Amendement de M. Clouet (LFI-NUPES) · art. 2

63 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 31 voix non atteint. 14 abstentions.
Majoritaire
Participation 13 %

Amendement n° 1415 · ART. 2, déposé par M. Clouet LFI-NUPES +74 cosignataires.

L'essentiel : La suspension, totale ou partielle, du RSA en cas de non-respect du contrat d’engagement n’aurait plus été possible, son auteur défendant l’inconditionnalité de ce minimum vital.

Texte exact de l'amendement

Supprimer l’alinéa 28.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, les député.es membres du groupe parlementaire LFI-Nupes soutiennent l’inconditionnalité du revenu de solidarité active. Le présent alinéa entérine le pouvoir de suspendre en partie ou en totalité le versement du RSA si le bénéficiaire ne respecte pas les obligations d’un contrat d’engagement défini dans le code du travail. Le revenu de solidarité active est un minimum vital, un moyen de survie garanti à celles et ceux qui n’ont aucun revenu et sont privés d’emploi. Il représente pour plus de 4 millions de françaises et de français le seul rempart face à l’extrême pauvreté. Cela explique pourquoi le montant du RSA est considéré en procédure civile comme le montant d’insaisissabilité. Suspendre le versement du RSA en tout ou partie aurait pour conséquence de plonger dans l’extrême précarité de millions de françaises et de français dont la survie dépend de cette allocation. Nous défendons l’inconditionnalité de cette aide sociale, dont le versement ne doit être soumis à des obligations contractuelles.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 juin 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 11 juillet 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 9 novembre 2023 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 14 novembre 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 14 décembre 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi réécrit les règles d’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi et instaure un contrat d’engagement, dont il fixe le contenu dans le code du travail. Il remplace, pour le revenu de solidarité active, la suspension du versement par sa suppression dans le code de l’action sociale et des familles. Il réorganise le service public de l’emploi autour d’un réseau France Travail, en modifiant les missions de l’opérateur national et en faisant des organismes de placement spécialisés des opérateurs spécialisés de ce réseau. Il crée un chapitre consacré aux organismes publics ou privés chargés du repérage et de l’accompagnement spécifique des personnes les plus éloignées de l’emploi. Il subordonne en outre certaines actions de formation de l’État à une concertation avec les régions et à la prise en compte des besoins identifiés localement, et intègre l’effort de maintien dans l’emploi au titre de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Création de France Travail en remplacement de Pôle emploi Adopté

    Transformation de Pôle emploi en un opérateur France Travail, tête d'un réseau associant l'État, les collectivités, les missions locales et Cap emploi, chargé de coordonner l'accompagnement vers l'emploi.

    En vigueur depuis le 1er janvier 2024.

  • Inscription généralisée, dont les allocataires du RSA Adopté

    Inscription automatique à France Travail de l'ensemble des personnes sans emploi en recherche, y compris les bénéficiaires du RSA et leurs conjoints, jusque-là pas systématiquement inscrits.

    Mesure maintenue dans la loi promulguée, déployée progressivement.

  • Contrat d'engagement avec un volume d'heures d'activité Adopté

    Signature d'un contrat d'engagement fixant un plan d'action et un volume hebdomadaire d'activité (accompagnement, formation, immersion), assorti d'un régime de sanctions gradué en cas de manquement.

    Maintenu ; le volume d'heures a d'abord été expérimenté avant généralisation.

  • Volet emploi des personnes en situation de handicap Adopté

    Rapprochement des droits des travailleurs handicapés du milieu protégé vers le droit commun et simplification de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

    Maintenu dans la loi promulguée.

  • Partage de données personnelles entre acteurs du réseau Censuré

    Dispositions organisant l'échange d'informations à caractère personnel entre les membres du réseau France Travail pour le suivi des personnes accompagnées.

    Dispositions sur le partage de données à caractère personnel censurées par la décision n° 2023-858 DC.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE30HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale800
Gauche démocrate et républicaine - NUPES200
Écologiste - NUPES400
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)080
Renaissance0330
Horizons et apparentés030
Les Républicains020
Rassemblement National0014
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1415 en séance (Plein emploi), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Danielle Simonnet LFI
« Par cet amendement, nous réaffirmons notre attachement à l’inconditionnalité du revenu de solidarité active, qui est de la plus haute importance. J’en appelle à votre conscience républicaine et humaniste … […] Le revenu de solidarité active est un minimum vital, un moyen de survie. […] Nous souhaitons quant à nous en faire une garantie de dignité en veillant à ce qu’il ne soit pas inférieur au seuil de pauvreté, car on sait bien qu’en percevant le RSA actuel, on ne vit pas ; on survit. […] La sanction, la sanction, toujours la sanction. Quand remettrez-vous votre politique en question ? »
M. Paul Christophe (rapporteur)
« Rappelons tout d’abord que nous aborderons la question des sanctions à l’article 3. Ensuite, la notion de droits et devoirs existe depuis le temps du RMI et l’instauration du RSA l’a confirmée. Nous n’y changerons pas grand-chose, et je vous persuaderai même que nous l’améliorerons. Avis défavorable. »
M. Philippe Juvin LR
« Évitons les caricatures. Nul n’affirme qu’il faut priver des Français et des Françaises d’un revenu qui est souvent, en effet, un revenu de subsistance. […] Vous cédez à la caricature. Nous disons ceci : les bénéficiaires du RSA doivent suivre un parcours d’insertion. Vous citez le cas des parents isolés et prétendez que nous allons affamer leurs enfants. N’avez-vous pas vu que nous venons d’adopter un amendement excluant de l’obligation des quinze heures d’activité hebdomadaires les parents isolés avec enfant à charge et sans mode de garde ? […] Vous créez des problèmes là où il n’y en a pas et vous suscitez des craintes et des fantasmes qui n’ont pas lieu d’être. »
M. Hadrien Clouet LFI
« L’intervention de M. Juvin nous donne l’occasion d’ouvrir le débat. Il nous dit que les parents isolés sans mode de garde ne seront pas soumis à l’obligation d’activité ; soit, il ne reste donc plus que tous les autres, c’est-à-dire les personnes sans enfant, les parents non isolés, ceux qui ont un mode de garde, bref, les trois quarts du pays. Autrement dit, la distinction que vous faites n’est pas opérationnelle car elle ne concerne qu’une minorité. Ensuite, vous affirmez – à juste titre – avoir protégé cette infime minorité contre l’une des obligations, en l’occurrence les quinze heures d’activité, qui sont imposées aux demandeurs d’emploi. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Plein emploi), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Victor Catteau RN
« Cet amendement, déposé à l’initiative de ma collègue Katiana Levavasseur, propose d’inscrire, dans le projet de loi, l’obligation du rôle de l’organisme référent dans le suivi des demandeurs d’emploi. »
M. Jean-Hugues Ratenon LFI
« Il supprime l’alinéa 15 et l’obligation pour le demandeur d’emploi dont le projet professionnel comporte la reprise ou la création d’une entreprise d’effectuer les actes définis par le contrat d’engagement réciproque (CER) dans le cadre de ce projet. Cette obligation est trop contraignante. »
M. Paul Christophe (rapporteur)
« Nous partageons bien entendu votre préoccupation. Comme je l’ai rappelé en commission, à l’initiative de la sénatrice Valérie Létard, le Parlement a adopté la proposition de loi créant une aide universelle d’urgence pour les victimes de violences conjugales, qui permet d’accélérer l’octroi du RSA à… »
M. Olivier Dussopt (ministre)
« Au-delà de cette erreur technique, qui plaide pour le retrait de l’amendement, je rappelle que toutes les personnes victimes de violences conjugales, qu’elles soient des femmes ou des hommes, seront de fait protégées, puisque le contrat d’engagement réciproque tient compte de la situation personnell… »
Mme Fanta Berete RE
« Chacun de nous ici est touché par la situation des personnes handicapées et je ne laisserai personne penser que la majorité ne leur porte pas une attention particulière. J’ai grandi avec deux adultes en situation de handicap qui touchaient le revenu minimum d’insertion (RMI) à l’époque. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« C’est un dialogue de sourds ! Depuis trois jours, nous discutons des mêmes sujets, mais, comme nous ne voyons pas les choses sous le même angle, nous ne risquons pas de nous mettre d’accord. Pour vous, le contrat d’engagement est une contrainte. Je n’ai pas la même vision. »
M. Benjamin Lucas
« …elle nous invite, avec ce projet de loi, à « faire un pari », ce qui est très révélateur. Mais à l’Assemblée nationale, nous parlons de la vie des gens et nous ne parions pas. En l’occurrence, nous parlons de personnes qui sont en situation de handicap, de souffrance et de précarité. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Quand on n’a plus rien à dire, on tombe dans l’excès. J’en veux pour preuve les exemples qui ont été pris : quel agent public du service de l’emploi qui fait son travail avec professionnalisme aurait envie de sanctionner une personne dans les situations que vous décrivez ? (M. »
Mme Emeline K/Bidi GDR
« Je rejoins l’argumentation de Mme Garin : le changement de nom a des implications plus importantes que ce que nous pourrions penser, car il porte en lui la fin du service public de l’emploi. Vous savez comme nous sommes attachés au service public. »
M. Philippe Juvin LR
« Évitons les caricatures. Nul n’affirme qu’il faut priver des Français et des Françaises d’un revenu qui est souvent, en effet, un revenu de subsistance. »

Pour aller plus loin

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