Amendement de M. Quatennens · art. 6

75 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 58 voix non atteint. 1 abstention.
Majoritaire
Participation 20 %

Amendement n° 80 · ART. 6, déposé par M. Quatennens +16 cosignataires.

L'essentiel : L’article 6 aurait été entièrement supprimé si cet amendement de M. Quatennens avait été adopté, son groupe jugeant injustifiés la méthode et l’empressement du Gouvernement à faire examiner ce projet de loi.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Selon nous, rien ne justifie ni la méthode, ni l’empressement du Gouvernement à faire examiner ce projet de loi par le Parlement dans de telles conditions. L’ampleur des réformes qui y sont proposées mérite un examen serein et exhaustif par le Parlement.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 29 juin 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 13 juillet 2017 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 27 juillet 2017 1re lecture Sénat Modifié
  4. 1er août 2017 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Accord
  5. 2 août 2017 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 7 septembre 2017 Conseil constitutionnel Conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte autorise le Gouvernement à prendre par ordonnances, sur le fondement de l'article 38 de la Constitution et dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la loi, des mesures relevant du domaine de la loi pour reconnaître et attribuer une place centrale à la négociation collective, mettre en place une nouvelle organisation du dialogue social, renforcer la prévisibilité de la relation de travail, favoriser le développement de la négociation collective et modifier, à des fins de simplification et de sécurisation, certaines règles du droit du travail. Une habilitation distincte, d'une durée de douze mois, porte sur l'harmonisation de l'état du droit et sur sa cohérence. Un article ajouté en cours de discussion complète l'article L. 4624-2 du code du travail en prévoyant que le salarié concerné bénéficie d'une visite de contrôle au moins tous les deux ans, dans un délai fixé par décret en Conseil d'État. Le texte remplace enfin, à l'article 257 de la loi du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, le mot « vingt-quatrième » par le mot « trente-sixième ».

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM314LREM35LCdivisé100LRdivisé17NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise1000
Gauche démocrate et républicaine600
Nouvelle Gauche300
Mouvement Démocrate et apparentés0110
La République en Marche0700
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants221
Les Républicains540
Non inscrit200

