Amendement de Mme Jourdan (SOC) · art. 39 TER

73 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 29 voix non atteint. 2 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 10 %

Amendement n° 4270 · ART. 39 TER, déposé par Mme Jourdan SOC +28 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement voulait réécrire la définition de la « rénovation performante » et introduire celle de la « rénovation globale », en exigeant le traitement de six postes de travaux plutôt qu’une succession de gestes isolés jugés inefficaces.

Texte exact de l'amendement

Rédiger ainsi cet article : « Après le 17° de l’article L. 111‑1 du livre I er du code de la construction et de l’habitation, dans sa rédaction résultant de l’ordonnance n° 2020‑71 du 29 janvier 2020 relative à la réécriture des règles de construction et recodifiant le livre I er du code de la construction et de l’habitation, sont insérés un 17° bis et un 17° ter ainsi rédigés : « « 17° bis Rénovation performante : La rénovation performante d’un bâtiment est un ensemble de travaux qui permettent au parc bâti d’atteindre les objectifs fixés à l’article L. 100‑4 du code de l’énergie sans mettre en danger la santé des occupants et en assurant le confort thermique été comme hiver. Soit le bâtiment rénové performant atteint lui-même le niveau de consommation prévu par les normes « bâtiment basse consommation » ou assimilées, soit il contribue à l’atteinte de cet objectif pour le parc bâti en moyenne nationale, notamment par la mise en œuvre d’une combinaison de travaux précalculée à cet effet. Un bâtiment rénové performant est un bâtiment qui a traité les six postes de travaux suivants : isolation des murs, des planchers bas et de la toiture, remplacement des menuiseries extérieures, ventilation et production de chauffage et eau chaude sanitaire, ainsi que les interfaces associées ; « 17° ter Rénovation globale : La rénovation globale, dite rénovation complète et performante, d’un…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement du Groupe Socialistes et apparentés vise à modifier la définition de la rénovation performante adoptée en commission et à insérer une définition de la rénovation globale. La définition retenue en commission n’est pas à la hauteur de l’objectif fixé par la Loi de Transition du 17 août 2015 (Loi n° 2015‑992) entérinant un objectif de rénovation du parc bâti selon les normes bâtiment basse consommation ou assimilées d’ici 2050. Il nous semble fondamental qu’afin de s’assurer de l’atteinte de cet objectif, l’État facilite les méthodes de rénovation permettant d’aboutir à la performance globale du bâtiment, notion non-définie dans la rédaction actuelle, c’est-à-dire construites sur une vision d’ensemble des travaux avant de les lancer, une coordination dans leur mise en œuvre et un suivi qualité pendant et après travaux. Les récents travaux du Haut Conseil pour le Climat (rénover mieux : leçons d’Europe) et de l’Ademe (Rénovation performante par étapes) alertent sur l’inefficacité d’une approche par gestes isolés de travaux (tels que les changements de chaudière, fenêtre etc.) et les risques de pathologies coûteuses qu’elle génère. En se fondant sur ces travaux, la Convention citoyenne avait également proposé d’inscrire cette définition d’une rénovation globale et performante. Cette rédaction définit également les postes de travaux essentiels à une rénovation perform…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le compte rendu de la séance ne porte aucun propos sur cet amendement : il a pu être défendu sans un mot de plus, discuté avec d'autres, ou ne pas avoir été présenté séparément.

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 février 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 29 juin 2021 1re lecture Sénat Modifié
  3. 13 juillet 2021 Commission mixte paritaire Accord
  4. 20 juillet 2021 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 13 août 2021 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi réécrit les règles d'affichage destiné à informer le consommateur des caractéristiques environnementales des produits et services, issues de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire. Il inscrit dans le code de l'éducation une éducation à l'environnement et au développement durable à laquelle concourent l'ensemble des disciplines, et confie la présidence du comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement au chef d'établissement. Il crée dans le code de l'environnement une section consacrée à la publicité sur les produits et services ayant un impact excessif sur le climat, charge le Conseil supérieur de l'audiovisuel de promouvoir des codes de bonne conduite en matière environnementale et transfère au maire, au nom de la commune, les compétences de police de la publicité, tout en étendant les sanctions applicables aux publicités réalisées dans des lieux ou selon des procédés interdits. L'exposé des motifs rappelle que la convention citoyenne pour le climat, composée de cent cinquante personnes tirées au sort, a remis 149 propositions le 21 juin 2020, dont 146 que le Président de la République s'est engagé à mettre en œuvre. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Interdiction progressive de louer les passoires thermiques Adopté

    Interdiction échelonnée de mise en location des logements les plus énergivores selon le diagnostic de performance énergétique : classe G en 2025, F en 2028, E en 2034.

    Adopté (calendrier fixé par la loi).

  • Fin de certains vols intérieurs court-courrier Adopté

    Interdiction des liaisons aériennes intérieures métropolitaines lorsqu'une alternative en train de moins de 2h30 existe.

    Adopté, mais réduit par rapport à la Convention citoyenne, qui proposait un seuil de 4 heures de train (constat rapporté par vie-publique.fr).

  • Zones à faibles émissions (ZFE) Adopté

    Création obligatoire d'une zone à faibles émissions, restreignant les véhicules les plus polluants, dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants.

    Adopté (article 119). Le dispositif a ensuite été assoupli par des lois postérieures, hors périmètre de ce texte.

  • Interdiction de la publicité pour les énergies fossiles Adopté

    Interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles.

    Adopté, mais limité aux seules énergies fossiles ; l'interdiction plus large proposée par la Convention citoyenne n'a pas été retenue (constat rapporté par vie-publique.fr).

  • Crime d'écocide Écarté

    La Convention citoyenne demandait la reconnaissance d'un crime d'écocide pour les atteintes les plus graves à l'environnement.

    Écarté : le gouvernement a retenu un simple délit (et non un crime) d'écocide ; le terme avait même été supprimé par le Sénat en commission (constat rapporté par Public Sénat).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT58DEM269LREM21AGIR18UDI104LR23NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine400
Socialistes et apparentés500
Libertés et Territoires000
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés030
La République en Marche0310
Agir ensemble030
UDI et Indépendants000
Les Républicains061
Non inscrit301
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 4 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutte contre le dérèglement climatique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean-René Cazeneuve (rapporteur général de la commission spéciale)
« Je voulais évidemment saluer les ministres, Barbara Pompili et Emmanuelle Wargon, et remercier en particulier cette dernière, au nom de l’ensemble des députés qui étaient présents – et que je remercie également –, d’avoir été avec nous samedi soir assez tard. »
M. Vincent Descoeur LR
« Compte tenu du temps de parole restant au groupe Les Républicains pour examiner trente-six articles, je renonce à m’exprimer sur celui-ci. Mais je voudrais tout de même vous faire part d’un regret, que j’espère partagé. »
Mme Barbara Pompili (ministre de la transition écologique)
« Je suis très heureuse de vous retrouver pour examiner le titre IV, dont la première partie est l’une des pièces maîtresses du projet de loi. Comme vous le savez, la rénovation énergétique s’est imposée comme l’un des enjeux majeurs de notre siècle. »
Mme Emmanuelle Wargon (ministre déléguée chargée du logement)
« Je suis très heureuse d’entamer la discussion sur le titre IV. La rénovation énergétique des logements est en effet devenue un élément de plus en plus important de la politique écologique, tout comme la lutte contre l’artificialisation des sols, dont nous discuterons un peu plus tard. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue