Amendement du Gouvernement · après art. 43

91 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 36 voix franchi. 6 abstentions.
Quasi unanime
Participation 13 %

Amendement n° 5345 · APRÈS ART. 43, déposé par le Gouvernement.

L'essentiel : Le fonds de garantie pour la rénovation énergétique peut désormais couvrir une partie des prêts avance mutation finançant des travaux d’économie d’énergie, accordés à des ménages remplissant une condition de ressources fixée par décret.

Texte exact de l'amendement

Le I de l’article L. 312-7 du code de la construction et de l’habitation est complété par un 4° ainsi rédigé : « 4° Dans des conditions définies par décret en Conseil d’État, les prêts avance mutation définis à l’article L. 315-2 du code de la consommation, dont les intérêts font l’objet d’un remboursement progressif, destinés à la réalisation de travaux permettant d'améliorer la performance énergétique du logement et accordés aux personnes remplissant une condition de ressources. La garantie ne peut couvrir la totalité du prêt. Le décret fixe notamment la condition de ressource mentionnée au présent 4° ainsi que la part maximale du prêt qui peut être couverte par la garantie. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le présent article vise à élargir le périmètre des garanties susceptibles d’être accordées par le fonds de garantie pour la rénovation énergétique (FGRE) dont l’objet est de faciliter le financement des travaux d'amélioration de la performance énergétique des logements. Créé par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015, le FGRE a actuellement vocation à inciter les établissements de crédit à prêter aux personnes qui n’ont pas nécessairement accès au crédit pour financer des travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements. Le dispositif du FGRE, codifié à l’article L. 312-7 et aux articles R. 312-7-1 à R. 312-7-10 du code de la construction et de l’habitation (CCH), vise en priorité les ménages modestes, dont les ressources limitées peuvent constituer une difficulté pour accéder au crédit dans des conditions satisfaisantes, et les copropriétés dont l’analyse de risque peut s’avérer complexe et freiner le recours à l’emprunt collectif. La mission sur l’accélération de la rénovation des passoires énergétiques, confiée à Olivier Sichel, considère que, dans le cadre de la massification des travaux de rénovation énergétique, certains ménages modestes, âgés et peu solvables peuvent rencontrer des difficultés d’accès au crédit bancaire pour financer le reste-à-charge de la rénovation énergétique de leur logement. L…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 février 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 29 juin 2021 1re lecture Sénat Modifié
  3. 13 juillet 2021 Commission mixte paritaire Accord
  4. 20 juillet 2021 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 13 août 2021 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi réécrit les règles d'affichage destiné à informer le consommateur des caractéristiques environnementales des produits et services, issues de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire. Il inscrit dans le code de l'éducation une éducation à l'environnement et au développement durable à laquelle concourent l'ensemble des disciplines, et confie la présidence du comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement au chef d'établissement. Il crée dans le code de l'environnement une section consacrée à la publicité sur les produits et services ayant un impact excessif sur le climat, charge le Conseil supérieur de l'audiovisuel de promouvoir des codes de bonne conduite en matière environnementale et transfère au maire, au nom de la commune, les compétences de police de la publicité, tout en étendant les sanctions applicables aux publicités réalisées dans des lieux ou selon des procédés interdits. L'exposé des motifs rappelle que la convention citoyenne pour le climat, composée de cent cinquante personnes tirées au sort, a remis 149 propositions le 21 juin 2020, dont 146 que le Président de la République s'est engagé à mettre en œuvre. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Interdiction progressive de louer les passoires thermiques Adopté

    Interdiction échelonnée de mise en location des logements les plus énergivores selon le diagnostic de performance énergétique : classe G en 2025, F en 2028, E en 2034.

    Adopté (calendrier fixé par la loi).

  • Fin de certains vols intérieurs court-courrier Adopté

    Interdiction des liaisons aériennes intérieures métropolitaines lorsqu'une alternative en train de moins de 2h30 existe.

    Adopté, mais réduit par rapport à la Convention citoyenne, qui proposait un seuil de 4 heures de train (constat rapporté par vie-publique.fr).

  • Zones à faibles émissions (ZFE) Adopté

    Création obligatoire d'une zone à faibles émissions, restreignant les véhicules les plus polluants, dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants.

    Adopté (article 119). Le dispositif a ensuite été assoupli par des lois postérieures, hors périmètre de ce texte.

  • Interdiction de la publicité pour les énergies fossiles Adopté

    Interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles.

    Adopté, mais limité aux seules énergies fossiles ; l'interdiction plus large proposée par la Convention citoyenne n'a pas été retenue (constat rapporté par vie-publique.fr).

  • Crime d'écocide Écarté

    La Convention citoyenne demandait la reconnaissance d'un crime d'écocide pour les atteintes les plus graves à l'environnement.

