Amendement de Mme Tuffnell · art. 56

91 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 46 voix franchi. 9 abstentions.
Quasi unanime
Participation 17 %

Amendement n° 5030 · ART. 56, déposé par Mme Tuffnell +56 cosignataires.

L'essentiel : La stratégie nationale des aires protégées ne vise plus seulement la biodiversité : elle englobe désormais la prévention et l’atténuation du dérèglement climatique, ainsi que la valorisation du patrimoine naturel et culturel des territoires.

Texte exact de l'amendement

Après le mot : « biodiversité », rédiger ainsi la fin de l’alinéa 3 : « , à la prévention et à l’atténuation des effets du dérèglement climatique ainsi qu’à la valorisation du patrimoine naturel et culturel des territoires. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

La stratégie nationale des aires protégées vise à préserver les « cœurs de Nature » et doit être différencier des autres politiques publiques qui visent à concilier les usages, les savoir-faire avec la préservation de la biodiversité. L’objet de cet amendement est de recentrer le contenu de la stratégie nationale des aires protégées, sur une base plus en phase avec la définition de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature, et d’y intégrer l’indispensable lien avec la lutte contre le dérèglement climatique objet du présent projet de loi.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 février 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 29 juin 2021 1re lecture Sénat Modifié
  3. 13 juillet 2021 Commission mixte paritaire Accord
  4. 20 juillet 2021 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 13 août 2021 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi réécrit les règles d'affichage destiné à informer le consommateur des caractéristiques environnementales des produits et services, issues de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire. Il inscrit dans le code de l'éducation une éducation à l'environnement et au développement durable à laquelle concourent l'ensemble des disciplines, et confie la présidence du comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement au chef d'établissement. Il crée dans le code de l'environnement une section consacrée à la publicité sur les produits et services ayant un impact excessif sur le climat, charge le Conseil supérieur de l'audiovisuel de promouvoir des codes de bonne conduite en matière environnementale et transfère au maire, au nom de la commune, les compétences de police de la publicité, tout en étendant les sanctions applicables aux publicités réalisées dans des lieux ou selon des procédés interdits. L'exposé des motifs rappelle que la convention citoyenne pour le climat, composée de cent cinquante personnes tirées au sort, a remis 149 propositions le 21 juin 2020, dont 146 que le Président de la République s'est engagé à mettre en œuvre. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Interdiction progressive de louer les passoires thermiques Adopté

    Interdiction échelonnée de mise en location des logements les plus énergivores selon le diagnostic de performance énergétique : classe G en 2025, F en 2028, E en 2034.

    Adopté (calendrier fixé par la loi).

  • Fin de certains vols intérieurs court-courrier Adopté

    Interdiction des liaisons aériennes intérieures métropolitaines lorsqu'une alternative en train de moins de 2h30 existe.

    Adopté, mais réduit par rapport à la Convention citoyenne, qui proposait un seuil de 4 heures de train (constat rapporté par vie-publique.fr).

  • Zones à faibles émissions (ZFE) Adopté

    Création obligatoire d'une zone à faibles émissions, restreignant les véhicules les plus polluants, dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants.

    Adopté (article 119). Le dispositif a ensuite été assoupli par des lois postérieures, hors périmètre de ce texte.

  • Interdiction de la publicité pour les énergies fossiles Adopté

    Interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles.

    Adopté, mais limité aux seules énergies fossiles ; l'interdiction plus large proposée par la Convention citoyenne n'a pas été retenue (constat rapporté par vie-publique.fr).

  • Crime d'écocide Écarté

    La Convention citoyenne demandait la reconnaissance d'un crime d'écocide pour les atteintes les plus graves à l'environnement.

    Écarté : le gouvernement a retenu un simple délit (et non un crime) d'écocide ; le terme avait même été supprimé par le Sénat en commission (constat rapporté par Public Sénat).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT58DEM269LREM21AGIR18UDI104LR23NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise004
Gauche démocrate et républicaine600
Socialistes et apparentés004
Libertés et Territoires400
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés1100
La République en Marche5800
Agir ensemble800
UDI et Indépendants000
Les Républicains201
Non inscrit200

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 5030 en séance (Lutte contre le dérèglement climatique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Frédérique Tuffnell LREM
« Comme vient de le dire André Chassaigne, il est très important d’aboutir à une définition qui repose sur des concepts clairs. Aujourd’hui, le texte fait référence à « la reconnaissance et la protection des cultures, des traditions et des savoir-faire des hommes et des femmes vivant dans ces territoires. » C’est une vision que l’on peut concevoir. Cependant, je pense que la stratégie nationale des aires protégées vise surtout à préserver les « cœurs de nature » : elle doit donc se différencier des autres politiques publiques qui, elles, tendent à concilier des usages et des savoir-faire avec la préservation de la biodiversité. »
M. Lionel Causse (rapporteur)
« Je demande une suspension de séance de cinq minutes, monsieur le président. […] Ce sont des amendements importants. Je précise qu’ils sont incompatibles. Nous avons discuté de la question en commission à l’occasion d’un amendement d’Alain Perea. Il devait être consolidé juridiquement d’ici à la séance et c’est dans ce cadre que nos collègues ont travaillé sur les amendements qu’ils présentent aujourd’hui. Puisque l’objectif de la commission était de consolider cet alinéa, j’émets un avis favorable sur l’amendement n o 5030 de Mme Tuffnell, qui s’appuie sur une définition internationale, et un avis défavorable sur l’amendement n o 5195 de M. Chassaigne, même si j’en comprends l’intérêt. »
Mme Bérangère Abba (secrétaire d’État)
« Nous savions la nécessité de préciser la définition, afin d’en garantir la sécurité juridique. La France accueillera au mois de septembre le Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui a sa définition, laquelle intègre la notion de patrimoine naturel et culturel des territoires. Il convenait que nous collions à cette définition internationale. C’est ce que propose l’amendement de Mme Tuffnell. Par conséquent, si je suis d’accord avec l’esprit de l’amendement de M. Chassaigne comme avec celui de l’amendement de Mme Tuffnell, l’avis est défavorable à l’amendement n o 5195 et de sagesse sur l’amendement n o 5030. »
M. Bruno Millienne MODEM
« Je voudrais envoyer un message au président Chassaigne, que je respecte beaucoup. Je regrette que nous n’ayons pas pu travailler ensemble pour présenter un amendement commun, parce que ces deux amendements se rejoignent par l’esprit. […] Il se trouve que la rédaction de Mme Tuffnell correspond à la définition internationale la plus récente, celle de l’UICN. C’est pourquoi le groupe Dem – n’en prenez pas ombrage, monsieur Chassaigne – votera contre votre amendement au profit de celui de Mme Tuffnell. »
M. André Chassaigne GDR
« Je ne suis absolument pas convaincu par les arguments avancés mais votre position ne m’étonne pas : elle est conforme au fonctionnement de cette assemblée depuis 2017. »
M. Vincent Thiébaut LREM
« Nous suivrons les avis du rapporteur et de la secrétaire d’État, que je remercie. Je salue le travail de notre collègue Alain Perea qui a soulevé cette question, qui lui tient à cœur, en commission. Si l’amendement que nous nous apprêtons à adopter permet de sécuriser la définition au plan juridique, conformément à ce qu’il souhaitait, nous ne pouvons que nous en réjouir. »

4 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 4 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutte contre le dérèglement climatique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Julien Aubert LR
« Il vise à instaurer un moratoire sur la délivrance des permis de construire ayant trait aux entrepôts logistiques. C’est votre dernière chance de réguler cette activité. Le débat ne concerne pas uniquement l’écologie, il a également une dimension économique. »
Mme Anne-Laurence Petel LREM
« Il propose d’instaurer un moratoire sur l’installation de nouveaux entrepôts logistiques, eu égard à leurs impacts environnementaux, mais aussi économiques et sociaux. »
M. Lionel Causse (rapporteur de la commission spéciale pour les chapitres III à V du titre IV)
« Je ne répéterai pas les arguments que j’ai avancés hier – le débat a été riche. Je rappelle que nous avons voté deux amendements de Mmes Florence Lasserre et Aude Luquet, qui renforcent les exigences des études d’impact demandées dans la procédure d’évaluation environnementale et les conditions d’au… »
Mme Emmanuelle Wargon (ministre déléguée chargée du logement)
« Dans la continuité du débat d’hier, ces amendements visent à interdire purement et simplement les entrepôts dont la surface dépasse un certain seuil. »

Pour aller plus loin

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