Amendement de M. Dharréville · art. 1er

Proposition de loi Droit du travail Initiative parlementaire
54 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 38 voix franchi.
Très serré
Participation 13 %

Amendement n° 70 · ART. PREMIER, déposé par M. Dharréville +21 cosignataires.

L'essentiel : Les contrats pluriannuels de développement de la médiation sociale devront préciser le nombre et la nature des recrutements, les qualifications requises et un plan de formation par type et niveau de qualification des médiateurs sociaux.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 15, insérer l’alinéa suivant : « Ces contrats déterminent le nombre et la nature des recrutements envisagés, les qualifications requises et un plan de formation par type et niveau de qualification des médiateurs sociaux. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à inscrire la formation qualifiante aux métiers de la médiation sociale dans les contrats pluriannuels de développement territorial.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 mai 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 29 janvier 2024 1re lecture Assemblée Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte propose de reconnaître officiellement les métiers de la médiation sociale en les intégrant dans le code de l’action sociale et des familles, en définissant leur rôle comme processus de création et de réparation du lien social. Il modifie également le code du travail pour inclure les actions de médiation sociale dans les dispositifs visant à améliorer les relations entre les habitants et les institutions dans les territoires prioritaires. Enfin, il prévoit une compensation financière pour les collectivités territoriales, via une majoration de leur dotation de fonctionnement et une taxe additionnelle sur les tabacs, afin de soutenir l’extension de ces métiers.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC22LIOT51DEM170RE28HOR62LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1100
Gauche démocrate et républicaine - NUPES100
Écologiste - NUPES500
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)400
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Démocrate (MoDem et Indépendants)050
Renaissance0270
Horizons et apparentés020
Les Républicains100
Rassemblement National1600
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 70 en séance (Reconnaissance des métiers de la médiation sociale), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Yannick Monnet GDR
« Le débat qui vient d’avoir lieu est bizarre, car on sent bien l’opportunité de faire croire qu’on s’intéresse à certains territoires. Pourtant, ce qui compte, c’est le lieu de vie de la personne auprès de qui on fait de la médiation : il y a des ruraux qui viennent en ville et vice-versa. L’entrée territoriale ne me semble donc pas être la plus pertinente. Actuellement, seuls 18 % des professionnels de la médiation sociale sont diplômés. Dans votre proposition de loi, vous prévoyez un référentiel de formation pour les seules personnes morales et une obligation de formation dans l’année qui suit l’embauche d’un médiateur. »
M. Patrick Vignal (rapporteur)
« Monsieur le député anciennement maire, vous savez, je suis d’une ville minérale, Montpellier, j’ai beaucoup travaillé sur les quartiers populaires, et il est vrai que je me demandais si dans un petit village on avait besoin de médiation. Quand je me suis rendu à Divion, le maire m’a adressé ces mots forts : si je n’avais pas mon médiateur – je pense que Yassine, le médiateur en question, est dans les tribunes – et ma Maison des projets, je ne sais pas comment je ferais société dans ma commune. […] C’est la plus belle réponse que j’ai entendue au cours de l’élaboration du rapport, monsieur Minot. Monsieur Monnet, je comprends vos interrogations, et je vous ferai une confidence : j’ai besoin d… »
Mme Catherine Vautrin (ministre)
« Le Gouvernement a le même avis, car les dispositions proposées à l’article L. 481-4-1 du code de l’action sociale et des familles permettent de garantir que les médiateurs sociaux soient formés – dans le respect de ce qu’ils font déjà au quotidien, mais aussi dans la perspective de leurs évolutions de carrière. En ce qui concerne l’attractivité de ces métiers, je vous concède volontiers que la rémunération est importante ; mais la capacité à évoluer l’est également. La formation rend possible cette évolution. C’est pourquoi je suis défavorable à cet amendement. »
M. Yannick Monnet GDR
« Madame la ministre, j’ignore si vous avez lu mon amendement. Si on veut de la promotion professionnelle, inscrivons une obligation de formation. Sans formation, quelles perspectives professionnelles peut-on avoir ? Je ne remets pas en cause ce qui s’est fait ; c’est une exigence, dans le cadre de contrats pluriannuels. Si on n’exige rien, c’est le plus offrant qui va l’emporter… […] … et le moins disant ! Quand on organise la précarité des métiers du social, on nuit à la nature même de ce travail. »
M. Patrick Vignal (rapporteur)
« Nous en avons longuement discuté avec les associations de médiation. Dans l’acte II, nous voulons faire des passerelles. J’estime qu’un médiateur qui a passé dix ou quinze ans dans un territoire difficile a le droit d’avoir une vie différente. Nous voulons contractualiser avec le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), afin qu’il y ait des évolutions dans le métier de médiateur social et des passerelles vers la fonction publique. Vous le voyez, nous sommes ambitieux et exigeants. Vous êtes un élu de terrain, accompagnez-moi donc pour négocier avec les départements, vous verrez ce que nous sommes capables de faire. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Reconnaissance des métiers de la médiation sociale), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Patrick Vignal (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« Pour Jean Monnet, le plus beau métier du monde est de réunir les hommes. À 2 kilomètres d’ici, un symbole national, la cathédrale Notre-Dame, est rebâti. »
Mme Catherine Vautrin (ministre du travail, de la santé et des solidarités)
« Le ministère du travail, de la santé et des solidarités est avant tout celui des métiers du quotidien, du soin et de la cohésion sociale. Tous les professionnels de ces secteurs ont pour point commun d’avoir fait le choix de l’humain. »
Mme Nicole Dubré-Chirat RE
« Il existe en France des femmes et des hommes dont l’action, trop souvent imperceptible, a pourtant un impact considérable dans le quotidien de nos concitoyens. Lors de nos débats en commission des affaires sociales, nous avons été nombreux à les qualifier d’« invisibles ». »
M. Thibaut François RN
« La présente proposition de loi vise à reconnaître les métiers de la médiation sociale. Ces médiateurs sont essentiels là où l’État continue d’échouer. »
Mme Sophia Chikirou LFI
« Quand vous êtes venu me présenter votre proposition de loi, monsieur le rapporteur, j’ai été surprise : comment un député macroniste, qui soutient l’austérité budgétaire dans tous les services publics, la répression policière contre les jeunes, la baisse des aides personnalisées au logement (APL) et… »
M. Emmanuel Mandon DEM
« « Pour vivre ensemble, il faut faire ensemble ». Cette formule, par laquelle M. le rapporteur a défini l’esprit de la médiation sociale, a inspiré le travail de la commission. »
M. Gérard Leseul SOC
« Les métiers de la médiation sociale sont de plus en plus essentiels dans notre société, aussi saluons-nous l’examen d’une proposition de loi qui vise à mieux en reconnaître les mérites, à en renforcer la formation et à en assurer la structuration et la pérennité. »
M. François Gernigon HOR
« La proposition de loi de notre collègue Patrick Vignal marque un tournant significatif pour les métiers de la médiation sociale, un domaine qui, jusqu’à présent, n’était pas légalement encadré en France. »
Mme Sandrine Rousseau ECOS
« « Il est temps de reconnaître la médiation sociale comme un métier à part entière. » C’est par ce message que plusieurs centaines d’acteurs sociaux et d’élus locaux nous ont alertés sur la nécessité de reconnaître institutionnellement la médiation sociale. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Le secteur de l’intervention sociale a vu se développer, depuis quelques années, de nouveaux métiers comme la médiation sociale, longtemps cantonnée aux fameux grands frères, dans des quartiers pudiquement qualifiés de « difficiles ». »
M. Maxime Minot LR
« Je veux revenir sur l’objet de cette proposition de loi, qui vise à donner un cadre législatif aux métiers de la médiation sociale, dans l’objectif de restaurer le lien social et de gérer les conflits à une échelle adaptée, afin de privilégier le règlement à l’amiable et de réduire le non-recours au… »
M. Yannick Monnet GDR
« S’il est effectivement nécessaire de donner un cadre à la fonction de médiateur social, prenons garde : à vouloir faire le bien, on peut parfois faire du mal. Je le dis après avoir écouté les différentes interventions : les médiateurs sociaux n’ont pas vocation à réparer la société. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue