L'article 2 de la proposition de loi visant à augmenter le salaire minimum interprofessionnel de croissance et à ouvrir une conférence nationale sur les salaires

62 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 44 voix non atteint.
Disputé
Participation 15 %

Le parcours du texte

  1. 7 décembre 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 20 janvier 2022 1re lecture Assemblée Rejeté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte propose d'augmenter le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) à un montant brut mensuel minimum de 1 827,89 euros à partir du 1er février 2022. Il prévoit également l'ouverture d'une conférence nationale sur les salaires, dans le cadre de laquelle chaque branche professionnelle devra ouvrir des négociations. Ces dispositions s'inscrivent dans un contexte de réflexion sur la rémunération du travail et les conditions de vie des salariés.

L'enjeu propre à chaque amendement est ajouté progressivement ; le sort politique du texte se joue sur son scrutin solennel.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI15GDR29SOC18LT57DEM268LREM22AGIR19UDI102LR23NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés2200
Libertés et Territoires100
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés090
La République en Marche4420
Agir ensemble020
UDI et Indépendants010
Les Républicains000
Non inscrit200

Les avis des experts indépendants

La revalorisation de la prime d'activité de 2019 visait à soutenir le pouvoir d'achat des travailleurs modestes et à renforcer l'incitation à l'emploi. Dans un rapport remis à France Stratégie en octobre 2023, l'Institut des politiques publiques observe des effets positifs apparents sur le retour à l'emploi, mais un test de contrôle sur une année sans réforme fait apparaître des effets de même ampleur ; l'IPP en conclut qu'il « n'est pas possible de conclure » sur l'effet de la réforme sur l'emploi avec ces données.

Rapport pour France Stratégie, octobre 2023 (comité d'évaluation de la stratégie pauvreté)

Le Conseil d'analyse économique conclut que les allègements de cotisations ciblés sur les bas salaires (jusqu'à 1,6 SMIC) ont un effet positif avéré sur l'emploi, tandis que les baisses portant sur les salaires plus élevés n'ont pas fait la preuve de leur efficacité, ni sur l'emploi ni sur les exportations.

Baisses de charges : stop ou encore ?, note n°49, 2019

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Augmentation du salaire minimum), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Gérard Leseul (rapporteur)
« En l’absence de véritable revalorisation, le rythme de croissance du SMIC réel a été divisé par dix entre la décennie 2000 et la décennie 2010. En conséquence, le SMIC ne préserve plus de la précarité. »
Mme Brigitte Klinkert (ministre déléguée chargée de l’insertion)
« Le groupe Socialistes et apparentés présente cette proposition de loi visant à augmenter le SMIC et à ouvrir une conférence nationale sur les salaires. Nous partageons, bien évidemment, le diagnostic sur la nécessité de permettre à tous nos concitoyens de vivre dignement de leur travail. »
M. Stéphane Viry LR
« La crise sanitaire a révélé que les emplois les plus essentiels ne sont pas toujours les mieux rémunérés. Parfois ce sont même les plus mal rémunérés. »
M. Vincent Ledoux UDI
« Monsieur le rapporteur, je suis, hélas ! obligé de vous dire que votre proposition de loi est une fausse bonne idée. C’est une bonne idée dans le sens où nous voulons tous une augmentation des ressources pour les bas salaires, mais une fausse bonne idée car le problème est mal posé et la solution, a… »
Mme Sylvia Pinel LT
« La crise sanitaire a mis en relief la situation des travailleurs pauvres et pourtant, leur utilité sociale n’a pas été davantage reconnue. En effet, les professions dites de première ou seconde ligne sont surreprésentées parmi les quelque 3 millions de salariés payés au SMIC. »
M. Éric Coquerel FI
« « Je tiens à remercier chaque employé et chaque client d’Amazon, car c’est vous qui avez payé pour tout ça », a déclaré cet été le milliardaire Jeff Bezos au retour de sa petite balade dans l’espace. »
M. Stéphane Peu GDR
« Jamais les inégalités n’ont été aussi flagrantes dans notre pays. Le dernier rapport d’Oxfam, publié cette semaine, montre que la fortune des milliardaires a augmenté plus rapidement en dix-neuf mois de pandémie que sur les dix dernières années. »
Mme Charlotte Parmentier-Lecocq LREM
« Nous examinons la proposition de loi de notre collègue Gérard Leseul visant à revaloriser le SMIC de 15 %. Je tenais une nouvelle fois à le remercier de permettre à notre assemblée de débattre de la question de la juste rémunération des travailleurs, notamment ceux qui sont payés au SMIC. »
M. Nicolas Turquois MODEM
« La proposition de loi que nous examinons vise à augmenter le SMIC et à organiser une conférence nationale sur les salaires avec, en parallèle, des négociations par branche. Si nous pouvons comprendre les intentions, nous ne souscrivons pas aux procédés. »
Mme Delphine Bagarry LREM
« La question salariale, au cœur des préoccupations de nos concitoyens, devrait également se situer au centre du débat public, tant elle est prégnante pour les nombreux foyers dont la situation économique s’est dégradée depuis la crise des subprimes de 2008. »

Le passage en commission

10 amendements examinés en commission, dont 1 adopté.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 10 amendements y ont été déposés, dont 1 adopté (qui a modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de cette adoption qui est arrivé en séance, où 16 amendements de plus ont été discutés.

1 adoptés4 rejetés1 tombés3 non soutenus1 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • FI aucun sur 2 0 %
  • SOC aucun sur 5 0 %
  • NI aucun sur 2 0 %
  • LAREM 1 sur 1 100 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 380 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 149 amendements et 33 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

2 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte intégral (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le rapport de commission n° 4896 ↗

Les 2 articles du texte adopté lors d’une autre lecture, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Fixe un plancher de 1 827,89 euros brut mensuel, dès le 1er février 2022, au salaire minimum de croissance servant de référence au calcul de son indexation. 42 com. / 2 séance

    Fixe un plancher de 1 827,89 euros brut mensuel, dès le 1er février 2022, au salaire minimum de croissance servant de référence au calcul de son indexation.

    4 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 1 adopté, puis 2 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Oblige chaque branche à négocier sous 6 mois la revalorisation de ses salaires minima hiérarchiques, en concertation avec syndicats et patronat représentatifs au niveau national et interprofessionnel. 113 com. / 8 séance

    Oblige chaque branche à négocier sous 6 mois la revalorisation de ses salaires minima hiérarchiques, en concertation avec syndicats et patronat représentatifs au niveau national et interprofessionnel.

    11 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, puis 8 en séance.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue