Amendement de M. Prud'homme (FI) · art. 32

85 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 64 voix non atteint. 2 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 22 %

Amendement n° 991 · ART. 32, déposé par M. Prud'homme FI +16 cosignataires.

L'essentiel : M. Prud’homme proposait d’ouvrir le titre de séjour protecteur à toute personne victime de violences conjugales, sans exiger l’ordonnance de protection délivrée par un juge, jugée selon lui trop difficile à obtenir pour beaucoup de victimes.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 2, insérer l’alinéa suivant : « aa) À la première phrase du premier alinéa et au deuxième alinéa, les mots : « l’étranger qui bénéficie d’une ordonnance de protection en vertu de l’article 515‑9 du code civil, en raison des » sont remplacés par les mots : « la personne victime de »; »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement principal, nous proposons de consacrer une égalité entre les personnes victimes de violences conjugales eu égard aux protections que l’Etat a à leur accorder. Nous proposons ainsi de donner l’accès automatique à un titre de séjour de protection aux personnes victimes de violences exercées au sein du couple ou par un.e ancien.nne conjoint.e, un.e ancien.nne partenaire lié.e par un pacte civil de solidarité ou un.e ancien.nne concubin.e. En effet, en l’état du droit (L. 316-3 du CESEDA), l’accès à un titre de séjour temporaire ou son renouvellement n’est seulement automatiquement délivré qu’aux personnes ayant obtenu une « ordonnance de protection » (article 515-9 du code civil – créé seulement en 2010 par ailleurs), délivrée par un juge aux affaires familiales après sa saisine. Une telle ordonnance de protection peut ordonner une résidence séparée du couple, interdire au conjoint violent d’entrer en relation, autoriser la victime à dissimuler son domicile, statuer sur la contribution aux charges du mariages, etc… (article 515-11 du code civil). Or, dans les faits, au-delà des difficultés à connaître le système juridique français et monétaires pour saisir un juge, cette ordonnance de protection est souvent conditionné par la nécessité de produire de nombreux éléments de preuve significatifs (une plainte, des certificats médicaux, des attestations de l’entourag…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 21 février 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 22 avril 2018 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 26 juin 2018 1re lecture Sénat Modifié
  4. 4 juillet 2018 Commission mixte paritaire Accord
  5. 31 juillet 2018 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  6. 6 septembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi modifie plusieurs pans du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il raccourcit des délais de la procédure d'examen des demandes d'asile et adapte les conditions de convocation du demandeur, tout en prévoyant que la cour saisie d'un recours puisse tenir compte de l'impossibilité pour le requérant de se faire comprendre lors de son entretien faute d'interprète. Il étend la réunification familiale des personnes protégées à leurs enfants mineurs non mariés dont elles ont la charge effective et élargit à l'ensemble des États membres de l'Union européenne des conditions jusque-là appréciées sur le seul territoire français. Il modifie également les conditions dans lesquelles le demandeur conserve le droit de se maintenir sur le territoire pendant l'examen de son recours, abroge certains titres de séjour et supprime des conditions de régularité du séjour pour l'accès à la carte de résident. L'extrait disponible ne porte que sur les premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM312LREM32UDI102LR19NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise800
Gauche démocrate et républicaine200
Nouvelle Gauche700
Mouvement Démocrate et apparentés070
La République en Marche0752
UDI, Agir et Indépendants020
Les Républicains0210
Non inscrit050

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 991 en séance (Immigration maîtrisée, droit d’asile effectif et intégration réussie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Mathilde Panot FI
« Je rappelle à mes collègues de La République en marche qu’ils ont décidé que la grande cause du quinquennat serait l’égalité entre les femmes et les hommes. Les violences conjugales, dont sont majoritairement victimes les femmes, sont une chose contre laquelle vous vous êtes engagés à lutter particulièrement au cours de ce quinquennat. J’espère donc que vous examinerez avec une attention particulière cet amendement qui vise à renforcer la protection des victimes de violences conjugales. »
Mme Danièle Obono FI
« Mais comment « répondre », étant donné que nous n’avons eu droit à aucune explication ? En plus, monsieur le ministre semble trouver cela très drôle. […] Nous avons entendu des mugissements dans une partie de l’hémicycle : nous voudrions, avant de poursuivre, vérifier qu’il ne s’y trouve pas d’animal. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Immigration maîtrisée, droit d’asile effectif et intégration réussie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Emmanuelle Anthoine LR
« Cet amendement vise à créer un fichier biométrique. L’augmentation très importante du nombre de mineurs étrangers isolés ou non accompagnés qui arrivent chaque jour dans notre pays ne doit pas nous laisser indifférents. »
Mme Élise Fajgeles (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Sur la problématique des mineurs isolés, qui a été abordée par de nombreux amendements depuis le début de nos travaux, je vous renvoie à la concertation que le Premier ministre est en train de mener avec l’Assemblée des départements de France – ADF –, afin que ce sujet puisse être traité dans son en… »
Mme Jacqueline Gourault (ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur)
« Comme vous le savez, madame la députée, le Gouvernement est pleinement mobilisé sur le sujet des mineurs non accompagnés, qui pèse lourdement sur les départements et sur les services de l’aide sociale à l’enfance. »
Mme Valérie Boyer LR
« Il vise à rétablir le délit de séjour irrégulier. Il faut redonner aux autorités de police les moyens de faire respecter la loi et la réglementation en matière de séjour. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Depuis octobre 2016, Cédric Herrou a subi huit gardes à vue, cinq perquisitions, deux procès, une détention administrative et une mise en examen avec contrôle judiciaire très restrictif. »
M. Louis Aliot NI
« L’article L. 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose que « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq… »
M. Alexis Corbière FI
« Monsieur le ministre d’État, nous ne parlons pas de « réseaux de passeurs », de gens qui font de l’argent pour transporter d’autres personnes, qui organisent un business . »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Cet amendement vise à supprimer le délit de solidarité – d’une manière plus claire que ne le fait l’amendement du Gouvernement –, dès lors que l’acte d’humanisme est désintéressé. On ne parle pas ici de passeurs. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue