Amendement de M. Pierre-Henri Dumont · après art. 19 BIS

74 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 60 voix non atteint. 1 abstention.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 21 %

Amendement n° 133 · APRÈS ART. 19 BIS, déposé par M. Pierre-Henri Dumont +21 cosignataires.

L'essentiel : Un étranger en situation irrégulière bloquant la circulation ou traversant une voie d’autoroute aurait été systématiquement placé en rétention, M. Pierre-Henri Dumont visant les barrages érigés autour de Calais, jugés dangereux pour la sécurité routière.

Texte exact de l'amendement

L’étranger en situation irrégulière qui bloque la circulation ou traverse une voie d’autoroute est placé automatiquement en centre de rétention administrative.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le fait de traverser une voie d’autoroute ou de bloquer la circulation est de nature à mettre en danger la vie d’autrui. Il s’agit là d’une pratique courante de la part des migrants dans la région de Calais et du Calaisis. Régulièrement, des barrages sont érigés par les migrants sur l’A16 et la rocade portuaire de Calais, engendrant de nombreux drames. L’un de ces barrages a coûté la vie à un chauffeur routier il y a quelques mois. Il est donc impératif d’y mettre fin en plaçant les auteurs de tels faits de façon systématique en centre de rétention administrative.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 21 février 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 22 avril 2018 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 26 juin 2018 1re lecture Sénat Modifié
  4. 4 juillet 2018 Commission mixte paritaire Accord
  5. 31 juillet 2018 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  6. 6 septembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi modifie plusieurs pans du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il raccourcit des délais de la procédure d'examen des demandes d'asile et adapte les conditions de convocation du demandeur, tout en prévoyant que la cour saisie d'un recours puisse tenir compte de l'impossibilité pour le requérant de se faire comprendre lors de son entretien faute d'interprète. Il étend la réunification familiale des personnes protégées à leurs enfants mineurs non mariés dont elles ont la charge effective et élargit à l'ensemble des États membres de l'Union européenne des conditions jusque-là appréciées sur le seul territoire français. Il modifie également les conditions dans lesquelles le demandeur conserve le droit de se maintenir sur le territoire pendant l'examen de son recours, abroge certains titres de séjour et supprime des conditions de régularité du séjour pour l'accès à la carte de résident. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM312LREM32UDI102LR19NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise030
Gauche démocrate et républicaine020
Nouvelle Gauche060
Mouvement Démocrate et apparentés071
La République en Marche3650
UDI, Agir et Indépendants040
Les Républicains2400
Non inscrit310

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 133 en séance (Immigration maîtrisée, droit d’asile effectif et intégration réussie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Pierre-Henri Dumont LR
« Je regrette la décision de l’Assemblée de rejeter ces amendements pleins de bon sens proposés par mes collègues Constance Le Grip et Robin Reda. L’amendement que je vous présente est issu du terrain. […] Je vous remercie, monsieur le président. Cet amendement s’appuie sur l’expérience des acteurs de terrain du Calaisis. Très régulièrement, depuis plusieurs années, des barrages sont dressés sur l’autoroute A16 et sur la rocade portuaire par des migrants et des passeurs dans le but de bloquer ou de ralentir la circulation pour permettre aux migrants de monter dans les camions à destination du Royaume-Uni. »
Mme Élise Fajgeles (rapporteure)
« Je suis allée à Calais, j’ai entendu sa maire, je connais ce problème. M. le ministre d’État s’est longuement expliqué sur la situation à Calais. Vous soulevez un vrai problème, mais la solution que vous y apportez n’est pas adaptée. On ne place pas en rétention pour un délit au code de la route. Avis défavorable. »
M. Gérard Collomb (ministre d’État)
« M. Dumont connaît maintenant mon grand attachement à Calais. Jamais je n’y étais allé aussi souvent. […] Je suis toujours le bienvenu, parfois dans des circonstances un peu difficiles. J’essaie d’aider le plus possible les élus de Calais, en faisant en sorte à la fois que les forces mobiles soient en nombre suffisant pour contenir celles et ceux qui voudraient reconstituer la jungle du passé – vous le savez, nous y mettons quelques efforts – et que Calais connaisse un traitement particulier en matière de développement – comme vous le savez, nous nous sommes engagés auprès de la maire de Calais à développer plusieurs projets. »
M. Pierre-Henri Dumont LR
« Je vous remercie pour votre réponse, monsieur le ministre d’État. Je sais que vous êtes attaché à Calais, car vous y venez très régulièrement. Notre dernière rencontre a malheureusement eu lieu après des échanges de coups de feu entre passeurs et migrants qui ont occasionné des blessés très graves, certains ayant été entre la vie et la mort. Je suis désolé de vous le dire, mais, d’après les chiffres du préfet du Pas-de-Calais, depuis le début de l’année 2018, onze barrages ont été installés sur l’autoroute et sur la rocade portuaire. Je ne comprends pas très bien l’argument de Mme la rapporteure, qui parle du code de la route quand je parle de mise en danger de la vie d’autrui. »
M. Christophe Blanchet MODEM
« J’entends l’argumentation de mon collègue, car, à Ouistreham, nous vivons une situation similaire : les migrants courent derrière les camions. Monsieur le ministre d’État, après que je vous ai alerté à l’automne, vous avez affecté les renforts de gendarmerie nécessaires pour assurer une certaine sécurité et prévenir ces comportements. Cette dissuasion est un peu efficace à Ouistreham – je dois l’avouer, certains continuent à courir derrière les camions –, mais elle mobilise des forces de l’ordre. Il faut donc réfléchir à un dispositif pour décourager les migrants de choisir ce moyen pour aller au Royaume-Uni. »
M. Daniel Fasquelle LR
« Je pense au contraire que c’est la bonne solution. Ce sujet concerne Calais et le Calaisis, mais il intéresse toute la région des Hauts-de-France – Xavier Bertrand s’est rendu à plusieurs reprises sur place. Je constate malheureusement que le Gouvernement n’a pas de solutions à proposer, sinon écarter la seule réponse plausible qui est proposée par Pierre-Henri Dumont. Je demande à la majorité de bien réfléchir et d’apporter une solution plutôt que de botter en touche et de laisser perdurer une situation aujourd’hui dramatique non seulement pour Calais et le Calaisis, mais pour toute la région des Hauts-de-France. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Immigration maîtrisée, droit d’asile effectif et intégration réussie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Emmanuelle Anthoine LR
« Cet amendement vise à créer un fichier biométrique. L’augmentation très importante du nombre de mineurs étrangers isolés ou non accompagnés qui arrivent chaque jour dans notre pays ne doit pas nous laisser indifférents. »
Mme Élise Fajgeles (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Sur la problématique des mineurs isolés, qui a été abordée par de nombreux amendements depuis le début de nos travaux, je vous renvoie à la concertation que le Premier ministre est en train de mener avec l’Assemblée des départements de France – ADF –, afin que ce sujet puisse être traité dans son en… »
Mme Jacqueline Gourault (ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur)
« Comme vous le savez, madame la députée, le Gouvernement est pleinement mobilisé sur le sujet des mineurs non accompagnés, qui pèse lourdement sur les départements et sur les services de l’aide sociale à l’enfance. »
Mme Valérie Boyer LR
« Il vise à rétablir le délit de séjour irrégulier. Il faut redonner aux autorités de police les moyens de faire respecter la loi et la réglementation en matière de séjour. »
Mme Lise Magnier UDI
« Il existe aujourd’hui un délit d’entrée irrégulière et un délit de non-respect des mesures d’éloignement, mais le séjour irrégulier sur le territoire d’un étranger ne constitue plus une infraction en soi. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Depuis octobre 2016, Cédric Herrou a subi huit gardes à vue, cinq perquisitions, deux procès, une détention administrative et une mise en examen avec contrôle judiciaire très restrictif. »
M. Sylvain Waserman DEM
« La politique est une affaire de valeurs, de convictions, d’engagement, mais également de curseur. Cet amendement propose de déplacer le curseur sur le délit de solidarité, qui existe dans notre droit depuis 1938. »
M. Louis Aliot NI
« L’article L. 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose que « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq… »
M. Alexis Corbière FI
« Monsieur le ministre d’État, nous ne parlons pas de « réseaux de passeurs », de gens qui font de l’argent pour transporter d’autres personnes, qui organisent un business . »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Cet amendement vise à supprimer le délit de solidarité – d’une manière plus claire que ne le fait l’amendement du Gouvernement –, dès lors que l’acte d’humanisme est désintéressé. On ne parle pas ici de passeurs. »

Pour aller plus loin

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