L'essentiel
Amendement n° I-1481, ART. 2, déposé par M. Adam et 10 cosignataires
Cet amendement proposait une indexation moindre des deux tranches les plus élevées de l’impôt sur le revenu, abaissant leurs seuils par rapport au projet du Gouvernement, son auteur voulant faire davantage contribuer les foyers les plus aisés.
Texte exact de l'amendement
I. – À la fin de l’alinéa 7, substituer au montant : « 78 570 € » le montant « 76 781 ». II. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 8, substituer au montant : « 168 994 € » le montant : « 161 939 € ».
Exposé des motifs
Cet amendement propose une indexation différenciée au taux d’inflation pour les deux tranches les plus élevées du barème de l’IR (revenus soumis à un taux d’IR de 41% et de 45 %). Dans le texte actuel, le Gouvernement propose, afin de préserver le pouvoir d’achat des Français, une indexation à un taux d’inflation de 5,4 % de manière uniforme. Toutefois, il apparait que l’inflation frappe plus durement les plus précaires et les classes moyennes. Cet amendement propose donc un mécanisme différencié et demande un effort supplémentaire aux plus aisés avec une indexation limitée à 3% pour les revenus soumis à un taux d’IR de 41% et à 1 % pour les contribuables de la plus haute tranche. Cela permettra ainsi de dégager un surplus de ressource pour l’État et donc des marges de manœuvre supplémentaires pour financer d’autres actions.
Comment chaque groupe a voté
en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote| Groupe | Répartition | Pour, contre, abstention |
|---|---|---|
| 27 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 8 pour, 0 contre, 1 abst. | ||
| 12 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 8 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 3 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 32 contre, 0 abst. | ||
| 14 pour, 84 contre, 2 abst. | ||
| 1 pour, 19 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 11 contre, 0 abst. | ||
| 65 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 0 contre, 1 abst. |
Comprendre les votes
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte est le projet de loi de finances pour 2023. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2023, des ressources de l'État et des impositions de toutes natures affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2022 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. L'article 3 aménage le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'article 4 modifie le régime fiscal des grands événements sportifs prévu à l'article 1655 septies du code général des impôts. L'article 5 supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. L'article 6 proroge la réduction des tarifs d'accise sur l'électricité, tandis que les articles 7 et 8 adaptent le système fiscal aux exigences de la transition énergétique et renforcent les incitations fiscales à l'utilisation d'énergie renouvelable dans les transports.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1481 en séance (Projet de loi de finances pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Je voudrais commencer par défendre le Gouvernement, le remercier pour cet article 2… […] …et pour les 6 milliards d’euros d’économies qui vont être proposés aux Français , afin que tous ceux qui travaillent ne subissent pas une hausse de leur impôt si leur salaire augmente, et que ceux qui ne seront pas augmentés à hauteur de l’inflation bénéficient même d’une baisse d’impôt. »
« Je comprends l’esprit de votre amendement. Je signale à l’ensemble de nos collègues l’existence d’un outil qui s’appelle LexImpact, disponible sur le site de l’Assemblée nationale et qui permet de faire des simulations. Ce n’est pas la machine de Bercy, évidemment, mais cet outil permet de visualiser l’impact de réformes de l’impôt dans de nombreux cas. »
« J’entends vos intentions, mais je veux vraiment rappeler que l’article 2 ne sert pas à lancer une réforme du barème de l’impôt sur le revenu : il vise à neutraliser les effets de l’inflation pour l’ensemble des contribuables. C’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas favorables aux amendements, dont le vôtre, qui visent à différencier les taux de revalorisation. […] Nous n’y sommes pas favorables, et je sais que telle n’est pas non plus votre intention, monsieur Adam ; aussi vous proposerai-je de retirer votre amendement. À défaut, j’émettrai un avis défavorable. »
« Nous avons eu un bon débat en votre absence, monsieur Le Maire, non parce que vous étiez absent mais parce que nos échanges étaient de qualité. Pour conclure cette séquence, je vais vous livrer une information : 62 % des Français sont favorables à une taxe immédiate, qu’ils considèrent comme urgente, sur les superprofits. Et 62 % des Français considèrent que les salariés en grève, dans des groupes qui sont des profiteurs de crise, sont dans une situation « insatisfaisante ». Pourquoi vous dis-je cela ? Parce que je pense que les Français ne sont pas cons. Les Français ne sont pas cons, et vous auriez tort de les prendre pour des cons ! »
« Le présent amendement vise à faire contribuer un peu plus – un tout petit peu plus, d’ailleurs – les classes les plus aisées, par un système un petit peu plus redistributif. Ce n’est pas le système le plus juste ni le système dont nous rêvons, mais nous estimons qu’une telle proposition va dans le bon sens. J’observe d’ailleurs que le principe selon lequel vous êtes « et de droite, et de gauche » a fait long feu : lorsqu’un amendement émanant de l’aile gauche – pour le dire ainsi – de vos rangs va dans le sens de la justice sociale, le Gouvernement ne le soutient pas. »
« Le ministre délégué l’a rappelé : l’impôt sur le revenu est déjà très concentré, du fait de nombreuses réformes qui l’ont concentré de plus en plus : ainsi, 10 % des ménages paient 70 % du produit de cet impôt ! Par ailleurs, 56 % des ménages ne paient aucun impôt sur le revenu. […] Notre système fiscal et social est l’un des plus redistributifs au monde. On peut faire mieux et on peut faire plus juste, certes, mais je rappelle aussi que l’objectif du présent article est d’indexer le barème de l’impôt sur l’inflation, c’est-à-dire de faire en sorte que ceux dont le revenu progresse du fait de l’inflation ne paient pas tout à coup plus d’impôt. »
1 autre prise de parole a suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.