Amendement de M. Aubert · après art. 5 BIS

72 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 12 voix non atteint. 3 abstentions.
Majoritaire
Participation 4 %

Amendement n° 571 · APRÈS ART. 5 BIS, déposé par M. Aubert +14 cosignataires.

L'essentiel : Le niveau des obligations d’économies d’énergie aurait été fixé par le Parlement pour chaque période de trois ans, et non plus par voie réglementaire : cet amendement le proposait, son auteur y voyant un « quasi-impôt » relevant du législateur.

Texte exact de l'amendement

Le code de l’énergie est ainsi modifié : 1° Le premier alinéa de l’article L. 221‑1 est complété par les mots : « dont le niveau est fixé pour chaque période triennale par le Parlement » ; 2° Le 2° de l’article L. 221‑12 est abrogé.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Les obligations d’économies d’énergie revêtent pour les « obligés » un caractère quasi-fiscal, puisqu’elles s’imposent à eux selon un taux, fixé par voie réglementaire, appliqué à leur volume d’activité et sont pour la plupart du temps acquittées par l’acquisition de certificats d’économies d’énergie. Dès lors, compte tenu du caractère de ce « quasi-impôt », il revient au législateur de fixer, pour chaque période triennale, le niveau des obligations applicables selon le type d’énergie considéré, les catégories de clients et leur volume d’activité, afin de garantir une meilleure acceptabilité du dispositif et limiter le recours à la fraude. Tel est l’objet de cet amendement.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 30 avril 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 28 juin 2019 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 18 juillet 2019 1re lecture Sénat Modifié
  4. 25 juillet 2019 Commission mixte paritaire Accord
  5. 11 septembre 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  6. 26 septembre 2019 Commission mixte paritaire Adopté
  7. 7 novembre 2019 Conseil constitutionnel Conforme avec réserve

