Amendement du Gouvernement · art. 24

53 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 31 voix franchi. 8 abstentions.
DisputéBloc fracturé
Participation 12 %

Amendement n° 3138 (Rect) · ART. 24, déposé par le Gouvernement.

L'essentiel : Sur les transactions mettant fin à un contentieux, cet amendement du Gouvernement retire la possibilité d’y inclure le remboursement des frais et dépens de justice administrative, pour éviter, selon lui, tout détournement ou double indemnisation.

Texte exact de l'amendement

À l’alinéa 30, supprimer les mots : « au titre des frais et dépens mentionnés à l’article L. 761‑1 du code de justice administrative ou ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Un amendement adopté en commission permet aux associations de conclure une transaction pour obtenir le remboursement des frais qu’elles ont engagés dans le cadre de la préparation et du déroulement de la procédure contentieuse, et donc notamment les frais d’avocats. Cet amendement est sans utilité. En effet, si le contentieux est abusif, il n’y a lieu ni d’accorder un désistement monnayé ni d’autoriser le remboursement des frais. Il est alors parfaitement normal que l’association non seulement ne gagne pas d’argent mais également qu’elle assume la totalité des frais précédemment engagés. A l’inverse si le contentieux et le désistement sont légitimes, c’est-à-dire non monnayés, le juge garde alors la possibilité de prononcer le paiement de frais et dépends au profit de celui qui se désiste. Ce système évite non seulement les détournements du mécanisme et également les risques de double-indemnisation liés à un remboursement de ces frais dans le cadre d’une transaction, et ensuite par le juge, ce dernier n’étant pas nécessairement informé du contenu de la transaction.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le compte rendu de la séance ne porte aucun propos sur cet amendement : il a pu être défendu sans un mot de plus, discuté avec d'autres, ou ne pas avoir été présenté séparément.

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 4 avril 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 25 juillet 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 20 septembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 3 octobre 2018 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 16 octobre 2018 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 15 novembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi crée deux outils d'aménagement dans le code de l'urbanisme, le projet partenarial d'aménagement et la grande opération d'urbanisme, et réécrit le régime des opérations d'intérêt national. Il associe les opérateurs de ces grandes opérations et des opérations d'intérêt national aux procédures d'élaboration des documents d'urbanisme et modifie les modalités de concertation préalable. Ses articles suivants simplifient les procédures de participation du public et les autorisations applicables aux opérations d'aménagement, et accélèrent la libération du foncier public en agissant sur la procédure de décote permettant à l'État et à ses établissements publics de céder des terrains. Il développe l'intervention de la Foncière publique solidaire, créée par la loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain, et étend aux établissements publics territoriaux du Grand Paris la possibilité de créer des zones d'aménagement différé. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30NG47MODEM313LREMdivisé32UDI102LR20NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise030
Gauche démocrate et républicaine300
Nouvelle Gauche000
Mouvement Démocrate et apparentés600
La République en Marche18218
UDI, Agir et Indépendants100
Les Républicains600
Non inscrit200
Mises au point de vote 3

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Richard Lioger (rapporteur de la commission des affaires économiques)
« L’objectif de développement de logements neufs s’accompagne d’outils de sécurisation financière des opérations de construction, dont l’assurance décennale fait partie. »
M. Jacques Mézard (ministre de la cohésion des territoires)
« Le Gouvernement est favorable à cet amendement, qui vient préciser le cadre de la garantie décennale dans la construction. Cette garantie est centrale pour soutenir le choc de l’offre. »
Mme Huguette Tiegna LREM
« Le développement de l’économie circulaire et l’intégration de ses différents principes au sein de notre droit se font de plus en plus urgents. »
M. Max Mathiasin MODEM
« Cet amendement vise à clarifier le statut juridique des maisons minuscules, afin de les distinguer des caravanes et de permettre à leurs propriétaires de ne plus être soumis à la règle les enjoignant de se déplacer tous les trois mois. »
M. Gilles Lurton LR
« Cet article, tel que rédigé par le Gouvernement, prolonge, encore une fois, la dérogation de trois ans accordée aux bailleurs sociaux par l’article 110 de la loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion, dite loi Boutin, à avoir recours aux marchés de conceptio… »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« La loi relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée, dite loi MOP, a établi le principe essentiel de la distinction de la fonction de maître d’œuvre de celle de l’entrepreneur chargé de la réalisation de l’ouvrage. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Je ne me suis pas exprimé pour défendre l’amendement, car il est identique aux trois autres, mais je tiens à dire que je ne souscris pas à l’argument avancé par M. le rapporteur. Démonstration a été faite que la procédure de conception-réalisation ne contribuait pas à la maîtrise des coûts. »
M. Bruno Fuchs DEM
« Afin d’accélérer les procédures de construction de logements sociaux, l’article 20 prévoit, « en cas d’urgence impérieuse », la possibilité de ne pas procéder à la réunion préalable de la commission d’appel d’offres. »
Mme Clémentine Autain FI
« Vous proposez l’individualisation des frais de chauffage et de refroidissement pour tenter de réaliser des économies d’énergie. C’est une approche individualiste, alors qu’il faudrait privilégier des réponses collectives. »
M. Jean-Christophe Lagarde UDI
« Notre amendement tend à supprimer les alinéas 13 et 14 de l’article 21 qui offrent la possibilité de déroger au principe de l’individualisation des frais de chauffage, ce qui nous ramènerait à la situation d’avant la loi de transition énergétique de 2015 qui comprenait un seuil et avait montré son i… »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue