Amendement de M. Jean-Philippe Tanguy et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · après art. 2

76 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 156 voix non atteint. 6 abstentions.
Majoritaire
Participation 55 %

Amendement n° 16608 · APRÈS ART. 2, déposé par M. Jean-Philippe Tanguy et les membres du groupe Rassemblement National RN.

L'essentiel : Cet amendement voulait taxer à 25 % les bénéfices exceptionnels réalisés en 2023 par les entreprises dépassant 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, mesurés par l’écart avec 2019, et affecter cette recette aux caisses de retraite de base.

Texte exact de l'amendement

I. - Il est institué une contribution additionnelle sur les bénéfices exceptionnels réalisés entre le 1 er janvier et le 31 décembre 2023 par les entreprises réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires sont imposés au taux de 25 %. II. - Sont qualifiés d’exceptionnels les bénéfices supplémentaires observés entre les résultats enregistrés pour l’année 2019 et, d’autre part, ceux observés pour l’année 2023. III. - La contribution additionnelle est reversée aux caisses de retraite du régime de base obligatoire. Les dispositions relatives à la répartition entre caisses de retraite sont renvoyées à un décret pris en Conseil d’État.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le présent amendement double le taux de l’impôt sur les sociétés pour les surprofits dégagés en 2023 par les sociétés dont le chiffre d’affaires est supérieur à 100 millions d’euros. La notion de surprofit est définie par la différence entre, d’une part, les bénéfices observés en 2023 et, d’autre part, ceux observés en 2019. Ces sources de financement permettront de financer la réforme de retraites juste et équitable que nous proposons à la représentation nationale. Refusé lors du projet de loi de finances rectificative pour 2022, cet amendement pose une nouvelle fois la question de la taxation des surprofits, toujours pertinente en 2023. « Ces sources de financement permettront notamment de financer la réforme de retraites juste et équitable que nous proposons à la représentation nationale. »

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 23 janvier 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 11 mars 2023 1re lecture Sénat Modifié
  3. 20 mars 2023 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 14 avril 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte distingue, parmi les salariés relevant du statut particulier mentionné à l'article L. 2142-4-1 du code des transports, ceux recrutés avant le 1er septembre 2023, dont il fixe l'affiliation. Il crée des indicateurs relatifs à l'amélioration de l'emploi des seniors, l'employeur poursuivant un objectif d'amélioration de l'embauche et du maintien en emploi. Il institue un contrat de fin de carrière, que peut conclure un salarié âgé d'au moins soixante ans. Il modifie les contributions dues sur les indemnités versées à l'occasion d'une rupture conventionnelle ou d'une mise à la retraite et prévoit une mutualisation entre entreprises des coûts liés à certaines maladies professionnelles. Il demande également au Gouvernement deux rapports, l'un avant le 1er octobre 2023 comparant les conséquences d'une affiliation à un régime pour les assurés et les pensionnés, l'autre dans les six mois sur la cotisation applicable à certains travailleurs indépendants.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Âge légal de départ porté de 62 à 64 ans Adopté

    Relèvement progressif de l'âge légal d'ouverture des droits de 62 à 64 ans et accélération du calendrier d'allongement de la durée d'assurance requise pour une pension à taux plein.

    Validé par le Conseil constitutionnel (article 10).

  • Carrières longues, pénibilité et fins de carrière Adopté

    Aménagements pour les carrières longues, l'usure professionnelle (compte professionnel de prévention) et les situations d'invalidité ou d'inaptitude.

    Validé pour l'essentiel.

  • Revalorisation du minimum de pension Adopté

    Revalorisation du minimum de pension (« minimum contributif ») pour les personnes ayant cotisé une carrière complète autour du SMIC.

    Validé.

  • Index seniors et « CDI seniors » Censuré

    Le texte créait un « index seniors » (publication d'indicateurs sur l'emploi des seniors) et un contrat favorisant l'embauche des seniors en fin de carrière.

    Censurés comme cavaliers sociaux : sans lien avec une loi de financement de la sécurité sociale (décision 2023-849 DC).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
74LFI22GDR22EcoS31SOC20LIOT51DEM170RE29HOR61LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES001
Écologiste - NUPES042
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires021
Démocrate (MoDem et Indépendants)0420
Renaissance01360
Horizons et apparentés0240
Les Républicains0331
Rassemblement National7000
Non inscrit001

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 16608 en séance (Projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean-Philippe Tanguy RN
« Le très pénible exercice consistant à examiner plusieurs centaines d’amendements visant à créer des impôts sur les surprofits nous a permis de nous rendre compte à quel point les Insoumis étaient capables de transformer en plomb les meilleures idées mariniste ; en plomb très lourd et très inutile. […] Mais revenons à l’essentiel. Cet après-midi la Macronie a plusieurs fois expliqué qu’il fallait soutenir l’effort et reconnaître ceux qui prennent des risques et qui ont le mérite de créer des richesses. C’est vrai, chers collègues, mais ce n’est pas le système fiscal que vous avez contribué à créer avec les Socialistes, les Verts et, malheureusement, Les Républicains. »
Mme Stéphanie Rist (rapporteure générale de la commission des affaires sociales)
« Avis défavorable. Nous avons déjà eu ce débat hier, ce matin et cet après-midi. Je voudrais faire une proposition, en particulier aux députés du groupe LFI-NUPES, parce qu’il y a encore une solution pour arriver au moins à la fin de l’article 7. Il reste 7 077 amendements. »
Mme Stéphanie Rist (rapporteure générale)
« Je suis d’accord avec Mme Fiat : tous les parlementaires ont le droit de déposer des amendements. Toutefois, en l’espèce, il n’est pas correct de faire croire que ce sont les autres qui font de l’obstruction. Si vous en retirez 7 000 (Mme Clémence Guetté s’exclame), on peut presque atteindre la fin de l’examen de l’article 7 et, je l’espère, parler un peu de pénibilité. Je regrette vraiment que nous ne puissions pas aborder cet article, qui prévoit des mesures importantes. »
M. Gabriel Attal (ministre délégué chargé des comptes publics)
« Avis défavorable. J’en profite, à la suite du rappel au règlement de Mme Le Pen, pour apporter tout mon soutien à Franck Riester au sujet de l’absence de projet du Rassemblement national pour les retraites des Français. Son absence totale, madame Le Pen ! Sur les plateaux de télévision, vous dites vouloir supprimer le régime spécial de la RATP, mais dans l’hémicycle vous voulez le maintenir ; vous dites pendant la campagne présidentielle qu’il faut supprimer le compte pénibilité, mais dans l’hémicycle vous ne dites plus la même chose. Vous expliquez que tout le monde partira à la retraite à 60 ans,… »
M. Gabriel Attal (ministre délégué)
« …mais vous êtes incapables de dire comment vous financerez cela. Vous dites tout et son contraire ! Vous avez traversé ce débat comme des rentiers, en pensant engranger sans rien faire ! Voilà la réalité brute ! […] Par ailleurs, on voit avec cet amendement que vous êtes des patriotes de pacotille : vous voulez taxer des entreprises françaises ! […] Vous voulez taxer Décathlon, Fleury Michon, la Compagnie laitière, Stellantis. C’est l’industrie française que vous voulez mettre à mal avec votre amendement ! Avis défavorable sur cet amendement et sur votre ligne dans ce débat, consistant à fuir les responsabilités que nous avons à l’égard des Français. »
Mme Nadia Hai RE
« Tout comme M. le ministre délégué, je me demande où est la cohérence des députés du Rassemblement national. Ils se font les défenseurs des petites retraites, des milieux populaires, et ils veulent, avec l’amendement présenté par M. Tanguy, exposer les pensions de retraite aux aléas du marché. […] Vous n’êtes pas cohérents lorsque vous prétendez défendre les milieux populaires. En commission, vous avez voulu maintenir les régimes spéciaux de la RATP et de la Banque de France, payés par les Français. »

34 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Stéphanie Rist (rapporteure générale de la commission des affaires sociales)
« Comme d’autres avant eux, ils tendent à taxer davantage les dividendes. Même si je me suis déjà exprimée sur ce sujet, je tiens à rappeler que, contrairement à ce que vous laissez croire, les dividendes sont d’ores et déjà imposés, puisqu’ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU). »
M. Gabriel Attal (ministre délégué chargé des comptes publics)
« Je suis ravi de vous retrouver pour une nouvelle journée de discussions sur le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale. »
M. Frédéric Petit DEM
« Je dois vous dire, mes chers collègues, que la situation est parfois difficile à vivre et que je ne suis vraiment pas à l’aise avec le spectacle auquel j’assiste dans l’hémicycle depuis quinze jours. Il y a encore beaucoup de confusions, sur lesquelles je voudrais revenir. »
M. Mathieu Lefèvre RE
« Je suis surpris, chers collègues, que vous ne souhaitiez pas débattre de la taxation des dividendes. Si vous n’y croyez pas, il fallait retirer vos amendements ; peut-être, du reste, ne croyiez-vous guère à ceux que vous avez retirés en masse ! »
M. Paul Christophe HOR
« Nous voici très heureux, chers collègues, d’entamer une nouvelle journée à vos côtés ; reste que nous n’avançons guère et que nous en sommes toujours, avec vous, à l’exercice consistant à taxer tout ce qui bouge, le risque étant précisément que cela cesse alors de bouger. »
Mme Véronique Louwagie LR
« Je souhaitais poser une question à nos collègues de la NUPES : voulez-vous plus d’emplois en France ? Voulez-vous plus d’emplois mieux rémunérés ? »
M. Philippe Lottiaux RN
« Sur le principe, nous pouvons être favorables à la taxation du capital. Le groupe RN voulait ainsi taxer les superprofits et les retraites chapeaux mais nos propositions en ce sens ont été rejetées. »

Pour aller plus loin

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