Amendement de M. Reda · art. 29

89 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 40 voix non atteint.
NetClivage gauche-droite
Participation 14 %

Amendement n° 779 · ART. 29, déposé par M. Reda +101 cosignataires.

L'essentiel : M. Reda voulait que tout logement vendu à son locataire reste comptabilisé pendant quinze ans dans les quotas de logements sociaux de la loi SRU, afin qu’une commune ne les perde pas immédiatement au moment de la vente.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 38, insérer l’alinéa suivant : « I A. – Tout logement vendu à son locataire par un organisme social est comptabilisé pendant une durée de quinze ans s’agissant des obligations de seuils de logements locatifs sociaux décrits à l’article L. 302‑5. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

La possibilité de vendre le patrimoine immobilier social ne doit pas nuire aux communes s’agissant de leurs obligations de seuils créés par la loi SRU. Aussi, cet amendement propose que tout logement vendu à son locataire par un organisme social soit comptabilisé pendant une durée de 150 ans pour le calcul des seuils de logements locatifs sociaux pour la commune.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 4 avril 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 25 juillet 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 20 septembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 3 octobre 2018 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 16 octobre 2018 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 15 novembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi crée deux outils d'aménagement dans le code de l'urbanisme, le projet partenarial d'aménagement et la grande opération d'urbanisme, et réécrit le régime des opérations d'intérêt national. Il associe les opérateurs de ces grandes opérations et des opérations d'intérêt national aux procédures d'élaboration des documents d'urbanisme et modifie les modalités de concertation préalable. Ses articles suivants simplifient les procédures de participation du public et les autorisations applicables aux opérations d'aménagement, et accélèrent la libération du foncier public en agissant sur la procédure de décote permettant à l'État et à ses établissements publics de céder des terrains. Il développe l'intervention de la Foncière publique solidaire, créée par la loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain, et étend aux établissements publics territoriaux du Grand Paris la possibilité de créer des zones d'aménagement différé. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30NG47MODEM313LREM32UDI102LR20NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise030
Gauche démocrate et républicaine010
Nouvelle Gauche030
Mouvement Démocrate et apparentés060
La République en Marche0560
UDI, Agir et Indépendants000
Les Républicains800
Non inscrit110

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 779 en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Gilles Lurton LR
« Nous sommes favorables à l’accession sociale à la propriété. Nous considérons que la possibilité donnée à des locataires de HLM d’accéder à leur logement est une chance : passer du statut de locataire au statut de propriétaire est une chance. Pour inciter les communes à construire des logements en accession sociale à la propriété, nous proposons, par cet amendement, que tout logement vendu à son locataire par un organisme social soit comptabilisé pendant une durée de quinze ans – et non 150 ans, comme c’est écrit dans l’exposé sommaire –, s’agissant des obligations de seuil de logements locatifs sociaux décrit à l’article L. 302-5. »
Mme Christelle Dubos (rapporteure)
« Je ne comprends pas tout. Vous demandez l’interdiction des ventes, puis, tout à coup, vous nous proposez que celles-ci comptent pour quinze ans. Par ailleurs, l’article 46 procède déjà au doublement, passant la durée de cinq à dix ans, afin de ne pas pénaliser une commune souhaitant encourager l’accession sociale à la propriété, tout en l’incitant, dans les dix ans, à reconstituer son stock de logements sociaux. L’avis de la commission est défavorable. »
M. Jacques Mézard (ministre)
« J’émets le même avis que la rapporteure. Je ne sais pas si c’est une contradiction, monsieur Lurton, mais vous allez certainement nous l’expliquer : d’un côté, vous nous reprochez de passer de cinq à dix ans, et maintenant vous voudriez, au moins sur une partie, que l’on passe à quinze ans. J’avoue que je n’ai pas bien compris ! »
M. Gilles Lurton LR
« Nous ne vous avons jamais reproché de passer de cinq à dix ans mais de faciliter la vente de logement locatif social dans les communes carencées ; nous avons été parfaitement clairs sur ce point. Selon nous, quand des communes ont la possibilité de réaliser du logement en accession sociale à la propriété, il faut les y encourager. Nous demandons donc que les logements en accession sociale à la propriété, qui constituent une chance pour les locataires, soient comptabilisés en logements sociaux au sens de la loi SRU. »
M. Thibault Bazin LR
« On peut simplifier le débat en disant que ce n’est pas cohérent, alors que cela l’est parfaitement. Depuis le début, nous avons un grief contre votre démarche : après avoir pris des mesures brutales contre le secteur HLM à l’automne dernier – vous n’y êtes à mon avis pas pour grand-chose, Bercy vous l’a imposé, dont acte –, vous demandez au secteur de vous proposer des solutions pour restructurer et, au motif qu’il ne serait plus capable d’investir, vous lui ouvrez un certain nombre de possibilités. Pour notre part, notre obsession est de permettre un parcours logement, en nous concentrant plutôt sur le locataire candidat à l’accession. »
M. Julien Denormandie (secrétaire d’État)
« Je veux saluer l’effort accompli par M. Bazin pour expliquer la cohérence de cet amendement. Une incohérence, en tout cas, manifeste : l’amendement prévoit une comptabilisation pendant une durée de quinze ans tandis que, dans son exposé sommaire, il est question de 150 ans. […] Vous n’arriverez pas à justifier cette incohérence, monsieur Bazin ! Cela dit, le sujet que vous évoquez est essentiel : il s’agit de savoir comment accompagner les familles engagées dans l’accession sociale. Je prends votre amendement comme un amendement d’appel, sachant qu’il n’est pas dans cette logique : il ne pose pas de condition liée à des aides que pourraient apporter la municipalité, l’État, etc. »