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi révise les objectifs de la politique énergétique et climatique et crée un Haut Conseil pour le climat. Il plafonne les émissions des installations de production d'électricité fonctionnant à partir de combustibles fossiles et prévoit des mesures d'accompagnement. Il comporte des mesures de simplification de l'évaluation environnementale applicable aux projets d'énergies renouvelables et un dispositif de lutte contre la fraude aux certificats d'économies d'énergie. Il habilite le Gouvernement à transposer par ordonnance les textes du paquet européen « Une énergie propre pour tous les Européens », modifie la composition du collège de la Commission de régulation de l'énergie et intervient sur l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique. L'extrait des articles est constitué des présentations de chaque mesure et ne restitue pas leur rédaction.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT46MODEM304LREM28UDI104LR15NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise001
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés000
Libertés et Territoires011
Mouvement Démocrate et apparentés100
La République en Marche0171
UDI et Indépendants100
Les Républicains100
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 571 en séance (Énergie et climat), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Julien Aubert LR
« Cet amendement concerne un combat que je mène depuis de nombreuses années, et je ne désespère pas que nous puissions, un jour, faire entendre raison à son sujet. L’Europe nous laisse, pour notre politique d’économie d’énergie, la liberté de choisir entre des certificats ou une taxe. La France a opté pour les certificats d’économie d’énergie, les CEE, que nos concitoyens connaissent surtout sous leur aspect commercial – avec, par exemple, l’ampoule gratuite ou les combles à 1 euro. Or, comme on le sait, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme : au bout de la chaîne, quelqu’un paie, forcément. »
M. Anthony Cellier (rapporteur)
« Je sais que vous avez mené un autre combat, monsieur Aubert, qui consistait à voir le Parlement saisi de la politique énergétique de notre pays. Je ne sais quel fut votre vote sur la loi concernée, mais je caresse l’espoir que vous l’avez approuvée. […] Je suis très heureux que ce dispositif ait fait consensus. À travers lui, le Parlement s’est donné rendez-vous pour débattre de la politique énergétique en France. Nous aurons à nous pencher, dans le cadre de ce débat, sur la feuille de route relative à la rénovation énergétique, annexée au plan de performance énergétique – PPE. »
M. François de Rugy (ministre d’État)
« Je sais bien que M. Aubert essaie, comme d’autres, de suggérer que le système est une taxe déguisée. En réalité, et vous l’avez d’ailleurs dit à un autre moment, me semble-t-il, il est vertueux : il consiste en effet à faire contribuer les gros émetteurs d’énergie aux économies d’énergie. Cela permet de financer ces dernières pour les particuliers, mais aussi pour les entreprises, donc de réduire les factures d’autant. »
M. Julien Aubert LR
« Merci de vos réponses, monsieur le rapporteur, monsieur le ministre d’État. Si le dispositif consistait en une taxe, celle-ci serait affectée : une fois prélevé, son produit serait alloué de façon automatique. En bon magistrat de la Cour des comptes, je n’aime pas les taxes affectées, attaché que je suis à l’unité du budget. […] On peut discuter des taxes affectées, mais le budget de l’État, dans son principe, y est hostile car elles compromettent son unité et conduisent chacun à mener, individuellement, sa petite politique. […] Sans le débat que je propose, je crains que l’on se prenne, avec ce système, les pieds dans le tapis, comme c’est peut-être déjà le cas. »
Mme Laure de La Raudière LC
« J’apporte mon soutien à Julien Aubert et voterai son amendement. En effet, la loi de programmation dont nous avons adopté le principe hier n’est prévue que pour 2023. La rectification éventuelle de la trajectoire prévue par le Gouvernement ne pourra donc être discutée qu’en 2022. J’ignore si vous trouvez cela satisfaisant, moi non. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Énergie et climat), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. François de Rugy (ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire)
« Il s’agit, en cohérence avec le débat que nous avons eu hier soir sur le dispositif de lutte contre les passoires thermiques, de supprimer l’article 3 sexies au profit du suivant, qui prévoit un dispositif global en faveur de la rénovation énergétique des logements. »
M. Anthony Cellier (rapporteur)
« Chacun connaît – je m’en suis suffisamment ouvert lors des auditions – ce qui m’anime à titre personnel. Il me semble que la plupart des membres du groupe La République en marche, ainsi que le Gouvernement, s’inscrivent dans la même dynamique. »
Mme Huguette Tiegna LREM
« Il est identique à ceux que M. le rapporteur et M. le ministre ont largement présentés. Cet amendement présenté à plusieurs voix est issu de négociations avec l’exécutif. Chacun ici est conscient de la nécessité d’aller plus vite et plus loin en matière de transition écologique. »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Tout d’abord, je voudrais saluer le travail du rapporteur, qui s’est efforcé de synthétiser dans cet amendement les différentes propositions émises en commission des affaires économiques. »
M. Julien Aubert LR
« Cet amendement est, je trouve, vraiment intelligent.. Eh oui, monsieur le ministre d’État ! Nous essayons de faire une opposition intelligente ! En commission, je vous avais expliqué pourquoi votre amendement sur le séquestre que vous avez défendu jusqu’au bout de la nuit était mauvais. »
M. François-Michel Lambert LT
« Il faut en effet se satisfaire de cette avancée notable, mais je regrette son caractère timoré. Je soutiendrai évidemment les sous-amendements de notre collègue Marie-Noëlle Battistel, mais je voudrais poser quelques questions. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« L’article 4 ter cherche à encourager les installations produisant de l’énergie renouvelable, au prix d’une exemption des interdictions et des prescriptions fixées par les plans de prévention des risques technologiques. »
Mme Laure de La Raudière LC
« Il tend lui aussi à supprimer cet article rajouté par voie d’amendement en commission des affaires économiques, qui crée une justice d’exception, avec un seul niveau de juridiction – le Conseil d’État pour les éoliennes en mer et la Cour d’appel pour les éoliennes terrestres –, pour la simple raison… »

Pour aller plus loin

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