Amendement de M. Chassaigne · art. 28

76 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 28 voix non atteint. 4 abstentions.
Majoritaire
Participation 10 %

Amendement n° 1700 · ART. 28, déposé par M. Chassaigne +15 cosignataires.

L'essentiel : Une commune aurait pu s’opposer à la mise en vente des logements sociaux situés sur son territoire, selon cet amendement de M. Chassaigne, soucieux de préserver le contrôle du maire sur le seuil SRU.

Texte exact de l'amendement

Après la deuxième phrase de l’alinéa 79, insérer la phrase suivante : « La commune d’implantation peut s’opposer à ce plan de mise en vente pour les logements la concernant. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Il s’agit ici de maintenir l’autorisation du maire en cas de vente de logement sur sa commune. En effet, le maire doit, au sens de la loi SRU, de veiller au respect d’un seuil minimal de logements sociaux, il est donc indispensable, pour qu’il puisse mener à bien cette tâche qu’il garde un droit de regard sur les logements sociaux pouvant sortir du champs des logements sociaux.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 4 avril 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 25 juillet 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 20 septembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 3 octobre 2018 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 16 octobre 2018 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 15 novembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi crée deux outils d'aménagement dans le code de l'urbanisme, le projet partenarial d'aménagement et la grande opération d'urbanisme, et réécrit le régime des opérations d'intérêt national. Il associe les opérateurs de ces grandes opérations et des opérations d'intérêt national aux procédures d'élaboration des documents d'urbanisme et modifie les modalités de concertation préalable. Ses articles suivants simplifient les procédures de participation du public et les autorisations applicables aux opérations d'aménagement, et accélèrent la libération du foncier public en agissant sur la procédure de décote permettant à l'État et à ses établissements publics de céder des terrains. Il développe l'intervention de la Foncière publique solidaire, créée par la loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain, et étend aux établissements publics territoriaux du Grand Paris la possibilité de créer des zones d'aménagement différé. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30NG47MODEM313LREM32UDI102LR20NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise001
Gauche démocrate et républicaine100
Nouvelle Gauche100
Mouvement Démocrate et apparentés040
La République en Marche1403
UDI, Agir et Indépendants000
Les Républicains500
Non inscrit200