1 autre prise de parole a suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Valérie Lacroute LR
« La liste des charges récupérables est fixée, pour les logements des organismes HLM, par le décret du 9 novembre 1982. L’article L.442-3 du code de la construction et de l’habitation prévoit qu’il peut y être dérogé par accords collectifs locaux portant sur l’amélioration de la sécurité ou la prise e… »
Mme Christelle Dubos (rapporteure de la commission des affaires économiques)
« Ces amendements portent en effet sur le décret du 9 novembre 1982 fixant la liste des charges récupérables dont nous avons parlé juste avant la levée de séance de cet après-midi. Compte tenu de ce que nous avons dit à ce moment-là, je propose à leurs auteurs de les retirer. »
M. Robin Reda LR
« Messieurs les ministres, j’aurais aimé soutenir ces amendements avant le dîner, afin qu’ils vous donnent un sujet de conversation : la métropole du Grand Paris. »
M. Jacques Mézard (ministre)
« Vous savez, madame la députée, que le Gouvernement est là pour vous aider et pour aider tous nos concitoyens. Vous voulez supprimer les établissements publics territoriaux, les EPT, mais d’autres les ont créés et ils font actuellement l’objet d’une réflexion. Nous travaillons en effet sur ce sujet. »
Mme Valérie Rabault NG
« Il est très important. Avant d’essuyer des critiques à son sujet, je suis d’accord avec vous, monsieur le ministre : il aurait davantage sa place dans un projet de loi de finances. »
M. Stéphane Peu GDR
« Disons qu’il est défendu, puisque je ne dispose pas d’assez de temps de parole pour le faire. La démocratie parlementaire fait que l’on ne peut même pas défendre les amendements de suppression ! »
M. Éric Coquerel FI
« Écoutez mes arguments, vous répondrez ensuite, chers collègues. (Les exclamations se poursuivent.) Eh oui ! Il faut parfois savoir entendre la vérité ! »
M. Bruno Fuchs DEM
« Cet amendement, déposé par mon collègue Mohamed Laqhila, vise à renforcer la protection du bail mobilité pour les locataires, qui disposent souvent de moyens extrêmement faibles. »
Mme Sylvia Pinel LT
« Je remercie les orateurs inscrits dans un groupe politique d’avoir demandé du temps supplémentaire après le dépôt hors délai de l’amendement du Gouvernement. Ils permettent ainsi aux députés non inscrits de s’exprimer. Le bail mobilité est un élément important du texte. »

Pour aller plus loin

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