    Écarté : le gouvernement a retenu un simple délit (et non un crime) d'écocide ; le terme avait même été supprimé par le Sénat en commission (constat rapporté par Public Sénat).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT58DEM269LREM21AGIR18UDI104LR23NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés016
Libertés et Territoires200
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés600
La République en Marche4300
Agir ensemble300
UDI et Indépendants000
Les Républicains1000
Non inscrit400

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 5345 en séance (Lutte contre le dérèglement climatique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Emmanuelle Wargon (ministre déléguée)
« C’est l’un des derniers amendements issus de la mission Sichel, qui devait travailler à la fois sur la programmation, ce qui a donné lieu à un amendement commun du rapporteur et du Gouvernement, sur l’accompagnement, à propos duquel vous venez de voter un autre amendement, et sur le financement du reste à charge, en particulier pour les ménages modestes. Le présent amendement le rend possible en permettant au fonds de garantie pour la rénovation énergétique (FGRE) de garantir des prêts destinés à financer des travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements, prêts qui sont remboursables à la mutation des biens avec une garantie de l’État. »
Mme Sylvia Pinel LT
« Notre groupe soutient cet amendement intéressant, qui me semble par ailleurs cohérent avec ce que j’ai dit tout au long de cette soirée sur l’accompagnement et le reste à charge. Je vous poserai cependant une question, madame la ministre déléguée. Dans le rapport Sichel, il était prévu que des avances avant travaux soient versées par l’ANAH. Votre amendement englobe-t-il ce dispositif d’avances, ou bien procéderez-vous par voie réglementaire ? »
M. Vincent Descoeur LR
« Soyons clairs : il s’agit d’un dispositif qui existait et pour lequel le succès n’a pas été au rendez-vous. […] Il est donc proposé de garantir ce prêt mieux que par le passé. La question qui reste posée porte sur l’efficience de cette disposition préconisée par la mission Sichel : il faudrait une clause de rendez-vous pour en mesurer l’effet incitatif. S’il s’avère que cela n’a guère plus de succès que sous la forme précédente, il faudra être capable de proposer autre chose. »
Mme Emmanuelle Wargon (ministre déléguée)
« Les avances de l’ANAH sont déjà possibles dans le mécanisme MaPrimeRénov’, madame Pinel. Mais avec ce dispositif et l’accompagnement intégré, l’accompagnateur pourra proposer une avance intégrale du coût des travaux, y compris du reste à charge, qui est lui-même refinancé par ce dispositif bancaire. Nous aurons donc bien atteint l’objectif que les ménages les plus modestes n’aient pas à avancer les montants. Vous l’avez dit, monsieur Descoeur, ce mécanisme créé il y a quelques années n’avait pas vraiment trouvé son public. Les différences par rapport à la situation précédente sont au nombre de deux. »
M. Mickaël Nogal (rapporteur)
« Le sujet intéresse à juste titre. C’est le troisième volet du triptyque auquel je tiens tant : information, accompagnement, financement. Il faut que nous puissions évoquer lors du prochain projet de loi de finances un élargissement de la palette d’outils que nous mettons à disposition pour accélérer la rénovation énergétique. Le prêt avance mutation – je ne suis pas sûr que cette dénomination un peu technique soit la meilleure – tel qu’il est prévu est très intéressant à plusieurs titres, d’abord parce qu’il s’adresse aux ménages modestes, sujet sur lequel il nous faut être très vigilants. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 4 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutte contre le dérèglement climatique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean-René Cazeneuve (rapporteur général de la commission spéciale)
« Je voulais évidemment saluer les ministres, Barbara Pompili et Emmanuelle Wargon, et remercier en particulier cette dernière, au nom de l’ensemble des députés qui étaient présents – et que je remercie également –, d’avoir été avec nous samedi soir assez tard. »
M. Vincent Descoeur LR
« Compte tenu du temps de parole restant au groupe Les Républicains pour examiner trente-six articles, je renonce à m’exprimer sur celui-ci. Mais je voudrais tout de même vous faire part d’un regret, que j’espère partagé. »
Mme Barbara Pompili (ministre de la transition écologique)
« Je suis très heureuse de vous retrouver pour examiner le titre IV, dont la première partie est l’une des pièces maîtresses du projet de loi. Comme vous le savez, la rénovation énergétique s’est imposée comme l’un des enjeux majeurs de notre siècle. »
Mme Emmanuelle Wargon (ministre déléguée chargée du logement)
« Je suis très heureuse d’entamer la discussion sur le titre IV. La rénovation énergétique des logements est en effet devenue un élément de plus en plus important de la politique écologique, tout comme la lutte contre l’artificialisation des sols, dont nous discuterons un peu plus tard. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue