L'essentiel
Amendement n° I-766, ART. LIMINAIRE :, déposé par Mme Louwagie et 61 cosignataires
Cet amendement des Républicains proposait de rehausser les objectifs de solde structurel du budget, en y intégrant vingt milliards d’euros d’économies réclamées sur trois ans, jugés plus ambitieux que la trajectoire du Gouvernement.
Texte exact de l'amendement
I. – À la quatrième ligne de la dernière colonne du tableau de l’alinéa 2, substituer au nombre : « -4,0 », le nombre : « -3,7 ». II. – En conséquence, à la septième ligne de la même colonne du même tableau du même alinéa, substituer au nombre : « -5,0 », le nombre : « -4,7 ».
Exposé des motifs
Cet amendement des députés Les Républicains vise à présenter un objectif de solde structurel plus ambitieux que celui présenté par le Gouvernement en 2023, en intégrant 20 milliards d’euros d’économies que les députés Les Républicains réclament sur 3 ans dans leur plan de sobriété bureaucratique. En effet, la trajectoire de redressement des finances publiques tel que fixé dans la loi de programmation est bien trop peu ambitieuse, comme le déplore le Haut Conseil des finances publiques lui-même. Le Haut Conseil des finances publiques dans son avis rendu le 21 septembre 2022 souligne en effet que « (…) le Gouvernement prévoit pour 2023 une simple stabilité du déficit public effectif, une amélioration au mieux limitée du solde structurel et une quasi-totalité du ratio de dette ». Par conséquent, « le redressement des finances publiques s’annonce ainsi lent et très incertain en 2023 ». Surtout la trajectoire du Gouvernement ne prend pas la mesure de l’urgence sur nos finances publiques de même qu’elle ne permet pas d’engager une réelle baisse des dépenses publiques d’autant plus indispensable que notre dette devient de moins en moins soutenable en raison de la remontée des taux et de l’alourdissement de la charge de la dette. Les prévisions annoncées dans ce projet de loi de finances sont très en deçà des efforts d’assainissement de nos comptes publics attendus, d’autant que le Ha…
Comment chaque groupe a voté
en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote| Groupe | Répartition | Pour, contre, abstention |
|---|---|---|
| 0 pour, 54 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 10 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 9 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 12 contre, 0 abst. | ||
| 7 pour, 1 contre, 1 abst. | ||
| 0 pour, 40 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 117 contre, 0 abst. | ||
| 1 pour, 22 contre, 0 abst. | ||
| 30 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 77 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 1 pour, 0 contre, 0 abst. |
Comprendre les votes
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte est le projet de loi de finances pour 2023. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2023, des ressources de l'État et des impositions de toutes natures affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2022 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. L'article 3 aménage le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'article 4 modifie le régime fiscal des grands événements sportifs prévu à l'article 1655 septies du code général des impôts. L'article 5 supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. L'article 6 proroge la réduction des tarifs d'accise sur l'électricité, tandis que les articles 7 et 8 adaptent le système fiscal aux exigences de la transition énergétique et renforcent les incitations fiscales à l'utilisation d'énergie renouvelable dans les transports.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 766 en séance (Projet de loi de finances pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Par cet amendement, qui s’inscrit dans la droite ligne de celui que j’ai défendu hier lors de l’examen du projet de loi de programmation des finances publiques, nous proposons de fixer un objectif de solde structurel plus ambitieux que celui présenté par le Gouvernement, en intégrant les 20 milliards d’euros d’économies – voire 25 milliards, selon le ministre Gabriel Attal – dont nous réclamons la réalisation sur trois ans dans le cadre d’un plan de sobriété bureaucratique. Nonobstant ce qui peut être dit, c’est parce que nous sommes responsables que nous formulons ces propositions. »
« Je veux tout d’abord, pour éviter toute confusion, saluer le formidable travail accompli par l’ensemble des fonctionnaires français, qui nous ont notamment permis de traverser la crise. La marche que vous nous proposez de gravir l’an prochain, madame Louwagie, est trop haute. Nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous sommes encore au cœur de la crise et les Français, les collectivités territoriales, les entreprises, les associations ont besoin d’être protégés. Ce n’est donc pas le moment. Enfin, nous vous l’avons dit – nous avons déjà travaillé ensemble sur d’autres dossiers –, nous sommes très ouverts. »
« Je vous remercie à mon tour, madame Louwagie, pour vos propositions. Si je souscris aux propos du rapporteur général sur la qualité du travail réalisé par les fonctionnaires, je suis d’accord avec vous : on peut administrer aussi bien, voire mieux, en poursuivant la réduction des dépenses publiques et en menant de nouvelles politiques publiques. On peut avoir des fonctionnaires toujours aussi motivés et efficaces mais peut-être moins nombreux. Le prélèvement à la source, qui est l’une des grandes réformes que j’ai défendues avec Gérald Darmanin lorsqu’il était ministre de l’action et des comptes publics, en est l’illustration. »
« Le groupe Rassemblement national votera pour l’amendement de Mme Louwagie, car nous sommes convaincus qu’il y a des économies à réaliser dans l’administration. On a entendu dire, il y a quelques années, qu’il fallait « dégraisser le mammouth ». De fait, qui n’a jamais rencontré un maire qui se plaignait de ne pas s’y retrouver dans le millefeuille administratif ou un administré perdu entre les différentes administrations auxquelles il doit s’adresser ? Ainsi, non seulement l’État pourrait réaliser des économies, mais la vie de l’ensemble des citoyens et des agents serait facilitée. À plusieurs reprises depuis le début de la séance, la menace du 49.3 a été brandie. »
« Dans son amendement, Mme Louwagie propose d’améliorer le solde structurel de 0,3 point, ce qui représente une économie de 8 milliards d’euros – le mien était plus modeste : je vous proposais une économie de 5,5 milliards. Comment y parvenir, monsieur le ministre ? Si vous renoncez à appliquer le bouclier tarifaire aux deux derniers déciles, vous obtenez grosso modo une économie de 8 milliards. Qui plus est, cette mesure serait tout à fait juste, car les classes moyennes et, surtout, les couches populaires seraient protégées. Je vous le redis : voilà ce qu’il faut faire ! Nous ne pouvons pas continuer à dépenser 45 milliards pour tous les Français. »
« L’amendement n o 766 est vraiment très important, car il illustre la capacité de notre groupe à financer ses propositions et notre volonté d’infléchir la tendance à la dérive des comptes publics. De fait, vous le savez, leur déséquilibre est insoutenable : l’an dernier, la différence entre les dépenses et les recettes était de 170 milliards, et elle est presque aussi importante cette année alors que les hypothèses de croissance et d’inflation sont trop optimistes. Si l’on veut envoyer un signal, il faut prendre cette décision pour amorcer la débureaucratisation de notre pays. »
4 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.