Amendement de Mme Trouvé (LFI-NUPES) · après art. 1er

58 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 59 voix non atteint. 1 abstention.
Disputé
Participation 20 %

Amendement n° 275 · APRÈS ART. PREMIER, déposé par Mme Trouvé LFI-NUPES +74 cosignataires.

L'essentiel : Dans les branches dont le salaire minimum conventionnel reste inférieur au SMIC, cet amendement voulait ouvrir avant le 1er septembre 2023 une négociation pour examiner la nécessité de réviser ces minima.

Texte exact de l'amendement

Une négociation en vue de l’examen de la nécessité de réviser les minimas conventionnels est ouverte avant le 1 er septembre 2023 au sein des branches présentant un salaire minimum national professionnel inférieur au salaire minimum interprofessionnel.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, nous proposons de compléter la négociation ouverte sur la révision des classifications par une révision des grilles pour toutes les branches dont les minimas conventionnels demeurent inférieures au SMIC. D’après les dernières données communiquées par le ministère du Travail le mercredi 23 mars, sur les 171 branches suivies par le Gouvernement, 86 ont toujours des minimas conventionnels au-dessous du SMIC. Près d'un an après la loi pouvoir d'achat, seul un tiers des branches concernées ont révisé leurs minimas conventionnels. En proposant l'ouverture de négociations dans les branches non conformes d'ici le premier septembre, nous proposons d'inciter une révision rapide et massive de l'ensemble des branches concernées.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 24 mai 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 17 octobre 2023 1re lecture Sénat Modifié
  3. 16 novembre 2023 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 22 novembre 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté

Ce que change ce texte

Le projet de loi transpose l'accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l'entreprise. Il oblige les branches qui n'ont pas examiné leurs classifications depuis plus de cinq ans à le faire d'ici la fin de 2023, facilite par la négociation collective le recours à la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés qui n'y sont pas soumises et généralise les dispositifs de partage de la valeur dans celles d'au moins 11 et de moins de 50 salariés non couvertes par cette obligation. Il assouplit les règles de franchissement du seuil de 50 salariés qui rend la participation obligatoire et prévoit une meilleure prise en compte des bénéfices exceptionnels. Il inscrit la prime de partage de la valeur dans le champ de l'épargne salariale, autorise le versement de deux primes au plus par année dans la limite du plafond total, prolonge le régime fiscal et social temporaire applicable aux plus petites entreprises et crée un plan de partage de la valorisation de l'entreprise, avec les coordinations nécessaires pour le placement de ces sommes sur les plans d'épargne salariale et d'épargne retraite. L'exposé des motifs indique que le complément de rémunération dégagé par l'ensemble de ces dispositifs s'est établi en moyenne à 2 440 euros par salarié bénéficiaire en 2020.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Obligation de partage de la valeur pour les PME rentables Adopté

    Les entreprises de 11 à 49 salariés non déjà soumises à la participation, qui réalisent un bénéfice net fiscal d'au moins 1 % du chiffre d'affaires pendant trois exercices consécutifs, doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur (participation, intéressement, prime de partage de la valeur ou abondement). Dispositif obligatoire, à titre expérimental pendant cinq ans à compter du 29 novembre 2023.

    En vigueur (texte non soumis au Conseil constitutionnel).

  • Prime de partage de la valeur (PPV) assouplie Adopté

    La PPV peut être versée en deux fois par an et bénéficie d'exonérations dans la limite de 3 000 euros (6 000 euros en présence d'un accord d'intéressement ou de participation) ; elle peut être placée sur un plan d'épargne salariale.

    En vigueur.

  • Plan de partage de la valorisation de l'entreprise (PPVE) Adopté

    Nouveau dispositif permettant de verser aux salariés une prime liée à l'augmentation de la valeur de l'entreprise appréciée sur trois ans.

    En vigueur.

  • Assouplissements de l'épargne salariale Adopté

    Diverses mesures facilitent l'intéressement, la participation et l'orientation de l'épargne salariale, pour élargir la diffusion de ces dispositifs.

    En vigueur.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM171RE29HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale2600
Gauche démocrate et républicaine - NUPES000
Écologiste - NUPES400
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)100
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)090
Renaissance0460
Horizons et apparentés080
Les Républicains051
Rassemblement National1800
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 275 en séance (Partage de la valeur au sein de l’entreprise), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Adrien Quatennens LFI
« Nous l’avons répété à de multiples reprises depuis le début de nos débats, avec un Smic, on ne vit pas correctement. Nous avons aussi beaucoup parlé des nombreuses branches au sein desquelles les minima conventionnels demeurent même inférieurs au Smic. En effet, près d’un an après l’adoption de la loi d’août 2022 sur le pouvoir d’achat, seul un tiers des branches concernées ont révisé leurs minima conventionnels. »
M. Louis Margueritte (rapporteur)
« Il est défavorable pour les raisons que j’ai énoncées lors de la discussion d’amendements précédents. Cet amendement est rédigé un peu différemment, en des termes assez généraux, mais je répète que des négociations ont bien été lancées dans les quarante-cinq jours ayant suivi l’augmentation du Smic, en mai dernier. Pour répondre à une interpellation, je précise que ces négociations ne sont pas « censées » avoir lieu : elles doivent se tenir et sont réellement en cours. »
M. Louis Boyard LFI
« Jérôme Guedj a très justement dit qu’il y a là un débat politique et moral. Rien ne peut justifier qu’un patron gagne cent fois plus que le salarié situé au plus bas de l’échelle de l’entreprise et c’est particulièrement injuste et immoral dans un pays où, d’après une étude récente, près de 10 millions de personnes ont faim. Il faut en tenir compte : nous examinons ce projet de loi dans un contexte où des millions de nos compatriotes ont faim et peinent à nourrir leurs gosses : j’en croise tous les jours dans ma circonscription. […] …vous êtes tenu de répondre aux questions des membres de l’Assemblée nationale. Quand allez-vous donc sortir de l’inaction et que comptez-vous faire urgemment ? »
M. Olivier Dussopt (ministre)
« Il se trouve que j’ai déjà répondu à cette question. Si M. Boyard avait été attentif, il aurait entendu ma réponse. […] Pour ce qui concerne l’Assemblée nationale, j’ai la chance d’y siéger depuis 2007. Je l’ai toujours fait en pleine possession de mes moyens… […] …et en sachant exactement ce que je répondais, à qui, quand et comment. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Partage de la valeur au sein de l’entreprise), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Olivier Dussopt (ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion)
« Au mois de septembre dernier, j’ai saisi les partenaires sociaux en leur demandant d’ouvrir une négociation interprofessionnelle sur le partage de la valeur au sein de l’entreprise. »
M. Louis Margueritte (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« « Je rêve d’un pays où l’on se parle à nouveau », déclarait le Premier ministre Michel Rocard à cette même tribune, le 29 juin 1988, lors de son discours de politique générale. »
M. Matthias Tavel LFI
« Commençons par dissiper l’enfumage. Il y a quelques instants, M. le ministre s’est gargarisé à cette tribune, vantant la démocratie sociale, qui permet que soit conclu un accord national interprofessionnel comme celui du 10 février, dont traite ce projet de loi. »
M. François Gernigon HOR
« Le texte qui appelle notre présence aujourd’hui n’est ni plus ni moins qu’une démonstration que la démocratie sociale fonctionne en France,… »
Mme Eva Sas ECOS
« Et pourtant, rien ne figure à ce sujet dans le texte. Bien au contraire, vous développez toutes les solutions alternatives possibles pour freiner les hausses de salaires. »
M. Frédéric Cabrolier RN
« Le présent projet de loi transpose quinze des trente-six articles de l’accord national interprofessionnel voté en février dernier, ce qui permet de développer un peu plus les dispositifs en vigueur au profit des salariés. »
M. Stéphane Viry LR
« Il était temps que l’Assemblée nationale se saisisse de la question du partage de la valeur dans l’entreprise. En effet, le rapport de la mission d’information présenté en avril dernier montre les carences du droit en vigueur et la nécessité de l’aménager. »
M. Jérôme Guedj SOC
« Il y a une contradiction à, d’un côté, vanter les vertus du dialogue social et, de l’autre, comme vient de le faire à l’instant Bruno Millienne, à stigmatiser un des partenaires sociaux pour avoir refusé de signer l’accord C’est en effet le propre du dialogue social de ne pas toujours aboutir. »
Mme Anne Bergantz DEM
« Une entreprise repose sur une idée, un projet et des espérances. Le but premier de l’immense majorité des chefs d’entreprise n’est pas d’exploiter leurs salariés, mais de faire marcher leur entreprise et de concrétiser leur idée. (M. Matthias Tavel s’exclame.) »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue