Amendement de M. Dussopt · après art. 4 BIS

96 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 64 voix franchi.
NetVote transpartisan
Participation 22 %

Amendement n° 124 · APRÈS ART. 4 BIS, déposé par M. Dussopt +30 cosignataires.

L'essentiel : Un contrôle parlementaire est instauré : l’Assemblée nationale et le Sénat sont informés sans délai des mesures de sécurité prises par l’administration et en reçoivent copie, avec la possibilité de réclamer des informations complémentaires.

Texte exact de l'amendement

Le titre II du livre II du code de la sécurité intérieure est complété par un chapitre X ainsi rédigé : « Chapitre X « Contrôle parlementaire « Art. L. 22-10-1. – L’Assemblée nationale et le Sénat sont informés sans délai des mesures prises par les autorités administratives en application des chapitres VI, VII, VIII et IX du présent titre. Ces autorités administratives leur transmettent sans délai copie de tous les actes qu’elles prennent en application de ces dispositions. L’Assemblée nationale et le Sénat peuvent requérir toute information complémentaire dans le cadre du contrôle et de l’évaluation de ces mesures. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à assurer la pérennité du dispositif de contrôle parlementaire mis en place dans le cadre de l’application de l’état d’urgence. Dans la mesure où les autorités administratives pourront prendre des mesures analogues, la disparation du contrôle parlementaire constituerait un sévère recul démocratique. En effet, le principe du contrôle parlementaire a été introduit dès la mise en œuvre de l’état d’urgence par la loi du 20 novembre 2015. L’intensité de ce contrôle a par la suite été renforcé par la loi du 21 juillet 2016 qui prévoit que les autorités administratives transmettent aux assemblées sans délai copie de tous les actes qu’elles prennent en application de la présente loi. Prenant en considération les craintes exprimées par la majorité en commission des lois, cet amendement restreint explicitement l’obligation de communiquer les actes pris en application des articles 1, 2, 3 et 4 aux seules autorités administratives, à l’exclusion donc des autorités juridictionnelles.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 22 juin 2017 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 18 juillet 2017 1re lecture Sénat Adopté
  3. 18 octobre 2017 Commission mixte paritaire Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

L'article 1er insère dans le code de la sécurité intérieure un chapitre relatif aux périmètres de protection, institués pour assurer la sécurité d'un lieu ou d'un événement soumis à un risque d'actes de terrorisme à raison de sa nature. L'article 2 permet au représentant de l'État dans le département ou, à Paris, au préfet de police, aux seules fins de prévenir des actes de terrorisme, de prononcer la fermeture de lieux de culte. L'article 4 crée une procédure de visites et de saisies, décidée par le juge des libertés et de la détention sur saisine motivée du représentant de l'État dans le département ou du préfet de police. Ces dispositions, regroupées dans les chapitres VIII et IX du titre II du livre II du même code, ne sont applicables que jusqu'au 31 décembre 2021, le Gouvernement adressant chaque année au Parlement un rapport détaillé sur leur application. Le texte permet en outre aux personnes publiques de confier une action, un projet ou une activité de prévention et de lutte contre la radicalisation à une association ou à une fondation ayant cet objet et remplissant les conditions qu'il pose, et il abroge le II de l'article 17 de la loi n° 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM313LREM35LC100LR18NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise500
Gauche démocrate et républicaine100
Nouvelle Gauche700
Mouvement Démocrate et apparentés1600
La République en Marche7450
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants300
Les Républicains1300
Non inscrit200
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 124 en séance (Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Raphaël Gauvain (rapporteur)
« La commission donne un avis favorable à l’amendement n o 124 de M. Dussopt, que je propose de sous-amender. Il y a un consensus pour mettre en place un contrôle parlementaire spécifique, mais nous souhaitons le limiter aux articles 3 et 4, qui concernent les mesures individuelles et les visites domiciliaires, pour lesquelles l’atteinte aux libertés publiques peut être la plus discutée. La commission est donc défavorable à l’adoption de l’amendement n o 303 et favorable à celle de l’amendement n o 124, modifié par les sous-amendements n o 528 et 527 rectifié. »
Mme Jacqueline Gourault (ministre)
« Le Gouvernement est défavorable à l’adoption de l’amendement n o 124, même sous-amendé. En effet, le Parlement dispose sous le régime de l’état d’urgence d’un niveau d’information et de contrôle très élevé, introduit par la loi du 20 novembre 2015 prolongeant l’état d’urgence. Dupliquer un tel contrôle, qui s’applique légitimement pendant la période exceptionnelle de l’état d’urgence, ne nous semble pas se justifier pour des mesures de police administrative de droit commun et serait contraire au principe de la séparation des pouvoirs qu’a évoqué M. Vigier. »
Mme Marie Guévenoux LREM
« La proposition du groupe Nouvelle Gauche, qui satisfait peut-être nos collègues des groupes du MODEM et des Constructifs, instaure un contrôle parlementaire analogue à celui qui a été mis en place pendant l’état d’urgence et va dans le bon sens aux yeux du groupe majoritaire. Le contrôle parlementaire a fait la preuve de son efficacité lors des vingt-trois mois d’état d’urgence. La commission de contrôle s’est réunie plus d’une dizaine de fois pendant cette période et a généré des rapports très complets sur les mesures de l’état d’urgence, ainsi que leur résultat concret. »
M. Olivier Dussopt NG
« Madame la ministre, j’ai entendu votre argumentation et je suis au regret de ne pas la partager ; il y a des sujets sur lesquels nous savons nous retrouver, mais pas sur celui-là. Contrairement à ce que vous avez dit, il est important que le Parlement puisse exercer un contrôle exceptionnel sur des mesures aussi exceptionnelles, et ainsi nourrir le débat lors de la clause de revoyure. […] Par ailleurs, je ne crois pas que mon amendement porte atteinte à la séparation des pouvoirs. Il demande que les actes et les décisions pris par les autorités administratives soient transmis au Parlement, mais à aucun moment il ne parle des autorités judiciaires. »
M. Ugo Bernalicis FI
« Nous allons soutenir l’amendement n o 124 de M. Dussopt, même s’il fait figure à nos yeux de pansement sur une jambe de bois, puisque nous étions opposés aux articles 1 er , 2, 3 et 4. Si nous restons opposés à ces articles, nous préférons néanmoins qu’un contrôle un peu plus strict s’exerce sur leur application, notamment en vue de la clause de revoyure en 2020, à condition que celle-ci soit effectivement maintenue. Tel est notre état d’esprit. En revanche, je ne souscris pas aux sous-amendements du rapporteur. Je ne comprends pas pourquoi on s’attacherait uniquement aux mesures individuelles. »
Mme Cécile Untermaier SOC
« Au nom du groupe Nouvelle Gauche, puisque cet amendement est le résultat d’un travail collectif, je vous exprime notre satisfaction de pouvoir discuter de cette façon dans l’hémicycle avec nos collègues de La République en marche, et sans doute avec Les Républicains et les autres représentants de l’opposition. Il était très important de mettre en place pour la première fois un tel contrôle parlementaire comme nous l’avons fait sous le précédent quinquennat. »

6 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 6 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Constance Le Grip LR
« Cet amendement vise à porter le quantum de peine de dix à quinze ans de détention pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme. »
M. Paul Christophe UDI
« Cet amendement vise à favoriser un traitement médiatique du terrorisme plus responsable, en interdisant – sauf avis de recherche – la diffusion des photographies et de l’identité des personnes poursuivies pour un acte de terrorisme ou ayant été jugées coupables d’un tel acte. »
M. Raphaël Gauvain (rapporteur)
« Avis défavorable. Cette problématique me paraît relever davantage d’une autorégulation par les médias et le Conseil supérieur de l’audiovisuel – CSA. »
Mme Jacqueline Gourault (ministre)
« Sur ce sujet, monsieur Christophe, nous partageons la préoccupation que vous avez exprimée. Il est important que les médias aient une attitude responsable lorsqu’ils traitent des actes de terrorisme – et c’est en très grande majorité le cas. »
M. Bruno Bilde NI
« Cet amendement permet de suspendre le versement des prestations sociales aux ressortissants français ou étrangers partis faire le djihad. En 2014, selon l’ancien ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, 290 djihadistes ont bénéficié du versement du revenu de solidarité active – RSA. »
M. Ugo Bernalicis FI
« J’ai beaucoup aimé le coup de la caissière ! Franchement, ce n’est pas mal ! Sauf que la caissière ne fait pas un contrôle d’identité, elle reporte le numéro de la carte nationale d’identité… Elle ne fait pas un contrôle ! Vous le savez aussi bien que moi ! »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue