L'essentiel

Amendement n° I-474, ART. 2, déposé par Mme Pires Beaune SOC-A et 30 cosignataires

Le seuil de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu aurait été abaissé à 164 665 euros au lieu de 168 994, pour limiter l’avantage fiscal des plus hauts revenus, selon l’auteure.

Texte exact de l'amendement

À la fin de l’alinéa 8, substituer au montant : « 168 994 € » le montant : « 164 665 €».

Exposé des motifs

Cet amendement du groupe Socialistes et Apparentés vise à n’indexer que sur la moitié de l’inflation la plus haute tranche d’impôt sur le revenu. L’article 2 du projet de loi de finances a en effet pour objectif de neutraliser les effets de l’inflation 2022 sur l’impôt sur le revenu. Toutefois, l’alinéa 8, en modifiant le seuil imposable pour les contribuables de la plus haute tranche, leur accorde un avantage fiscal qui n’est pas adapté aux objectifs d’un redressement de la situation économique. En effet, il convient de rappeler que moins de 1 % des Français sont concernés par ce seuil à très haut revenus (https ://www.insee.fr/fr/statistiques/5371245), et ces derniers bénéficiant déjà de maintes mesures avantageuses, il est pertinent de les faire participer à la reconstruction économique. Avec cet amendement, n’importe quel ménage entrant dans cette dernière tranche d’imposition sur le revenu (c’est à dire quiconque gagne plus de 13 722 euros par mois par personne) verra son impôt sur le revenu augmenter de 174 euros maximum par an par personne par rapport à l’article proposé par le projet de loi. Le surplus de ressource pour l’État sera d’environ 120 millions d’euros. (simulation LexImpact)

Comment chaque groupe a voté

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GroupeRépartitionPour, contre, abstention
26 pour, 0 contre, 0 abst.
8 pour, 0 contre, 0 abst.
11 pour, 0 contre, 0 abst.
12 pour, 0 contre, 0 abst.
3 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 33 contre, 0 abst.
2 pour, 99 contre, 0 abst.
1 pour, 19 contre, 0 abst.
0 pour, 14 contre, 1 abst.
66 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 1 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte est le projet de loi de finances pour 2023. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2023, des ressources de l'État et des impositions de toutes natures affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2022 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. L'article 3 aménage le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'article 4 modifie le régime fiscal des grands événements sportifs prévu à l'article 1655 septies du code général des impôts. L'article 5 supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. L'article 6 proroge la réduction des tarifs d'accise sur l'électricité, tandis que les articles 7 et 8 adaptent le système fiscal aux exigences de la transition énergétique et renforcent les incitations fiscales à l'utilisation d'énergie renouvelable dans les transports.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 474 en séance (Projet de loi de finances pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Christine Pires Beaune SOC
« Tout d’abord, en réponse à notre collègue Holroyd et à sa volonté de baisser les impôts des Français, je dirais que vous les avez tellement baissés depuis cinq ans que vous avez affaibli les services publics comme jamais, au point que se pose la question non de baisser les impôts mais de muscler les recettes de l’État. Tout en ayant la même vocation que ceux qui viennent d’être présentés, cet amendement est beaucoup plus modeste : la dernière tranche ne serait revalorisée que de la moitié de l’inflation et, si la simulation de LexImpact est juste, il devrait rapporter 120 millions d’euros à l’État. »
M. Jean-René Cazeneuve (rapporteur général)
« Tout en comprenant votre intention, je rappellerais que la tranche marginale d’imposition, qui est de 47 % en Espagne, de 45 % en Allemagne et en Grande-Bretagne et de 43 % en Italie, s’élève à 45 % + 4 % en France, soit 49 % pour les célibataires aux revenus supérieurs à 500 000 euros. Je ne pense donc pas qu’il faille encore relever le taux de cette tranche. Avis défavorable. »
M. Gabriel Attal (ministre délégué)
« Même avis pour la même raison. Le but de cet article est de neutraliser les effets de l’inflation sur l’impôt sur le revenu de l’ensemble des contribuables et non de procéder à une réforme fiscale. Répétons-le : 10 % des contribuables paient 70 % de l’impôt sur le revenu. »
M. Éric Coquerel (président de la commission des finances)
« Les comparaisons internationales ne sont pas forcément adéquates. En Europe, il est arrivé que la France ait raison contre les autres pays, notamment quand elle a fait sa révolution. À mon avis, c’est elle qui avait raison. Le taux supérieur de l’impôt sur le revenu a été considérablement réduit depuis une trentaine d’années. Que je sache, lorsque ce taux était plus élevé, la répartition des richesses était moins inégalitaire. Au fur et à mesure que ce taux a baissé, les inégalités se sont mises à exploser. Le rapport est donc évident entre les deux. »
M. Alexandre Holroyd RE
« Madame Pires Beaune, il n’y a pas de corrélation absolue entre prélèvements obligatoires et qualité des services publics. En tant qu’élu des Français de l’étranger, je peux vous assurer que de nombreux pays de ma circonscription – qui couvre le nord de l’Europe – ont des taux de prélèvements obligatoires plus bas que les nôtres et un taux de satisfaction des usagers des services publics plus élevé. […] Vous en êtes même le meilleur exemple : vous avez participé à une majorité qui a réussi à augmenter les prélèvements obligatoires tout en dégradant les services publics, les finances publiques et la situation des collectivités territoriales. »
M. Christian Baptiste SOC
« Je tiens à soutenir cet amendement de bon sens présenté par notre collègue Christine Pires Beaune : il témoigne du courage et de la sagesse qu’il peut y avoir à sacrifier l’égalité à l’équité en matière fiscale. Il est à la fois juste, cohérent et efficace. Il est juste car, en cette période d’inflation et de crise économique, il n’est un secret pour personne que les familles les plus fragilisées, qui subissent de plein fouet l’augmentation du coût de la vie et des produits de consommation courante, sont celles qui disposent de revenus modestes ou intermédiaires, pas celles qui jouissent de hauts revenus. »

1 autre prise de parole a suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

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