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1700 en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Stéphane Peu GDR
« Si je ne souhaite pas rouvrir le débat sur la vente – de toute façon, nous l’aurons à nouveau un peu plus tard –, je tiens toutefois à rappeler qu’à plusieurs reprises il a été noté sur ces bancs que le texte affaiblit le pouvoir des maires. C’est vrai pour les questions d’aménagement au titre I, c’est également vrai au titre II. Il est impensable qu’un organisme HLM mette en vente des logements sociaux dans une commune en passant outre l’avis de son maire. C’est impensable ! Qui subira les conséquences de la vente ? Le maire. Devant quel bureau fera-t-on la queue ? Devant celui du maire, pas devant celui du bailleur social. »
Mme Christelle Dubos (rapporteure)
« Je tiens à rappeler que les maires sont consultés sur l’autorisation de vente de logements sociaux. […] Il s’agit certes d’un avis simple. […] Ensuite, c’est le préfet qui donne, ou ne donne pas, l’autorisation. Il est prévu de maintenir cet équilibre, afin que le préfet demeure le garant de la prise en compte des intérêts, qui peuvent diverger, des différents acteurs. Il ne serait pas pertinent de rigidifier la procédure en transformant un avis simple en autorisation. Avis défavorable. »
Mme Annie Genevard LR
« Monsieur le ministre, toute disposition visant à réduire le pouvoir d’un maire est par principe mauvaise. En effet, le maire est le meilleur connaisseur de son territoire. Évincer le maire de toutes les questions relatives au logement social me paraît par nature préjudiciable, qu’il s’agisse de l’attribution des logements sociaux, de leur vente ou, d’ailleurs, de tout type de vente sur sa commune. Le regard du maire est essentiel. Je le répète : je ne comprends pas, monsieur le ministre, que vous l’évinciez de cette manière. »
M. Julien Denormandie (secrétaire d’État)
« Dans ce débat, nous avons montré, contrairement à ce qu’on a pu dire ou entendre ici ou là, à quel point le projet de loi maintient le rôle central du maire dans tous les dispositifs. Il faut savoir que la loi n’impose pas, aujourd’hui, l’avis conforme du maire : elle ne prévoit qu’un avis simple. La vraie question est celle de la préemption. »
M. Thibault Bazin LR
« Monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d’État, on ne saurait vous reprocher de refuser la concertation. S’il y a bien des ministres qui, au Gouvernement, pratiquent la concertation, c’est bien vous. Mais la concertation, cela ne suffit pas ! Il ne suffit pas d’écouter les autres, il faut recevoir leur message et, surtout, le prendre en considération. Il est possible d’écouter longtemps sans que le texte évolue sensiblement. Vous pouvez jouer les vierges effarouchées, c’est vrai. Le sujet des maires est important – nous sommes déjà revenus dessus mercredi et jeudi. »
M. Jean-Christophe Lagarde UDI
« Il est vrai que la loi, aujourd’hui, ne prévoit qu’un avis simple. Toutefois, il est assez compliqué, pour un bailleur social, de passer outre cet avis simple. Le maire peut en référer au préfet et se montrer très désagréable envers celui-ci. Cela peut tout de même arriver, comme dans une circonscription voisine de la mienne : la volonté du bailleur social a été d’ignorer totalement l’avis du maire de la commune du Blanc-Mesnil. Lorsque 2 000 logements sont concernés, les conséquences sur la commune ne sont pas indolores. »

13 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Stéphane Peu GDR
« Je vais m’efforcer d’aller vite et, défendant cet amendement visant à supprimer les alinéas 102 à 105 de l’article, je défendrai par la même occasion l’amendement de repli n o 2117 qui suit, ce qui me permettra peut-être d’économiser du temps pour la suite. »
Mme Sabine Rubin FI
« Cet amendement tend également à supprimer ces alinéas 102 à 105 qui autorisent le Gouvernement à prendre par voie d’ordonnances des mesures relatives aux loyers et à faire varier les loyers en fonction des revenus du locataire, et non plus du type de logement social, ce qui relève d’une logique de m… »
Mme Christelle Dubos (rapporteure)
« Vous comprendrez que la commission exprime un avis défavorable. Je rappelle que la politique des loyers doit faire l’objet d’une expérimentation. »
Mme Bénédicte Taurine FI
« La fonction des HLM est inscrite dans leur nom et, pour une fois, l’acronyme n’a pas vocation à tromper : il s’agit d’« habitations à loyer modéré ». Tout est important dans l’expression : les habitations, les loyers et la modération de ceux-ci. »
M. Serge Letchimy SOC
« Je commencerai par une observation d’ordre général : nous savons que ce texte prévoit un grand nombre d’habilitations à prendre des décisions par ordonnances. »
M. Thibault Bazin LR
« Au risque de surprendre, je voudrais soutenir mon collègue Peu même si je suis très attaché au droit de propriété – j’aurai l’occasion de le démontrer tout à l’heure. Il existe déjà des dispositifs fiscaux qui comportent des engagements de détention. »
M. Bruno Millienne MODEM
« J’entends bien ce que dit notre collègue Jean-Christophe Lagarde et je partage assez son propos. Pour autant, il va falloir que nous trouvions un système pour réintroduire les architectes ; d’une manière plus concurrentielle, plus loyale, moins partisane que le jury de concours, peut-être. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« En l’état actuel du droit, les parties communes d’un immeuble sont considérées comme un lieu privé. Cet amendement a pour objet de donner aux forces de l’ordre les moyens d’assurer la sécurité de tous les résidents ainsi que la jouissance paisible de leur logement. »

Pour aller plus loin

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