Sous-amendement n° 1171 · ART. 9, déposé par M. Larrivé.
L'essentiel : Ce sous-amendement voulait ajouter que le texte préciserait les conditions dans lesquelles les déboutés du droit d’asile seraient éloignés, sans aucune possibilité de régularisation.
Texte exact de l'amendement
Compléter le dernier alinéa par la phrase : « Il précise les conditions dans lesquelles les déboutés du droit d’asile seront éloignés sans aucune possibilité de régularisation. »
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Se justifie par son texte même.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 21 février 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 22 avril 2018 1re lecture Assemblée Adopté
- 26 juin 2018 1re lecture Sénat Modifié
- 4 juillet 2018 Commission mixte paritaire Accord
- 26 juillet 2018 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 31 juillet 2018 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
- 1er août 2018 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 6 septembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 10 septembre 2018 Promulgation loi n° 2018-778
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le projet de loi modifie plusieurs pans du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il raccourcit des délais de la procédure d'examen des demandes d'asile et adapte les conditions de convocation du demandeur, tout en prévoyant que la cour saisie d'un recours puisse tenir compte de l'impossibilité pour le requérant de se faire comprendre lors de son entretien faute d'interprète. Il étend la réunification familiale des personnes protégées à leurs enfants mineurs non mariés dont elles ont la charge effective et élargit à l'ensemble des États membres de l'Union européenne des conditions jusque-là appréciées sur le seul territoire français. Il modifie également les conditions dans lesquelles le demandeur conserve le droit de se maintenir sur le territoire pendant l'examen de son recours, abroge certains titres de séjour et supprime des conditions de régularité du séjour pour l'accès à la carte de résident. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 0 | 3 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 0 | 2 | 0 |
| Nouvelle Gauche | 2 | 3 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 0 | 7 | 0 |
| La République en Marche | 0 | 53 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | 0 | 1 | 0 |
| Les Républicains | 13 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 4 | 0 | 0 |
Mises au point de vote 2
Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.
- Gisèle Biémouret NG Vote enregistré Pour Position déclarée voter contre
- Alain David NG Vote enregistré Pour Position déclarée voter contre
Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1171 en séance (Immigration maîtrisée, droit d’asile effectif et intégration réussie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Le Gouvernement souhaite amender son projet de loi pour que le plan de répartition des demandeurs d’asile précise les conditions dans lesquelles les réfugiés bénéficieront d’un dispositif d’intégration. Admettons. À nos yeux, il est nécessaire que ce plan précise également que ceux, parmi les demandeurs d’asile, qui auront été déboutés, seront éloignés sans possibilité de régularisation. Tel est l’objet du sous-amendement. Vous l’avez compris, monsieur le ministre d’État : nous vous invitons à préciser enfin sereinement, clairement, les intentions du Gouvernement à l’égard des déboutés du droit d’asile et, plus généralement, des clandestins. »
« J’émets un avis favorable sur l’amendement du Gouvernement, qui correspond à ce qui a été voté en commission. L’intégration s’inscrit dans le schéma national d’accueil des demandeurs d’asile. C’est également le cas pour le pré-accueil, avant même l’inscription du demandeur d’asile. J’émets en revanche un avis défavorable au sous-amendement. Nous parlons ici d’accueil, d’hébergement, d’intégration. Y mêler l’éloignement me semble tout à fait inapproprié. »
« Je rappelle la logique du texte. Celui-ci vise à ce que les décisions soient rendues assez vite, afin que l’on puisse dire qui est réfugié et qui ne l’est pas. Nous souhaitons que la réponse puisse intervenir dans un délai de six mois en moyenne, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. De la sorte, nous aurons une idée de ceux que nous accueillons ou n’accueillons pas. Le problème, jusqu’à présent, est qu’en définitive, ce choix n’était pas fait. Je l’ai rappelé à plusieurs reprises au cours du débat : des gens peuvent être sur le territoire depuis une dizaine d’années et résider toujours dans des chambres d’hôtel. »
« Monsieur le ministre d’État, compte tenu de vos propositions et de vos prétentions, ce sous-amendement est le seul moyen de garantir que vous ayez une action effective sur les déboutés du droit d’asile. Depuis que nous examinons ce texte, vous vous vantez de faire preuve d’humanité. Vous vous targuez d’honorer la tradition d’accueil de la France envers les réfugiés. Nous sommes d’accord s’il s’agit de personnes en danger de mort dans leur pays, mais, en l’espèce, nous parlons de ceux qui sont déboutés du droit d’asile. Nous faisons confiance à notre système : quand une personne est déboutée du droit d’asile, elle n’est pas en danger de mort dans son pays. »
« Depuis le début du débat, on sent que notre approche n’est pas celle de nos collègues du groupe LR. J’exprime toute ma satisfaction que les termes d’intégration réussie figurent, avec leurs lettres de noblesse, dans le titre du projet de loi. J’en remercie le Gouvernement. Monsieur Di Filippo, vous nous rappelez toujours votre objectif, qui est de rester dans un monde replié sur lui-même. […] Mais si ! Laissez-moi aller jusqu’au bout. J’ai envie de parler d’un monde de lumière, d’un monde des Lumières. […] Non ! D’un monde des Lumières, qui fait toute notre fierté et qui nous éloigne de l’obscurantisme. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Immigration maîtrisée, droit d’asile effectif et intégration réussie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Cet amendement vise à supprimer l’article L. 743-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile – CESEDA –, qui prévoit des dérogations au principe du caractère non suspensif des recours introduits devant la Cour nationale du droit d’asile – CNDA. »
« L’article 8 pose un problème, que je voudrais illustrer de façon concrète. Imaginons que l’Office français de protection des réfugiés et apatrides – OFPRA – commette une erreur dans le traitement du dossier d’un demandeur d’asile, ce qui peut arriver car l’erreur est humaine. »
« Nous demandons nous aussi la suppression de l’article 8, d’abord parce que nous sommes opposés à la modification du terme auquel le droit de séjour prend fin – terme fixé désormais à la lecture en séance publique de la décision de la CNDA, et non plus à la notification de celle-ci. »
« Comme les orateurs précédents, nous tenons à dénoncer le risque pesant sur l’effectivité du droit au recours et présentons donc un amendement de suppression de l’article 8. »
« Selon une jurisprudence constante du Conseil constitutionnel, le caractère non suspensif du recours n’est pas contraire à notre État de droit : dès lors qu’un recours est possible, nous ne sommes pas obligés de maintenir la personne sur le territoire français. »
« Madame la ministre d’État… pardon, madame la ministre – j’ai anticipé une promotion que je vous souhaite, d’ailleurs ! Au risque de vous étonner, nous considérons que cet article va dans le bon sens concernant les cas que vous avez cités. »
« Pour aller dans le sens de Mme Untermaier, il nous semble que l’introduction du recours évoqué par Mme la rapporteure ne fait qu’ajouter des difficultés. En effet, nous nous trouvons face à une véritable usine à gaz, qui, loin d’atteindre l’objectif de la simplification, va créer un encombrement. »
« Je présenterai ici trois observations de ma collègue Laurence Vichnievsky, auxquelles elle tient particulièrement. Premièrement, les alinéas 3 à 17 de l’article 8 ne sont pas de nature à réduire le délai de traitement des demandes d’asile, objectif pourtant affiché par ce texte. »