L'article unique du projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République fédérale du Nigéria relatif à la coopération en matière de défense et au statut des forces

91 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 11 voix franchi. 2 abstentions.
Quasi unanime
Participation 4 %

Ce que change ce texte

Le texte est un projet de loi d’approbation, déjà adopté par le Sénat et voté sans modification par l’Assemblée, qui le rend définitif (texte adopté n° 253, consulté sur le site de l’Assemblée nationale) : son article unique autorise l’approbation de l’accord entre la France et le Nigéria relatif à la coopération en matière de défense et au statut des forces, signé à Paris le 16 juin 2016. Le Parlement ne peut pas amender l’accord : il l’approuve ou le refuse.

Selon le Gouvernement, l’accord fixe les principes et les domaines de la coopération de défense et crée un Haut comité de défense franco-nigérian. Il couvre juridiquement, de façon réciproque, les militaires de chaque pays présents sur le sol de l’autre : entrée et séjour, port de l’uniforme et des armes, permis de conduire, exonération de droits pour les matériels destinés aux forces, et partage de juridiction en cas d’infraction, le Nigéria appliquant toujours la peine de mort. La coopération porte surtout sur le renseignement, la formation, la sécurité maritime dans le golfe de Guinée et l’enseignement du français aux militaires nigérians.

Le point qui en fixe la portée : d’après le Gouvernement, l’accord ne comporte aucune clause d’assistance de la France au Nigéria en cas d’agression extérieure ou de troubles intérieurs ; la rapporteure le présente comme le premier accord de ce type avec ce pays. Une motion de rejet préalable du groupe Gauche démocrate et républicaine avait été repoussée avant la discussion générale.

Adopté le 29 mars 2019 par 21 voix pour, aucune contre et 2 abstentions, sur 23 votants.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 29 mars 2019 : 21 voix pour, aucune contre, 2 abstentions. Quatre groupes ont voté pour et deux se sont abstenus.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM306LREM29UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise001
Gauche démocrate et républicaine001
Socialistes et apparentés100
Libertés et Territoires100
Mouvement Démocrate et apparentés300
La République en Marche1500
UDI, Agir et Indépendants000
Les Républicains000
Non inscrit100

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3
Amélia LakrafiLREMrapporteure de la commission des affaires étrangères

Constate qu’avant 2014 la coopération de défense avec le Nigéria était quasi inexistante, terrain laissé aux Américains et aux Britanniques : « Il ne s’agit donc pas de refonder, mais de fonder un partenariat de défense avec le Nigéria. » Y voit aussi un enjeu d’influence : « nous devons faire de même en Afrique anglophone. Et c’est ce que nous faisons avec cet accord. »

Répondant à la motion de rejet, rappelle que le Nigéria n’est pas une ancienne colonie française et soutient que l’accord « vise précisément à favoriser une plus grande autonomie des forces africaines et nigérianes en matière de sécurité et de défense, afin qu’elles puissent assurer leur propre sécurité dans leurs territoires ». Annonce le vote de son groupe contre la motion.

Voit dans un pays sans passé colonial avec la France la possibilité de « faire quelque chose de neuf avec ce pays ». Annonce que son groupe votera pour, « tout en restant prudents par rapport à ce cocktail formé par l’armée et des groupes comme Total et Elf ». Il vote pour.

Réserves et nuances, 2

Après avoir défendu la motion de rejet préalable de son groupe, repoussée, annonce l’abstention pour trois raisons : « les violations des droits de l’homme perpétrées par l’armée nigériane », « le doute quant aux réelles motivations qui sous-tendent cet accord, dont nous espérons qu’elles ne se bornent pas à l’exportation d’armes », et la sécurisation des rapports entre les deux armées. Il s’abstient.

Inscrit l’accord dans une politique africaine qu’il juge en échec depuis l’intervention en Libye et réclame un bilan des engagements militaires au Sahel. Conclut : « Il n’est donc pas possible de ratifier cet accord de coopération militaire sans que l’on nous dise clairement que le Gouvernement est prêt à tout revoir. » Il s’abstient lors du scrutin.

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

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Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 3 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Coopération en matière de défense avec le Nigéria), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Geneviève Darrieussecq (secrétaire d’État auprès de la ministre des armées)
« Le Nigéria est le futur géant démographique d’un continent africain qui comptera, à l’horizon 2050, plus de 2,5 milliards d’habitants. Il en est déjà la première puissance économique et se situe à la croisée des enjeux de sécurité régionale. »
Mme Amélia Lakrafi (rapporteure de la commission des affaires étrangères)
« Nous sommes appelés à ratifier un accord de coopération de défense avec le Nigéria, conclu en juin 2016. La secrétaire d’État auprès de la ministre des armées vient de nous rappeler la portée de ce texte, qui fournit un cadre juridique global à notre coopération militaire naissante avec le Nigéria. »
Mme Marielle de Sarnez (présidente de la commission des affaires étrangères)
« Je remercie la rapporteure de la commission des affaires étrangères, Amélia Lakrafi, pour son excellent rapport et son excellente connaissance du pays dont nous parlons, ce qui peut, parfois, être utile. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue