Amendement de M. Bernalicis (FI) · art. 1er

87 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 61 voix non atteint. 1 abstention.
NetClivage gauche-droite
Participation 21 %

Amendement n° 247 · ART. PREMIER, déposé par M. Bernalicis FI +16 cosignataires.

L'essentiel : M. Bernalicis proposait de retirer la possibilité, pour des agents de sécurité privée, de participer aux palpations et fouilles dans les périmètres de protection, y voyant une privatisation de missions de police contraire à la Constitution.

Texte exact de l'amendement

Supprimer la dernière phrase de l’alinéa 7.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à supprimer la phrase permettant à des agents de sécurité privée de participer aux mesures de sécurisation des périmètres de protection (y compris palpations et fouilles). Mais surtout, leur intervention dans ce dispositif marque une privatisation des missions de sécurité. Dans une décision n° 2011‑625 DC du 10 mars 2011, le Conseil constitutionnel considère, sur la question de la délégation de missions de police à des sociétés de sécurité privée, qu’est contraire à l’article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen le fait de « déléguer à une personne privée des compétences de police administrative générale inhérentes à l’exercice de la force publique nécessaire à la garantie des droits ». C’est également la position de la jurisprudence administrative qui considère que « l’activité de police administrative ne peut par nature être déléguée ou concédée à une personne privée » (Conseil d’État, 17 juin 1932, Ville de Castelnaudary).

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 22 juin 2017 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 18 juillet 2017 1re lecture Sénat Adopté
  3. 18 octobre 2017 Commission mixte paritaire Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

L'article 1er insère dans le code de la sécurité intérieure un chapitre relatif aux périmètres de protection, institués pour assurer la sécurité d'un lieu ou d'un événement soumis à un risque d'actes de terrorisme à raison de sa nature. L'article 2 permet au représentant de l'État dans le département ou, à Paris, au préfet de police, aux seules fins de prévenir des actes de terrorisme, de prononcer la fermeture de lieux de culte. L'article 4 crée une procédure de visites et de saisies, décidée par le juge des libertés et de la détention sur saisine motivée du représentant de l'État dans le département ou du préfet de police. Ces dispositions, regroupées dans les chapitres VIII et IX du titre II du livre II du même code, ne sont applicables que jusqu'au 31 décembre 2021, le Gouvernement adressant chaque année au Parlement un rapport détaillé sur leur application. Le texte permet en outre aux personnes publiques de confier une action, un projet ou une activité de prévention et de lutte contre la radicalisation à une association ou à une fondation ayant cet objet et remplissant les conditions qu'il pose, et il abroge le II de l'article 17 de la loi n° 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM313LREM35LC100LR18NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise900
Gauche démocrate et républicaine600
Nouvelle Gauche020
Mouvement Démocrate et apparentés0110
La République en Marche0690
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants010
Les Républicains0180
Non inscrit041
Mises au point de vote 2

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

  • Francis Vercamer LC Vote enregistré Contre Position déclarée ne pas prendre part au vote

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

  • Meyer Habib UDI Vote enregistré aucun Position déclarée voter contre

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 247 en séance (Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Danièle Obono FI
« Le présent amendement tend à la suppression de l’alinéa 7, qui entraîne une privatisation d’un domaine régalien extrêmement structurant de la République. Cela non seulement ne permet pas la prévention des actes de terrorisme, mais traduit même l’impuissance qui est la nôtre à répondre aux besoins des forces de police. Doter les agents de sécurité privés des mêmes prérogatives, ou presque, que celles de la police nationale, c’est ne pas répondre à la nécessité de sécurité. En effet, ces agents de sécurité privés, par définition, ne reçoivent pas la même formation, n’ont pas la même déontologie et ne sont pas soumis aux mêmes règles que la police nationale. »
M. Raphaël Gauvain (rapporteur)
« Il est défavorable. Contrairement à ce que vous exposez, il n’est absolument pas question, dans le cadre de l’article 1 er , de privatiser la sécurité. Vous l’avez rappelé, ce serait évidemment inconstitutionnel. La présence d’agents de sécurité privés est tout à fait indispensable pour ce type d’événements, on l’a vu dans le cadre de nos auditions. D’ailleurs, elle est déjà prévue par le droit commun. Je vous renvoie aux articles L. 613-2 et L. 613-3, qui autorisent les agents de sécurité privés à procéder à des palpations de sécurité. »
M. Gérard Collomb (ministre d’État)
« Le Gouvernement a annoncé qu’il allait renforcer les moyens humains en matière de sécurité, mais ces recrutements ne seront pas d’un ordre comparable au nombre qui est aujourd’hui celui des ADS en France – 130 000. S’il faut attendre que l’on embauche 130 000 personnes pour organiser une manifestation sportive, culturelle, sociale en France, alors il n’y en aura plus aucune. »
M. Jean-Michel Fauvergue LREM
« Ces dernières années malheureusement, en raison du danger que l’on sait et de la menace toujours prégnante, de plus en plus d’événements ont été encadrés par des services de sécurité. Cela demande beaucoup plus d’effectifs. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas recruter des policiers et des gendarmes, et d’ailleurs le Gouvernement et le Président s’y sont engagés. Néanmoins je suis assez interloqué d’entendre certains de nos amis réclamer dans cet hémicycle toujours plus de recrutements alors qu’il y a peu de temps, ils étaient plutôt opposés à un État policier. […] La sécurité est une coproduction entre la police, la gendarmerie, les polices municipales et les services de sécurité. Tout à… »
M. Philippe Latombe DEM
« Il faut replacer dans son contexte ce débat que nous avons déjà eu en commission. Ce que vous demandez aujourd’hui revient très clairement à remettre en cause notre mode de vie. C’est remettre en cause toutes les manifestations de l’été, tous les festivals. Il n’est pas possible d’assurer la sécurité de tous les festivals à une même période, sur différents points du territoire avec les seuls effectifs de police. […] Le texte est équilibré. Il dit que les forces de l’ordre peuvent être assistées par des agents qui sont sous l’autorité d’un officier de police judiciaire. »
Mme Danièle Obono FI
« On vient d’entendre une série d’arguments pour le moins contradictoires. D’une part, M. le rapporteur nous explique que le droit commun permet déjà de répondre aux besoins et, d’autre part, M. le ministre reconnaît qu’il y a un problème de recrutement. Discutons de ce problème de recrutement ! Et si notre collègue Fauvergue est surpris de nous entendre défendre les services publics et leur développement, il devrait relire notre programme, notamment le volet consacré à la sécurité. Il est très clair, pour nous, que la sécurité doit être assurée par des services publics soumis au code et dotés d’une déontologie et d’une formation et des moyens nécessaires. »

1 autre prise de parole a suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Gérard Collomb (ministre d’État, ministre de l’intérieur)
« Monsieur le président, madame la présidente de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, monsieur le président de la commission de la défense nationale et des forces armées, monsieur le rapporteur de la commission des lois, monsieu… »
M. Raphaël Gauvain (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Monsieur le président, monsieur le ministre d’État, madame la ministre auprès du ministre d’État, mes chers collègues, notre pays demeure une cible privilégiée du terrorisme. M. »
M. Guillaume Gouffier-Cha (rapporteur pour avis de la commission de la défense nationale et des forces armées)
« Monsieur le président, monsieur le ministre d’État, madame la ministre, mes chers collègues, préalablement à mon propos, je tiens à rendre hommage aux femmes et aux hommes, qu’ils soient militaires, policiers ou gendarmes, qui, au quotidien et bien souvent au risque de leur vie, assurent notre sécur… »
Mme Yaël Braun-Pivet (présidente de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Monsieur le président, monsieur le ministre d’État, madame la ministre, mes chers collègues, depuis 2012, notre pays a été visé par des attaques terroristes inspirées par l’islamisme radical. À chaque fois, cette violence aveugle nous a saisis d’effroi. »
M. Jean-Louis Masson LR
« Monsieur le ministre d’État, votre fougue et votre détermination m’ont impressionné. Vous étiez plus mesuré en commission des lois, pendant les quelque dix-sept heures que vous avez passées avec nous, lors de la présentation de ce texte dont vous êtes l’initiateur et que vous défendez au nom du Gouv… »
Mme Laurence Vichnievsky DEM
« Madame la présidente, monsieur le ministre d’État, mes chers collègues, l’état d’urgence a été déclaré par le Gouvernement, le 14 novembre 2015, à la suite de l’attentat du Bataclan et des fusillades du même jour qui avaient fait 130 morts à Paris ; ce souvenir reste douloureux pour nous tous. »
M. Olivier Dussopt NG
« Madame la présidente, monsieur le ministre d’État, monsieur le rapporteur, cela a déjà été rappelé, notre pays a été frappé par plusieurs actes terroristes ces dernières années, des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012 à l’attaque au couteau contre un militaire de l’opération Sentinelle à l… »
M. Ugo Bernalicis FI
« Madame la présidente, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, je souhaite tout d’abord partager avec vous une pensée pour les victimes, leurs proches, mais aussi pour les policiers, les gendarmes, les magistrats qui concourent jour et… »
M. Stéphane Peu GDR
« Madame la présidente, monsieur le ministre, messieurs les rapporteurs, chers collègues, notre pays vit sous le régime de l’état d’urgence depuis les terribles attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis. »
Mme Marie-France Lorho NI
« Madame la présidente, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission des lois, chers collègues, la France est confrontée à un danger violent : l’islamisme. Un ennemi, autrefois extérieur et circonscrit par des frontières, s’est insinué au cœur de nos métropoles et de nos villages. »

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