Amendement de Mme Florence Goulet et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · art. 1ER D

73 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 54 voix non atteint. 5 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 19 %

Amendement n° 558 · ART. 1ER D, déposé par Mme Florence Goulet et les membres du groupe Rassemblement National RN.

L'essentiel : Le groupe Rassemblement National souhaitait que le rapport demandé au Gouvernement mesure aussi l’impact financier de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) sur les comptes d’EDF.

Texte exact de l'amendement

À l’alinéa 2, après le mot : « France, », insérer les mots : « notamment l’impact financier du mécanisme d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique sur ses comptes, ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le présent amendement vise à évaluer précisément le poids que fait peser l'ARENH sur les comptes d'EDF. Le dépérissement de la filière nucléaire ne résulte pas seulement de choix idéologiques douteux mais aussi de la perte de l’avantage compétitif dont bénéficiaient les Français grâce à l’extraordinaire rentabilité de cette même filière. Il y a tout lieu de croire que l'ARENH n’ est pas étranger à l’endettement actuel d’Électricité de France pour une somme de 64,5 milliards d’euros, ni aux pertes historiques que l’entreprise a essuyées en 2022 pour un montant de 17,9 milliards d’euros. L’objectif poursuivi par le présent projet de loi, à savoir de faciliter la création de nouveaux réacteurs, implique d’étudier les moyens de lever les obstacles juridiques à ce que lesdits réacteurs retrouvent leur rentabilité financière.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 2 novembre 2022 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 24 janvier 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 9 mai 2023 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 16 mai 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 21 juin 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

L'article 1er délimite le champ du texte : les projets de réacteurs électronucléaires, y compris les petits réacteurs modulaires, dont l'implantation est envisagée à proximité immédiate ou à l'intérieur du périmètre d'une installation nucléaire de base existante mentionnée à l'article L. 593-2 du code de l'environnement. L'article 2 prévoit que la qualification de projet d'intérêt général, en application de l'article L. 102-1 du code de l'urbanisme, de la construction d'un tel réacteur ou d'une installation d'entreposage de combustibles nucléaires est décidée par décret en Conseil d'État. Les articles 3 et 4 adaptent les règles d'utilisation des sols et d'implantation applicables à ces constructions ainsi que l'autorisation environnementale requise pour la création du réacteur et des équipements et installations nécessaires à son exploitation. L'article 1er A abroge le 5° du I de l'article L. 100-4 du code de l'énergie, l'article 1er B ajoute aux objectifs de la politique énergétique la poursuite d'un effort de recherche et d'innovation en direction de l'énergie nucléaire et de l'hydrogène bas-carbone, et l'article 1er C remplace, au 4° du I de l'article L. 100-1 A, le mot « diversification » par le mot « décarbonation ». L'article 1er D prévoit la remise au Parlement, avant le dépôt du projet de loi prévu au I de l'article L. 100-1 A du code de l'énergie, d'un rapport évaluant l'impact de la construction de quatorze réacteurs pressurisés européens.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Supprimer l'objectif de 50 % de nucléaire en 2035 Adopté

    L'article 1er retire du code de l'énergie l'objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % de la production d'électricité d'ici 2035, fixé par la loi de transition énergétique de 2015, et lève le plafond de capacité nucléaire installée (ajouts issus du Sénat).

  • Procédures accélérées pour bâtir près des sites existants Adopté

    Le texte instaure, pour vingt ans, des procédures d'urbanisme et environnementales dérogatoires pour les réacteurs construits à proximité immédiate d'installations nucléaires existantes.

  • Aggraver les sanctions pénales en cas d'intrusion dans une centrale Censuré

    L'article 26 durcissait les peines encourues en cas d'intrusion sans autorisation dans une installation nucléaire.

    Censuré par le Conseil constitutionnel comme « cavalier législatif », c'est-à-dire adopté sans lien suffisant avec le texte initial (décision n° 2023-851 DC du 21 juin 2023).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
74LFI22GDR22EcoS31SOC20LIOT51DEM170RE29HOR61LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale001
Gauche démocrate et républicaine - NUPES000
Écologiste - NUPES0100
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)130
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires010
Démocrate (MoDem et Indépendants)090
Renaissance0510
Horizons et apparentés070
Les Républicains014
Rassemblement National2300
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 558 en séance (Accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires et fonctionnement des installations existantes), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Florence Goulet RN
« L’amendement vise à évaluer précisément le poids que fait peser l’Arenh sur les comptes d’EDF. Le mécanisme de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique a eu pour conséquences paradoxales un enchérissement considérable des prix de l’électricité et des pertes financières effrayantes pour l’opérateur naturel du réseau électrique français. Cette double sanction pour le portefeuille des Français est un véritable exploit. S’il y a quelque chose d’historique dans cette affaire, c’est cette incroyable erreur de jugement qui a mené au fait que l’énergie la plus économique à produire et la plus propre du monde revient aussi cher que les plus onéreuses et les plus polluantes. »
M. Jean-Philippe Tanguy RN
« Écoutez, sincèrement, votre argumentation est un peu légère. Lors des auditions menées par la commission d’enquête – je parle sous le contrôle de son rapporteur, car je ne voudrais pas faire erreur, mais je pense qu’il le confirmera –, j’ai, plusieurs fois, au nom du groupe Rassemblement national, demandé aux différents PDG d’EDF et à d’autres acteurs économiques quel coût avait représenté l’Arenh depuis dix ans pour EDF. Personne n’a répondu ; ils ont tous botté en touche. Parmi les personnes que la commission a auditionnées, cela semble n’être un sujet de préoccupation que pour les syndicalistes. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires et fonctionnement des installations existantes), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Agnès Pannier-Runacher (ministre de la transition énergétique)
« Après la promulgation, vendredi, de la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, voici venu le temps de vous prononcer sur le deuxième pilier de la stratégie du Gouvernement en matière de transition énergétique, consacré à la relance de notre filière nucléaire. »
Mme Maud Bregeon (rapporteure de la commission des affaires économiques)
« Il y a un peu plus d’un an, le discours de Belfort du Président de la République dressait les ambitions de la majorité présidentielle en matière de nucléaire. L’heure est venue de concrétiser ensemble ces engagements en actes. »
M. Guillaume Kasbarian (président de la commission des affaires économiques)
« Depuis 2017, notre majorité agit pour renouer durablement avec la croissance, le plein emploi et la réindustrialisation du pays. Pour atteindre ces objectifs économiques, la mère des batailles, c’est celle de l’énergie. »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Jamais, depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, les enjeux énergétiques n’auront pris une place si importante dans le débat public et le quotidien de nos concitoyens : des enjeux de sobriété et de décarbonation pour faire face aux défis de la transition écologique et de l’adaptation au changeme… »
Mme Julie Laernoes ECOS
« Nous contestons fortement l’opportunité de ce projet de loi car il va bien au-delà de son objet initial. En maintenant la suppression de nos objectifs de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, et en y inscrivant votre volonté de construire quatorze EPR, vous foulez du pied vos en… »
M. Nicolas Dragon RN
« Avec 220 000 emplois, la filière nucléaire constitue la troisième industrie française, derrière l’aviation et l’automobile. En matière énergétique, elle a contribué pendant des décennies à notre indépendance nationale. »
Mme Louise Morel DEM
« Encore une fois déposée par nos collègues de la NUPES, cette motion de rejet ne nous surprend pas, quand bien même elle constitue un nouveau déni de réalité. »
M. Xavier Albertini HOR
« Le projet de loi relatif à l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes constitue l’un des principaux piliers de l’évolution de la stratégie énergétique français… »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Évoquer la question du nucléaire français, c’est parler d’une vision mais aussi d’un fiasco. En cela, vous avez raison, madame la rapporteure, quand vous soutenez en commission que « ce n’est pas en se refilant la patate chaude concernant l’état de la filière qu’on fera avancer le débat ». »

Pour aller plus loin

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