Amendement de Mme Panot (FI) · après art. 46

91 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 54 voix non atteint. 4 abstentions.
NetClivage gauche-droite
Participation 19 %

Amendement n° 2331 · APRÈS ART. 46, déposé par Mme Panot FI +16 cosignataires.

L'essentiel : Le taux minimal de logements sociaux imposé aux communes par la loi SRU, aujourd’hui de 25 %, aurait été relevé à 30 % par Mme Panot dans les villes où la demande de logement abordable le justifie.

Texte exact de l'amendement

« 1° A Au I de l’article L. 302‑5 du code de la construction et de l'habitation, le taux « 25 % » est remplacé par le taux : « 30 % ». »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement nous proposons d’augmenter le taux de logements sociaux dans les villes où le besoin de la population le rend nécessaire à 30 %. La loi Duflot a fait passer ce taux de 20 à 25 % en 2013. Il est nécessaire de rehausser cette ambition à la hauteur de la demande de logement à prix abordable en France. Nous sommes convaincus que le développement du logement social est le meilleur moyen de répondre à cette demande. Au lieu de le mettre en péril en réduisant ses ressources lors du projet de loi de finances 2018, et en organisant sa marchandisation avec ce projet de loi, il faut le renforcer. Avoir un logement est un droit qui n’est pas respecté par la loi du marché. Nous proposons donc de développer le logement social en rehaussant le pourcentage de logements sociaux dans les villes où la population en a besoin.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 4 avril 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 25 juillet 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 20 septembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 3 octobre 2018 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 16 octobre 2018 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 15 novembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi crée deux outils d'aménagement dans le code de l'urbanisme, le projet partenarial d'aménagement et la grande opération d'urbanisme, et réécrit le régime des opérations d'intérêt national. Il associe les opérateurs de ces grandes opérations et des opérations d'intérêt national aux procédures d'élaboration des documents d'urbanisme et modifie les modalités de concertation préalable. Ses articles suivants simplifient les procédures de participation du public et les autorisations applicables aux opérations d'aménagement, et accélèrent la libération du foncier public en agissant sur la procédure de décote permettant à l'État et à ses établissements publics de céder des terrains. Il développe l'intervention de la Foncière publique solidaire, créée par la loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain, et étend aux établissements publics territoriaux du Grand Paris la possibilité de créer des zones d'aménagement différé. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30NGdivisé47MODEM313LREM32UDI102LR20NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise400
Gauche démocrate et républicaine003
Nouvelle Gauche220
Mouvement Démocrate et apparentés0110
La République en Marche0710
UDI, Agir et Indépendants011
Les Républicains0150
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2331 en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Muriel Ressiguier FI
« L’augmentation du nombre de logements sociaux en France est une priorité. Aujourd’hui, plus de 9 millions de Français – ce qui correspond à 14,5 % de la population – vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 008 euros par mois. Les chiffres du mal-logement sont tout aussi préoccupants : d’après la 23 e édition du rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, ce sont près de 4 millions de personnes qui sont mal logées ou privées de domicile, et la crise du logement toucherait au total près de 15 millions de personnes à un titre ou à un autre. »
Mme Christelle Dubos (rapporteure)
« Concernant l’amendement n o 786, je rappelle qu’il n’est pas question de diminuer le niveau des obligations SRU, de réduire l’ambition ou l’équilibre d’un dispositif qui a fait la preuve de son efficacité en soutenant depuis plus de quinze ans la production de logements à destination des ménages modestes. La loi SRU prévoit déjà, outre le taux de 25 %, un taux de 20 % pour les communes qui ne font pas l’objet d’une forte tension en termes de demande de logement social. L’avis est défavorable. […] …pour les communes où la demande est la plus forte. Imposer un taux de 30 % en 2025 serait inatteignable. L’avis est donc, ici aussi, défavorable. »
M. Jacques Mézard (ministre)
« Vous êtes saisis, mesdames et messieurs les députés, d’un amendement qui propose de faire passer le taux de 25 à 20 %, et d’un autre qui propose de le passer de 25 à 30 %. En émettant un avis défavorable sur les deux amendements, le Gouvernement vous propose de rester au point d’équilibre existant. Je rappellerai à M. de La Verpillière un autre exemple que le sien – sans pour ma part citer de nom – : je connais le cas d’une commune où la pénalité est passée à 200 %. Pour que le préfet en vienne à proposer une telle majoration, c’est que cette commune n’a vraiment pas fait un effort considérable. »
M. Guy Teissier LR
« Monsieur le ministre, vous rendez un jugement à la Salomon puisque, entre 20 % et 30 %, vous choisissez le milieu et dites que 25 % est le bon chiffre. Mais je vais apporter de l’eau au moulin de Charles de La Verpillière en prenant deux exemples dans ma bonne ville de Marseille et ses alentours. J’ai présidé la communauté urbaine, et je peux en parler en connaissance de cause. Le premier concerne la commune du Rove, communiste depuis des dizaines d’années, et qui, ceinturée par la colline du Rove et par la route nationale, ne peut plus construire de logements sociaux mais doit payer des pénalités et en paiera même de plus en plus lourdes au fil du temps si vous augmentez le pourcentage. »
M. Joaquim Pueyo SOC
« Pour ma part, je soutiens les déclarations du Gouvernement. Je crois qu’il faut maintenir les 25 %. Certes, on peut toujours trouver des contre-exemples, mais il y a aussi des exemples de communes qui ont du foncier constructible et qui ne veulent pas accueillir des logements sociaux. […] Et ils sont fort nombreux. J’ai été maire d’une commune de près de 30 000 habitants et président d’une communauté urbaine. Or, à l’occasion du programme local d’habitat, qui est du ressort de l’agglomération, j’ai constaté que certaines communes ne souhaitaient pas en accueillir et ont résisté jusqu’au bout, alors même que la mixité était une obligation dans le cadre de la rénovation urbaine. »
M. Luc Carvounas SOC
« Je voterai contre l’amendement défendu par Charles de la Verpillière, pour deux raisons. D’une part, chaque fois qu’il est question de logement, les membres du groupe LR ont coutume de sortir par la porte pour revenir par la fenêtre et remettre en cause non pas un « jugement de Salomon », selon l’expression de l’un d’eux, mais ce qui s’appelle la loi. Or la loi a porté le niveau de logement social à 25 % D’autre part, je connais la ritournelle : « On n’a pas de place pour construire du logement social ! Comment peut faire le maire ? On va le pénaliser, endetter sa commune et ses habitants. »

15 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Julien Aubert LR
« Depuis le début de l’examen de ce projet de loi ELAN, plusieurs amendements sont venus assouplir la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, la fameuse loi SRU. »
Mme Christelle Dubos (rapporteure de la commission des affaires économiques)
« Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, ce sera un avis défavorable. La loi SRU est une loi efficace qui a permis à la fois de construire du logement social et d’en rééquilibrer l’implantation entre les territoires. »
M. Jacques Mézard (ministre de la cohésion des territoires)
« Avis défavorable également. En supprimant son article 55, vous voulez purement et simplement supprimer la loi SRU. Toutes les opinions sont respectables, mais ce n’est absolument pas celle du Gouvernement. »
M. Stéphane Peu GDR
« Je me suis suffisamment exprimé pour dire tout le bien que je pensais de la loi SRU. J’estime qu’il faut la conforter dans son esprit et dans sa lettre ; par conséquent, tout ce qui, dans ce projet de loi, en diminue l’impact me semble relever d’une mauvaise décision. »
M. Éric Pauget LR
« Je tiens à revenir sur les propos tenus hier soir par M. le secrétaire d’État auprès du ministre de la cohésion des territoires, Julien Denormandie. »
M. Jean-Paul Mattei MODEM
« J’ai vocation non pas à diriger la France, mais à être un législateur, donc à me prononcer sur l’article 46. Je n’ai pas l’intention, en votant en faveur de l’article 46, ce que le groupe MODEM fera, de remettre en cause la loi SRU. »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Le seuil de logements sociaux prévu par la loi SRU ne comprend pas les logements intermédiaires, catégorie définie à l’article 279-0- bis A du code général des impôts. Par cet amendement, nous proposons de les prendre en compte pour le calcul du taux fixé à l’article L. »

Pour aller plus loin

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