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 80 en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Éric Coquerel FI
« Je reprends le fil de ma collègue et amie Clémentine Autain. Depuis lundi, avec ce texte, nous aurons inversé la hiérarchie des normes pour confier aux entreprises et même aux établissements le soin de décider de ce que sera la règle, rendant du coup la loi presque inutile, en tout cas affaiblie face aux accords d’entreprise. Dans le même temps, et contrairement à ce qui a été dit ici, l’article 4 du projet de loi affaiblira les branches. Vous avez par surcroît affaibli les représentants du personnel et donc amoindri la capacité de négocier à l’intérieur des entreprises. »
M. Laurent Pietraszewski (rapporteur)
« La commission a déjà examiné cet amendement et l’a rejeté. L’article 6 habilite le Gouvernement à procéder aux ajustements légistiques nécessaires dès lors que l’on modifie un texte législatif, ce qui me semble tout à fait indispensable. Il s’agit de mettre en cohérence les dispositions des différents codes et des différents textes de loi avec les modifications opérées par ordonnances. Il s’agit aussi de corriger d’éventuelles coquilles, qui sont sources de confusion et de contentieux. Il n’y a, à mon avis, aucune raison de supprimer cet article. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Je comprends tout à fait la position de M. le rapporteur et de Mme la ministre sur cet article. Mais ce qu’ils nous en disent, en somme, c’est qu’ils veulent écrire la loi très vite, si vite qu’il faudra la corriger ensuite : ce qu’ils nous demandent, par cet article, c’est précisément de pouvoir modifier la loi après coup. Je vous suggère une autre méthode : prenez tout votre temps, et revoyons-nous dans un an pour parler de tout cela. »
M. Jean-Luc Mélenchon FI
« Quand on lit l’article 6, rédigé dans cette langue délicieuse et d’une élégance indépassable – le jargon –, on n’y comprend d’abord rien. Puis on comprend qu’il vous autorise, par ordonnances, à toiletter le code du travail. De quoi s’agit-il ? D’accorder les verbes avec les sujets ? Non, ce n’est pas cela ! Je rappelle, madame la ministre, que les ordonnances sont une procédure tout à fait exceptionnelle, qui vous donne un pouvoir tout à fait exceptionnel lui aussi. Vous avez essayé d’arrondir les angles, monsieur le rapporteur : c’est votre qualité. Mais là, tout de même, cela ne suffit pas ! Vous nous dites qu’il s’agit de corriger les incohérences qui pourraient avoir surgi. »
M. Guillaume Larrivé LR
« Mes chers collègues, je voterai l’amendement du groupe La France insoumise pour des raisons de pure forme. Je crois en effet que le champ de l’habilitation prévue par l’article 6 de ce projet de loi est extrêmement vague. Il me semble méconnaître l’article 38 de la Constitution. Il me semble que nous ne pouvons pas habiliter le Gouvernement à prendre par ordonnances des mesures tendant à « harmoniser l’état du droit ». Je ne sais pas ce que cette expression signifie. En adoptant une habilitation aussi large, je pense que nous méconnaîtrions notre compétence. »
M. Laurent Pietraszewski (rapporteur)
« Je n’ai pas abusé, jusqu’ici, de la faculté que j’ai de demander la parole à tout instant du débat. On ne peut pas dire que j’aie perturbé leur déroulement ! Je voudrais simplement répondre aux propos que je viens d’entendre. Je ne suis pas un très grand technicien du droit, mais je crois me souvenir que les ordonnances sont validées par le Conseil d’État. Ce sont là de vieux souvenirs de droit constitutionnel. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Laurent Pietraszewski (rapporteur)
« Tout à l’heure, nous avons parlé assez longuement du recours aux contrats à durée déterminée – CDD –, à l’occasion de l’examen des amendements déposés notamment par nos collègues du groupe GDR. »
Mme Muriel Pénicaud (ministre)
« Défavorable. Pendant les concertations, j’ai accepté l’idée que la régulation des contrats courts devait relever exclusivement de la branche, et non pas de l’entreprise. »
M. Jean-Pierre Vigier LR
« Cet amendement est intéressant, car il permet de remettre la valeur travail au cœur de notre société, et surtout de libérer le monde du travail. Sur une semaine de sept jours, deux jours de vacances et cinq jours à trente-neuf heures, c’est tout à fait possible et raisonnable. »
M. André Chassaigne GDR
« Comme ce matin, on remarque une espèce de jeu entre Les Républicains et La République en marche : Les Républicains font des propositions extrêmement conservatrices, voire réactionnaires, s’attaquant au droit du travail , et du coup le rapporteur et la ministre apparaissent comme des progressistes, c… »
M. Ugo Bernalicis FI
« Je suis un peu frustré de la rapidité avec laquelle on balaie d’un revers de main la proposition de nos collègues du groupe GDR sur la réduction du temps de travail et sur ce mouvement progressiste qui consiste à rendre du temps libre à chacun. »
M. Boris Vallaud NG
« Je tiens à rappeler un des éléments qui avaient prévalu dans les discussions. Il s’agissait, avec ce plancher de 24 heures par semaine, de prendre en considération la situation de nombreuses femmes. »
M. Philippe Vigier DEM
« Madame la ministre, la proposition de Francis Vercamer est simple : il s’agit d’une mesure transitoire qui, durant ces années de transition, permettra qu’à défaut d’ouvrir un plus grand nombre de postes, un plus grand nombre de médecins se dirigent vers cette formation. »
M. Gilles Lurton LR
« Nous en arrivons, avec l’article 5, à la réforme du compte personnel de prévention de la pénibilité tel qu’il a été créé par la loi du 20 janvier 2014 garantissant l’avenir et la justice du système de retraites. »

Pour aller plus loin

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