Amendement de M. Clouet (LFI-NUPES) · art. 8 BIS B

61 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 50 voix non atteint. 18 abstentions.
Majoritaire
Participation 20 %

Amendement n° 1236 · ART. 8 BIS B, déposé par M. Clouet LFI-NUPES +74 cosignataires.

L'essentiel : La cession à leur nouvel employeur du matériel adaptant le poste des travailleurs handicapés serait devenue obligatoire plutôt que facultative, ses auteurs cherchant à faciliter la mobilité professionnelle de ces salariés.

Texte exact de l'amendement

À l’alinéa 3, substituer au mot : « peut » le mot : « doit ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, les député.es membres du groupe LFI-Nupes propsoent de rendre systématique la cession du matériel d’adaptation du travail des personnes en situation de handicap à la nouvelle entreprise. L’aménagement du poste de travail relève de l’obligation de l’employeur. Pour être efficaces, ces équipements doivent être particulièrement personnalisés pour le travailleur en situation de handicap, ce qui peut s’avérer coûteux. Les “aides à l’adaptation des situations de travail des personnes handicapées” existantes sont parfois insuffisantes, les procédures conduisant à leur attributions peuvent également prendre du temps. Pour ces raisons, le travailleur en situation de handicap peut limiter sa mobilité professionnelle, craignant que l’adaptation de son poste de travail soit freiné par des contraintes budgétaires ou logistiques. Si les dispositions introduites par l'article cherchent à y répondre, il ne faudrait pour autant s'arrêter au milieu du gué : nous proposons donc de rendre systématique la cession des équipements d'adaptation.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 juin 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 11 juillet 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 9 novembre 2023 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 14 novembre 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 14 décembre 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi réécrit les règles d’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi et instaure un contrat d’engagement, dont il fixe le contenu dans le code du travail. Il remplace, pour le revenu de solidarité active, la suspension du versement par sa suppression dans le code de l’action sociale et des familles. Il réorganise le service public de l’emploi autour d’un réseau France Travail, en modifiant les missions de l’opérateur national et en faisant des organismes de placement spécialisés des opérateurs spécialisés de ce réseau. Il crée un chapitre consacré aux organismes publics ou privés chargés du repérage et de l’accompagnement spécifique des personnes les plus éloignées de l’emploi. Il subordonne en outre certaines actions de formation de l’État à une concertation avec les régions et à la prise en compte des besoins identifiés localement, et intègre l’effort de maintien dans l’emploi au titre de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Création de France Travail en remplacement de Pôle emploi Adopté

    Transformation de Pôle emploi en un opérateur France Travail, tête d'un réseau associant l'État, les collectivités, les missions locales et Cap emploi, chargé de coordonner l'accompagnement vers l'emploi.

    En vigueur depuis le 1er janvier 2024.

  • Inscription généralisée, dont les allocataires du RSA Adopté

    Inscription automatique à France Travail de l'ensemble des personnes sans emploi en recherche, y compris les bénéficiaires du RSA et leurs conjoints, jusque-là pas systématiquement inscrits.

    Mesure maintenue dans la loi promulguée, déployée progressivement.

  • Contrat d'engagement avec un volume d'heures d'activité Adopté

    Signature d'un contrat d'engagement fixant un plan d'action et un volume hebdomadaire d'activité (accompagnement, formation, immersion), assorti d'un régime de sanctions gradué en cas de manquement.

    Maintenu ; le volume d'heures a d'abord été expérimenté avant généralisation.

  • Volet emploi des personnes en situation de handicap Adopté

    Rapprochement des droits des travailleurs handicapés du milieu protégé vers le droit commun et simplification de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

    Maintenu dans la loi promulguée.

  • Partage de données personnelles entre acteurs du réseau Censuré

    Dispositions organisant l'échange d'informations à caractère personnel entre les membres du réseau France Travail pour le suivi des personnes accompagnées.

    Dispositions sur le partage de données à caractère personnel censurées par la décision n° 2023-858 DC.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE30HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1700
Gauche démocrate et républicaine - NUPES300
Écologiste - NUPES300
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)203
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires200
Démocrate (MoDem et Indépendants)0100
Renaissance0480
Horizons et apparentés090
Les Républicains040
Rassemblement National0014
Non inscrit001

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1236 en séance (Plein emploi), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Hadrien Clouet LFI
« On le sait, un employeur doit aménager un poste de travail afin de le rendre accessible à la personne qui l’occupera – c’est bien sûr le cas des personnes en situation de handicap pour lesquelles on a inventé des outils extraordinaires comme des écrans en braille, des écrans adaptés, des fauteuils spécifiques ; sur les chaînes de montage de l’usine de Safran, des fauteuils se déplient mécaniquement pour que l’employé puisse peindre à plusieurs mètres de hauteur. Des entreprises sont spécialisées dans ce genre d’inventions. Ce texte prévoit qu’une entreprise peut céder le matériel d’adaptation à une autre. »
Mme Christine Le Nabour (rapporteure)
« Vous proposez de rendre automatique, à l’occasion d’un changement d’employeur, la cession des équipements contribuant à l’adaptation du poste de travail. Il va de soi que la portabilité des équipements doit être encouragée. C’est le sens de l’article 8 bis B, introduit au Sénat par le Gouvernement. C’est aussi le sens de l’amendement n o 1742 de M. Peytavie qui propose d’étendre le dispositif au cas où la mobilité s’effectuerait entre une entreprise privée et un employeur public, amendement auquel je donnerai un avis favorable. »
M. Philippe Juvin LR
« L’amendement de M. Clouet part d’une bonne intention mais le dispositif pourrait se retourner contre le travailleur concerné. Celui-ci pourrait se trouver obligé de travailler avec son ancien matériel alors que la nouvelle entreprise pouvait mettre à sa disposition un nouveau matériel. Il pourrait aussi, dans le cas où il rejoindrait une entreprise proche, ne pas être autorisé à partir avec son matériel très spécialisé. La proposition est intéressante mais elle est si rigide qu’elle pourrait nuire au travailleur lui-même. »
M. Hadrien Clouet LFI
« Il me semble que l’obligation ne consiste pas à transporter le matériel mais à discuter d’une convention. Dès lors, si un matériel est déjà disponible dans la nouvelle entreprise, il n’y a aucune raison pour que la convention aboutisse à la conclusion qu’il faut transporter l’ancien. Aussi la rigidité que vous craignez me semble-t-elle dépourvue de réalité. Si on « peut » transporter le matériel d’adaptation, le risque est que ce transfert n’ait pas lieu et que la personne prenne son nouveau poste sans cet équipement et ne puisse donc travailler. Si, comme nous le souhaitons, on « doit » transporter le matériel, quel est le risque ? Qu’il y ait deux équipements ? »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Plein emploi), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Ségolène Amiot LFI
« Par cet amendement, nous vous proposons d’adopter une vision de long terme : les formations devraient tenir compte des besoins additionnels de qualification des privés d’emploi et se conformer aux objectifs de développement durable édictés par l’ONU, plutôt que de chercher à correspondre aux besoins… »
M. Paul Christophe (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« Nous partageons bien évidemment votre ambition, mais l’objectif du plan d’investissement dans les compétences (PIC) est de favoriser l’insertion professionnelle. »
M. Emmanuel Fernandes LFI
« Comme l’a dit ma collègue Ségolène Amiot, cet amendement vise simplement à sortir d’une logique court-termiste. Nous pensons qu’il faut saisir toutes les occasions possibles pour basculer vers une économie qui profite aux vivants : il faut travailler pour vivre, et non vivre pour travailler. »
M. Philippe Juvin LR
« Vous avez raison, chers collègues : tout cela est fondamental. Toutefois, le développement durable ne saurait devenir l’alpha et l’oméga des politiques d’insertion, qu’elles soient sociales ou professionnelles. »
M. Olivier Dussopt (ministre)
« Comme l’a indiqué M. le rapporteur, la formation des demandeurs d’emploi relève du PIC, et non pas de France compétences, comme opérateur de financement de la formation. »
M. Jocelyn Dessigny RN
« Dans la continuité de ce que vient de dire M. Delaporte, bienvenue à France usine à gaz ! Avec la mobilité et les zones rurales, nous touchons au cœur du problème. Pourtant, ni le rapporteur ni le ministre n’ont souhaité l’évoquer. »
M. Yannick Monnet GDR
« Nous voulons supprimer les alinéas 14 et 15 parce que nous ne les comprenons pas. Ils renvoient à un décret la détermination du type de contrat conclu à l’issue de la formation. Pourtant, le code du travail est très clair sur ce point. L’article L. »
Mme Nicole Dubré-Chirat RE
« L’article 8 vise à favoriser l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, dont le taux de chômage demeure supérieur à celui des autres salariés – il est environ deux fois plus élevé, même s’il est passé de 19 % à 12 % au cours des dernières années. »
M. Sébastien Peytavie ECOS
« Nous voilà au cœur d’un sujet particulièrement complexe, celui des travailleurs en situation de handicap. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans l’idée que nul ne doit être inemployable : à moins de réduire la question de l’être humain à celle de la performance, ce qui obligerait chacun à s… »
M. Nicolas Turquois DEM
« J’ai senti revenir la réforme des retraites, source de profondes divisions. Peut-être faudrait-il mettre de côté ces sujets alors que nous examinons l’article 8, qui témoigne d’une réelle volonté de travailler sur l’emploi des personnes en situation de handicap ? »
M. Philippe Naillet NI
« Il vise à sanctuariser le fonctionnement en plateforme de l’emploi accompagné. À l’article 8, l’État réaffirme sa volonté de piloter le dispositif tout en l’ouvrant à des acteurs extérieurs au secteur médico-social. »

Pour aller plus loin

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