint des sommets, avec 24 %, soit plus du double de la moyenne nationale. L’âge moyen d’accès au premier emploi stable ne cesse de reculer – il est passé de 20 ans en 1960 à 28 ans en 2016. »
M. Laurent Pietraszewski (rapporteur)
« J’ai bien compris, cher collègue, que vous n’étiez pas en accord avec le projet de loi d’habilitation que nous discutons. […] Si, je vous ai bien compris, et je vous ai du reste, heureusement, déjà entendu à plusieurs reprises – c’est précisément l’intérêt de ce débat. Vous avez proposé une mesure dont l’objectif, auquel on pourrait d’ailleurs souscrire sur tous les bancs, est de permettre aux jeunes d’entrer facilement dans l’emploi. Comment, cependant, pourrait fonctionner cette mesure sur le plan pratique, en particulier dans une entreprise qui recrute une ou deux personnes par an et où il pourrait être difficile de calculer un quota de 10 % ? »
Mme Muriel Pénicaud (ministre)
« Avis défavorable. Nous souscrivons à l’intention, à savoir comment mettre plus rapidement le pied à l’étrier à l’ensemble des jeunes, sachant que le taux de chômage est très élevé chez les jeunes. Cet objectif est, me semble-t-il, partagé sur tous les bancs, mais l’amendement pose un problème de méthode. Aujourd’hui, en effet, les jeunes actifs représentent moins de 10 % de la population active. L’adoption d’un tel amendement aurait donc pour effet de saturer l’ensemble des embauches uniquement avec des jeunes, de telle sorte que plus un seul demandeur d’emploi adulte ou senior ne pourrait être embauché. »
M. Jean-Luc Mélenchon FI
« La réponse du rapporteur ne manque pas de pertinence et le calcul qu’il nous présente peut mettre mal à l’aise. Comprenez cependant que les amendements servent aussi, dans le cadre d’une discussion, à faire valoir un ordre de raisonnement. Si vous refusez la politique de la demande et les quotas, comment permettrez-vous à une masse considérable de jeunes d’entrer dans l’emploi ? Chaque année, en effet, 700 000 jeunes sortent de l’école et veulent entrer dans la production. C’est ce qui explique un tel écart. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Madame la ministre, je veux bien entendre que vous ne vouliez pas gérer la situation de l’emploi des jeunes au moyen de quotas, mais il faut donc le faire à partir des statistiques – car je ne doute pas que Pôle emploi vous en fournisse. Pratiquement, plus aucun jeune ne peut, dans notre pays, entrer directement dans un emploi stable. Nous pouvons aller le vérifier dans l’agence de Pôle emploi la plus proche : dans toutes les annonces qui s’adressent à des jeunes, ès qualités, figure explicitement la mention d’un contrat d’avenir ou autre du même genre. Cet amendement a donc une valeur d’interpellation : il vise à dire que cela doit cesser. Plus jamais ça ! »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Laurent Pietraszewski (rapporteur)
« Tout à l’heure, nous avons parlé assez longuement du recours aux contrats à durée déterminée – CDD –, à l’occasion de l’examen des amendements déposés notamment par nos collègues du groupe GDR. »
Mme Muriel Pénicaud (ministre)
« Défavorable. Pendant les concertations, j’ai accepté l’idée que la régulation des contrats courts devait relever exclusivement de la branche, et non pas de l’entreprise. »
M. Jean-Pierre Vigier LR
« Cet amendement est intéressant, car il permet de remettre la valeur travail au cœur de notre société, et surtout de libérer le monde du travail. Sur une semaine de sept jours, deux jours de vacances et cinq jours à trente-neuf heures, c’est tout à fait possible et raisonnable. »
M. André Chassaigne GDR
« Comme ce matin, on remarque une espèce de jeu entre Les Républicains et La République en marche : Les Républicains font des propositions extrêmement conservatrices, voire réactionnaires, s’attaquant au droit du travail , et du coup le rapporteur et la ministre apparaissent comme des progressistes, c… »
M. Alain Bruneel GDR
« Ces quelques jours passés dans l’hémicycle ont montré l’existence d’un débat d’idée sur le code du travail, la majorité s’inscrivant dans la pensée capitaliste, d’autres préférant une rupture avec ce système. Néanmoins, malgré nos différences, nous pouvons faire un bout de chemin ensemble. »
M. Ugo Bernalicis FI
« Je suis un peu frustré de la rapidité avec laquelle on balaie d’un revers de main la proposition de nos collègues du groupe GDR sur la réduction du temps de travail et sur ce mouvement progressiste qui consiste à rendre du temps libre à chacun. »
M. Francis Vercamer UDI
« Cet amendement est l’inverse du précédent, puisqu’il vise à ce que la durée légale du temps de travail puisse être supérieure à 35 heures si les branches le décident. »
M. Gilles Lurton LR
« Nous en arrivons, avec l’article 5, à la réforme du compte personnel de prévention de la pénibilité tel qu’il a été créé par la loi du 20 janvier 2014 garantissant l’avenir et la justice du système de retraites. »

Pour aller plus loin

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