Amendement n° 7381 · APRÈS ART. 22, déposé par le Gouvernement.
L'essentiel : Quand les capacités de stockage d’électricité s’avèrent insuffisantes au regard des besoins de flexibilité du réseau, l’administration peut désormais lancer des appels d’offres pour en développer, la rémunération des lauréats restant encadrée.
Texte exact de l'amendement
Après l’article L. 352‑1 du code de l’énergie, il est inséré un article L. 352‑1-1 ainsi rédigé : « Art. L. 352‑1-1 . – Lorsque les capacités de stockage d’électricité ne répondent pas aux objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie mentionnée à l’article L. 141‑1 ou lorsque le bilan prévisionnel pluriannuel mentionné à l’article L. 141‑8 met en évidence des besoins en flexibilité, l’autorité administrative peut recourir à la procédure d’appel d’offres, dans des modalités définies par décret, pris après avis de la Commission de régulation de l’énergie. « Le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité est chargé d’analyser les offres et propose à l’autorité administrative un classement des offres, selon des procédures concurrentielles, non discriminatoires et transparentes. L’autorité administrative désigne le ou les candidats retenus. L’autorité administrative a la faculté de ne pas donner suite à l’appel d’offres. Elle veille notamment à ce que la rémunération des capitaux immobilisés par le ou les candidats retenus n’excède pas une rémunération normale des capitaux compte tenu des risques inhérents à ces activités. « Le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité est tenu de conclure, dans les conditions fixées par l’appel d’offres, un contrat rémunérant les capacités de stockage du ou des candidats retenus en tenant compte du résultat…
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Avec les programmations pluriannuelles de l’énergie, la France s’inscrit dans une trajectoire vertueuse de développement de l’électricité décarbonée, qui soutiendra les nouveaux usages de l’électricité. Les énergies renouvelables sont essentielles pour parvenir à cet objectif. Cependant, l'énergie d'origine éolienne ou photovoltaïque, dont la part est croissante dans notre mix énergétique, est intermittente par nature. Il est donc important de développer puissamment les flexibilités pour l’exploitation du réseau, et parmi celles-ci, le stockage de l'énergie, pour réduire le décalage temporel entre la production et la consommation d'électricité, assurer la stabilité du réseau et se prémunir des risques de black-out. L’objet de cet amendement est d’inscrire dans la partie législative du code de l’énergie la faculté de recourir à des appels d’offres pour faciliter le développement de la filière du stockage de l’électricité, en corrélation avec les objectifs de développement des énergies renouvelables en lien avec la programmation pluriannuelle de l'énergie. Il complète l’article 22 du projet de loi en permettant de décliner, de manière opérationnelle, les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie afin de favoriser les énergies renouvelables. Cette disposition serait mobilisée en complément des mesures de soutien aux énergies renouvelables déjà existantes. En effet,…
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 10 février 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 4 mai 2021 1re lecture Assemblée Adopté
- 29 juin 2021 1re lecture Sénat Modifié
- 13 juillet 2021 Commission mixte paritaire Accord
- 20 juillet 2021 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
- 13 août 2021 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 22 août 2021 Promulgation loi n° 2021-1104
Ce que change ce texte
Le projet de loi réécrit les règles d'affichage destiné à informer le consommateur des caractéristiques environnementales des produits et services, issues de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire. Il inscrit dans le code de l'éducation une éducation à l'environnement et au développement durable à laquelle concourent l'ensemble des disciplines, et confie la présidence du comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement au chef d'établissement. Il crée dans le code de l'environnement une section consacrée à la publicité sur les produits et services ayant un impact excessif sur le climat, charge le Conseil supérieur de l'audiovisuel de promouvoir des codes de bonne conduite en matière environnementale et transfère au maire, au nom de la commune, les compétences de police de la publicité, tout en étendant les sanctions applicables aux publicités réalisées dans des lieux ou selon des procédés interdits. L'exposé des motifs rappelle que la convention citoyenne pour le climat, composée de cent cinquante personnes tirées au sort, a remis 149 propositions le 21 juin 2020, dont 146 que le Président de la République s'est engagé à mettre en œuvre. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
- Interdiction progressive de louer les passoires thermiques Adopté
Interdiction échelonnée de mise en location des logements les plus énergivores selon le diagnostic de performance énergétique : classe G en 2025, F en 2028, E en 2034.
Adopté (calendrier fixé par la loi).
- Fin de certains vols intérieurs court-courrier Adopté
Interdiction des liaisons aériennes intérieures métropolitaines lorsqu'une alternative en train de moins de 2h30 existe.
Adopté, mais réduit par rapport à la Convention citoyenne, qui proposait un seuil de 4 heures de train (constat rapporté par vie-publique.fr).
- Zones à faibles émissions (ZFE) Adopté
Création obligatoire d'une zone à faibles émissions, restreignant les véhicules les plus polluants, dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants.
Adopté (article 119). Le dispositif a ensuite été assoupli par des lois postérieures, hors périmètre de ce texte.
- Interdiction de la publicité pour les énergies fossiles Adopté
Interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles.
Adopté, mais limité aux seules énergies fossiles ; l'interdiction plus large proposée par la Convention citoyenne n'a pas été retenue (constat rapporté par vie-publique.fr).
- Crime d'écocide Écarté
La Convention citoyenne demandait la reconnaissance d'un crime d'écocide pour les atteintes les plus graves à l'environnement.
Écarté : le gouvernement a retenu un simple délit (et non un crime) d'écocide ; le terme avait même été supprimé par le Sénat en commission (constat rapporté par Public Sénat).
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 0 | 2 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 0 | 2 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 0 | 2 | 3 |
| Libertés et Territoires | 2 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés | 8 | 0 | 0 |
| La République en Marche | 67 | 0 | 0 |
| Agir ensemble | 4 | 0 | 0 |
| UDI et Indépendants | 0 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 5 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 2 | 0 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 7381 en séance (Lutte contre le dérèglement climatique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« L’évolution de notre mix électrique, qui reposera entre autres sur davantage d’énergies renouvelables – nous venons d’en parler longuement – nécessitera de développer diverses formes de flexibilité pour assurer un équilibre entre l’offre et la demande ainsi que la stabilité du réseau. Nous voulons aussi moins recourir aux capacités de production fossiles. Je vous rappelle d’ailleurs – vous le savez bien, monsieur Lecoq – que nous fermons actuellement des centrales à charbon. […] Dans ce contexte, le stockage d’électricité peut représenter un outil fort, conçu autour de différentes technologies, qu’elles soient éprouvées, comme les stations de pompage, ou émergentes et se développant rapideme… »
« Comme je vois M. Sermier très impatient de commencer à utiliser le temps de parole supplémentaire attribué à son groupe , je serai brève, disant d’emblée que je suis très favorable à cet amendement. J’en profite pour répondre à M. Pahun, qui nous a interpellés sur la question du stockage, que celle-ci fait aussi partie de l’équation et que ce nouveau dispositif sera une avancée à cet égard. Pour nous qui sommes en train de créer l’Airbus des batteries, cette capacité et cette souplesse accrues à pouvoir stocker sont vraiment de nature à accompagner notre ambition. »
« Dans ce texte, dont on dit qu’il est en grande partie un texte d’affichage,… […] …cet amendement est essentiel. Madame la ministre, vous avez raison de dire que l’électricité décarbonée de demain devra pouvoir être stockée. Vous avez évoqué évidemment l’hydroélectricité, et il y a aussi l’hydrogène – ce gaz stocké pourrait déjà permettre de fournir de l’énergie au moment nécessaire. Mais cet amendement ne concerne que l’énergie renouvelable alors que nous, nous pensons qu’il faut travailler sur le stockage de la totalité des énergies décarbonées, c’est-à-dire aussi sur l’énergie nucléaire. »
« Il y a deux sujets : celui du stockage de l’électricité et celui du stockage de l’énergie, sachant que l’énergie stockée peut elle-même produire de l’électricité. Aux Canaries, il y a beaucoup de vent le jour mais il y a surtout besoin d’électricité la nuit ; les batteries ne suffisant pas, on y a réglé le problème grâce à une centrale hydro-éolienne. […] Et l’hydroélectricité, en effet. En somme, il faut toujours avoir en tête la notion de stockage d’énergie et pas seulement celle d’électricité. »
« Au nom du groupe La République en marche, je salue cette avancée venant du Gouvernement, qui répond à l’un des points mis en évidence par la commission d’enquête sur les énergies renouvelables dont la rapporteure était Marjolaine Meynier-Millefert. S’agissant du stockage de l’eau que vous évoquez, cher collègue Lecoq, un système similaire existe déjà en Alsace, autour du lac Blanc. Si la question du stockage ne se pose pas pour le nucléaire puisque sa production est pilotable, il n’en est en effet pas de même pour les énergies renouvelables. »
« Bien sûr, le groupe Mouvement démocrate (MODEM) et démocrates apparentés votera en faveur de cet amendement utile. Mais le débat met une nouvelle fois en évidence l’une des faiblesses de la PPE : l’absence de stratégie de stockage en parallèle du développement de la production des énergies renouvelables, la démonstration du collègue Lecoq l’a bien montré. Pourtant, de nouvelles possibilités de stockage existent, comme l’a dit Vincent Thiébaut ; je pense aux stations de transfert d’énergie par pompage, dites STEP, qui permettent de monter l’eau dans les réservoirs de barrages. »
29 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 4 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutte contre le dérèglement climatique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Avant la levée de la séance de cet après-midi, nous avons évoqué, en guise d’apéritif, l’idée de renforcer la trajectoire de réduction des émissions de dioxyde de carbone pour les véhicules particuliers – une trajectoire définie par la loi d’orientation des mobilités, la LOM. »
« Il a déjà été question des véhicules utilitaires légers lors de l’examen de l’amendement n o 7204 de Damien Adam ; on a alors évoqué les travaux menés par notre collègue Millienne au sein de la task force pour la transition énergétique du transport routier de marchandises et de voyageurs, chargée d’… »
« Le Gouvernement partage bien sûr l’objectif de décarbonation des transports terrestres. Votre amendement porte sur les véhicules utilisant exclusivement des énergies fossiles. »
« Il vise à fixer un objectif de 100 000 véhicules rétrofités d’ici à 2030. Je suppose que beaucoup, ici, savent ce qu’est le rétrofitage : il s’agit simplement du remplacement d’un moteur thermique par un moteur électrique et une batterie. »