Amendement de M. Aubert · art. 4 QUATER

75 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 12 voix non atteint. 1 abstention.
Majoritaire
Participation 4 %

Amendement n° 632 · ART. 4 QUATER, déposé par M. Aubert +103 cosignataires.

L'essentiel : Le droit de recours contre les parcs éoliens, notamment en mer, aurait conservé un double degré de juridiction avec cet amendement, son auteur refusant de restreindre les voies de contestation qu’il jugeait essentielles à la sécurité juridique.

Texte exact de l'amendement

Rédiger ainsi cet article : « Après l’article L. 311‑1 du code de justice administrative, il est inséré un article L. 311‑1‑1 ainsi rédigé : « Art. L. 311‑1‑1 . – Les tribunaux administratifs sont compétents pour connaître, en premier ressort, des litiges portant sur les décisions, y compris de refus, relatives aux installations de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent classées au titre de l’article L. 511‑2 du code de l’environnement, à leurs ouvrages connexes, ainsi qu’aux ouvrages de raccordement propres au producteur et aux premiers postes du réseau public auxquels ils sont directement raccordés. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet article, adopté en commission, propose de restreindre le droit au recours pour les installations de production d’énergie renouvelable en mer. Cependant, la pertinence du déploiement des parcs éoliens - sur terre ou en mer - tant d’un point de vue économique qu’environnemental fait l’objet de nombreux débats dans un contexte où l’acceptabilité des politiques de transition énergétique n’est pas acquise. Aucune situation particulière inhérente à la filière éolienne française ne justifie la remise en cause du double niveau de juridiction, pour les décisions relatives aux installations d’éoliennes, prise par décret en décembre 2018 - ou de l’accès à une procédure de cassation dans le cas du présent article. Cette remise en cause prive nos concitoyens d’une sécurité juridique pourtant essentielle compte tenu des impacts suspectés de ces installations, y compris sur la santé humaine et la biodiversité. Cet amendement propose donc de supprimer l’article adopté en commission et de revenir à un double degré de juridiction afin que l’objectif de simplification n’affaiblisse pas le principe d’une juste évaluation des projets.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 30 avril 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 28 juin 2019 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 18 juillet 2019 1re lecture Sénat Modifié
  4. 25 juillet 2019 Commission mixte paritaire Accord
  5. 11 septembre 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  6. 26 septembre 2019 Commission mixte paritaire Adopté
  7. 7 novembre 2019 Conseil constitutionnel Conforme avec réserve

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi révise les objectifs de la politique énergétique et climatique et crée un Haut Conseil pour le climat. Il plafonne les émissions des installations de production d'électricité fonctionnant à partir de combustibles fossiles et prévoit des mesures d'accompagnement. Il comporte des mesures de simplification de l'évaluation environnementale applicable aux projets d'énergies renouvelables et un dispositif de lutte contre la fraude aux certificats d'économies d'énergie. Il habilite le Gouvernement à transposer par ordonnance les textes du paquet européen « Une énergie propre pour tous les Européens », modifie la composition du collège de la Commission de régulation de l'énergie et intervient sur l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique. L'extrait des articles est constitué des présentations de chaque mesure et ne restitue pas leur rédaction.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT46MODEM304LREM28UDI104LR15NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise001
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés000
Libertés et Territoires000
Mouvement Démocrate et apparentés020
La République en Marche2160
UDI et Indépendants100
Les Républicains100
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 632 en séance (Énergie et climat), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Julien Aubert LR
« Je suis du même avis que mes collègues. Les tribunaux administratifs ont été créés en 1953 et les cours administratives d’appel en 1987. Revenir à un système fondé sur le seul Conseil d’État nous ramènerait donc à l’organisation juridictionnelle sous Napoléon III : ce n’est pas forcément mon modèle juridictionnel. […] Vous me direz qu’avant les tribunaux administratifs, il existait des conseils de préfecture, institués par une loi du 28 pluviôse an VIII. Vous y revenez, avec d’abord la préfecture puis le Conseil d’État. »
M. Anthony Cellier (rapporteur)
« Je serai bref. Comme vous le savez, le contentieux éolien a été confié en novembre 2018, par décret, aux cours administratives d’appel. Je ne suis pas favorable à votre amendement et ne souhaite pas revenir sur cette disposition, qui me semble la mieux à même d’accélérer le traitement des contentieux relatifs à l’éolien. »
M. François de Rugy (ministre d’État)
« Monsieur le député, vous êtes revenu sur l’amendement précédent, qui avait déjà été rejeté, mais je vais vous répondre très rapidement. Tout d’abord, vous développez un argumentaire contre l’éolien en mer : c’est votre droit, mais vous ne pouvez pas dire des choses fausses ! Le « projet des deux îles », entre l’île d’Yeu et Noirmoutier – j’ai la prétention de bien connaître la région, étant natif et par ailleurs élu de Loire-Atlantique – est le projet le plus consensuel ; vous pouvez le vérifier. Nous avions d’ailleurs cosigné une lettre au président Sarkozy, lorsqu’il l’avait stoppé, avec des élus de toutes tendances politiques, y compris le comité régional des pêches. »
M. Julien Aubert LR
« Vous avez raison, monsieur le ministre : il ne faut pas raconter des choses fausses. Rappelons tout d’abord à ceux qui l’ignorent que les deux îles, Yeu et Noirmoutier, ne se trouvent pas en Loire-Atlantique mais bien en Vendée : elles ne sont donc pas dans votre département, même si c’est bien dans votre région – encore que, de mon point de vue, la Loire-Atlantique devrait être en Bretagne puisque le château des ducs de Bretagne s’y trouve ; mais je m’éloigne. […] Ensuite, vous avez évoqué le comité régional des pêches. Certes, mais vous oubliez de dire que ces comités régionaux de pêche ont reçu des subventions importantes des promoteurs éoliens. Eh oui ! »
M. Michel Castellani LT
« Puisque nous allons ainsi de digressions en apartés, vous me pardonnerez d’ouvrir une parenthèse à mon tour. Tout ce que fait l’homme présente à la fois un aspect positif et un aspect négatif. Il en va ainsi des centrales en mer, des usines, des logements, des routes, et donc aussi de la production d’énergie. Nul n’a envie de vivre près d’une centrale électrique, bien entendu, et pourtant l’électricité est indispensable. Nous rencontrerons de plus en plus des contradictions de ce type, parce que nous sommes chaque année plus nombreux de 90 millions sur la Terre. Le nombre des consommateurs augmente donc inéluctablement et les besoins en énergie avec eux. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Énergie et climat), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. François de Rugy (ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire)
« Il s’agit, en cohérence avec le débat que nous avons eu hier soir sur le dispositif de lutte contre les passoires thermiques, de supprimer l’article 3 sexies au profit du suivant, qui prévoit un dispositif global en faveur de la rénovation énergétique des logements. »
M. Anthony Cellier (rapporteur)
« Chacun connaît – je m’en suis suffisamment ouvert lors des auditions – ce qui m’anime à titre personnel. Il me semble que la plupart des membres du groupe La République en marche, ainsi que le Gouvernement, s’inscrivent dans la même dynamique. »
Mme Huguette Tiegna LREM
« Il est identique à ceux que M. le rapporteur et M. le ministre ont largement présentés. Cet amendement présenté à plusieurs voix est issu de négociations avec l’exécutif. Chacun ici est conscient de la nécessité d’aller plus vite et plus loin en matière de transition écologique. »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Tout d’abord, je voudrais saluer le travail du rapporteur, qui s’est efforcé de synthétiser dans cet amendement les différentes propositions émises en commission des affaires économiques. »
M. Philippe Bolo MODEM
« Il s’agit d’un sous-amendement porté par mon collègue Jean-Paul Mattei, qui vise à rendre l’audit énergétique opposable à tous les organismes publics et privés permettant ou facilitant le financement des travaux de rénovation énergétique des bâtiments. »
M. Julien Aubert LR
« Cet amendement est, je trouve, vraiment intelligent.. Eh oui, monsieur le ministre d’État ! Nous essayons de faire une opposition intelligente ! En commission, je vous avais expliqué pourquoi votre amendement sur le séquestre que vous avez défendu jusqu’au bout de la nuit était mauvais. »
Mme Mathilde Panot FI
« J’avais dit en introduction que votre politique était de laisser Total décider de la politique énergétique de notre pays. Aujourd’hui, nous sommes devant un nouveau clivage politique : il y a les partisans de la survie de l’humanité et ceux de sa fin. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« L’article 4 ter cherche à encourager les installations produisant de l’énergie renouvelable, au prix d’une exemption des interdictions et des prescriptions fixées par les plans de prévention des risques technologiques. »
Mme Laure de La Raudière LC
« Il tend lui aussi à supprimer cet article rajouté par voie d’amendement en commission des affaires économiques, qui crée une justice d’exception, avec un seul niveau de juridiction – le Conseil d’État pour les éoliennes en mer et la Cour d’appel pour les éoliennes terrestres –, pour la simple raison… »

Pour aller plus loin

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