Amendement n° 980 · ART. 29, déposé par M. Vercamer +29 cosignataires.
L'essentiel : Le droit de préemption des collectivités territoriales sur les logements sociaux est maintenu par cet amendement de M. Vercamer, qui retire du texte la disposition supprimant cette possibilité offerte aux communes et départements.
Texte exact de l'amendement
Supprimer l'alinéa 109.
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Le présent amendement vise à maintenir le droit de préemption exercé par une collectivité territoriale en direction de logements sociaux, supprimé par le projet de loi. Il s’agit de maintenir cette possibilité juridique offerte aux collectivités territoriales. Le droit de préemption n’est pas applicable sans une raison valable. Il ne peut être actionné qu’au profit de l’intérêt général.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 4 avril 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 12 juin 2018 1re lecture Assemblée Adopté
- 25 juillet 2018 1re lecture Sénat Modifié
- 20 septembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
- 3 octobre 2018 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
- 16 octobre 2018 Commission mixte paritaire Adopté
- 15 novembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 23 novembre 2018 Promulgation loi n° 2018-1021
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le projet de loi crée deux outils d'aménagement dans le code de l'urbanisme, le projet partenarial d'aménagement et la grande opération d'urbanisme, et réécrit le régime des opérations d'intérêt national. Il associe les opérateurs de ces grandes opérations et des opérations d'intérêt national aux procédures d'élaboration des documents d'urbanisme et modifie les modalités de concertation préalable. Ses articles suivants simplifient les procédures de participation du public et les autorisations applicables aux opérations d'aménagement, et accélèrent la libération du foncier public en agissant sur la procédure de décote permettant à l'État et à ses établissements publics de céder des terrains. Il développe l'intervention de la Foncière publique solidaire, créée par la loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain, et étend aux établissements publics territoriaux du Grand Paris la possibilité de créer des zones d'aménagement différé. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 2 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 1 | 0 | 0 |
| Nouvelle Gauche | 3 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 7 | 0 | 0 |
| La République en Marche | 49 | 1 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | 1 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 6 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 2 | 0 | 0 |
Mises au point de vote 1
Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.
- Damien Adam LREM Vote enregistré Contre Position déclarée voter pour
Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 980 en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Le groupe UDI, Agir et indépendants est très honoré de ces deux demandes de scrutin public sur un amendement qui nous paraît essentiel ; cela nous évitera d’avoir à déposer nous-mêmes une telle demande ! L’alinéa 109 de l’article prévoit de supprimer le droit de préemption dans le cadre de la vente de logements sociaux. Le présent amendement vise à maintenir ce droit, qui appartient au maire ou à la collectivité territoriale – par exemple un EPCI –, voire qui peut faire l’objet d’une délégation à un tiers. Dans tous les cas, pour faire usage de ce droit, il faut un avis d’intérêt général. Par nature, cet avis doit être étayé, puisqu’il peut faire l’objet de recours. »
« Cet amendement, attendu depuis longtemps, permettrait de rassurer l’ensemble des collègues. Placé cette fois-ci au bon alinéa, il constitue l’un des garde-fous dont nous avons besoin. Avis favorable. »
« Le Gouvernement avait initialement émis un avis défavorable sur cet amendement. Le ministre a toutefois entendu les observations des uns et des autres et fera confiance à la sagesse de l’Assemblée nationale. »
« Tout d’abord, je voudrais me féliciter de la présentation de cet amendement, qui pourrait d’ailleurs, monsieur Lagarde, être baptisé « amendement Vercamer-Peu », l’amendement similaire que j’ai présenté tout à l’heure n’étant pas, m’a-t-on répondu, placé au bon endroit. […] Je me félicite aussi de l’écoute du Gouvernement, puisque cet amendement avait initialement fait l’objet d’un avis défavorable. Comme quoi, le débat, ça sert ; il faut parfois s’expliquer longtemps, mais on finit par être compris ! En plusieurs endroits, ce projet de loi affaiblit, de mon point de vue, le pouvoir des maires. Ainsi, ceux-ci ne pourront plus émettre qu’un avis simple sur la vente de logements HLM. »
« Je remercie Mme la rapporteure et M. le ministre d’avoir entendu notre demande. Il se trouve que c’est ici qu’elle intervient, et c’est tant mieux, parce que c’est important. Hélas ! monsieur Peu, une loi absconse de la précédente législature m’interdit d’exercer les fonctions d’officier d’état civil : je ne pourrai donc pas vous marier avec M. Vercamer – nonobstant la loi sur le mariage pour tous. Nous ne livrons pas, pour notre part, de bataille pour les noms ; ce n’est pas dans notre culture. Francis Vercamer a fait un certain travail, et l’Assemblée nationale dans son ensemble s’honorera à améliorer, ou plutôt à éviter de dégrader, la loi actuelle. C’est ce qui compte pour notre groupe. »
« Je voudrais profiter de l’occasion pour dire un mot sur le droit d’amendement. C’est un droit essentiel ; qu’on veuille le remettre en cause à l’occasion d’une réforme constitutionnelle, quelle qu’elle soit, cela mérite une attention particulière. Je rappelle qu’il est arrivé que des amendements changent le cours de l’histoire : aux États-Unis, c’est par un amendement que l’esclavage a été aboli. Ce sont des moments très importants. Je regrette que l’on nous ait dit tout à l’heure – ce n’est pas le ministre que je vise – que nous avions tellement discuté, voire blablaté au sein des commissions qu’on pouvait se permettre de répondre de manière lapidaire dans l’hémicycle. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« La liste des charges récupérables est fixée, pour les logements des organismes HLM, par le décret du 9 novembre 1982. L’article L.442-3 du code de la construction et de l’habitation prévoit qu’il peut y être dérogé par accords collectifs locaux portant sur l’amélioration de la sécurité ou la prise e… »
« Ces amendements portent en effet sur le décret du 9 novembre 1982 fixant la liste des charges récupérables dont nous avons parlé juste avant la levée de séance de cet après-midi. Compte tenu de ce que nous avons dit à ce moment-là, je propose à leurs auteurs de les retirer. »
« Messieurs les ministres, j’aurais aimé soutenir ces amendements avant le dîner, afin qu’ils vous donnent un sujet de conversation : la métropole du Grand Paris. »
« Vous savez, madame la députée, que le Gouvernement est là pour vous aider et pour aider tous nos concitoyens. Vous voulez supprimer les établissements publics territoriaux, les EPT, mais d’autres les ont créés et ils font actuellement l’objet d’une réflexion. Nous travaillons en effet sur ce sujet. »
« Il est très important. Avant d’essuyer des critiques à son sujet, je suis d’accord avec vous, monsieur le ministre : il aurait davantage sa place dans un projet de loi de finances. »
« Disons qu’il est défendu, puisque je ne dispose pas d’assez de temps de parole pour le faire. La démocratie parlementaire fait que l’on ne peut même pas défendre les amendements de suppression ! »
« Écoutez mes arguments, vous répondrez ensuite, chers collègues. (Les exclamations se poursuivent.) Eh oui ! Il faut parfois savoir entendre la vérité ! »
« Cet amendement, déposé par mon collègue Mohamed Laqhila, vise à renforcer la protection du bail mobilité pour les locataires, qui disposent souvent de moyens extrêmement faibles. »
« Je remercie les orateurs inscrits dans un groupe politique d’avoir demandé du temps supplémentaire après le dépôt hors délai de l’amendement du Gouvernement. Ils permettent ainsi aux députés non inscrits de s’exprimer. Le bail mobilité est un élément important du texte. »