L'essentiel

Amendement n° I-1777, APRÈS ART. 3, déposé par Mme Parmentier RN et 88 cosignataires

Les Français de moins de trente ans gagnant moins de 2 000 euros nets par mois auraient été exonérés d’impôt sur le revenu, son autrice reprenant une proposition du programme présidentiel de Marine Le Pen.

Texte exact de l'amendement

I. – L’article 4 A du code général des impôts est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Sont exonérées de l'impôt sur le revenu les personnes de nationalité française jusqu'à 29 ans, percevant moins de 2 000 euros nets par mois. » II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Exposé des motifs

Amendement de repli . Cet amendement de repli propose d’exonérer d’impôt sur le revenu, tout jeune Français de moins de 30 ans percevant moins de 2 000 euros nets : cette mesure s’inspire d’une proposition importante du programme présidentiel pour 2022 de Marine Le Pen. Par cette exonération, l’attractivité du territoire national serait renforcée, pour les nouveaux arrivants Français sur le marché du travail, qui pourraient être plus sereins dans la perspective des années à venir. Les pouvoirs publics doivent soutenir nos jeunes pour les inciter à travailler en France, à produire en France. À y créer des entreprises, à y fonder une famille. Tous ces éléments ne constituent pas des paramètres d’ajustement et doivent cesser de l’être pour le gouvernement. Cette mesure est d’autant plus importante que de nombreux jeunes français sont tentés par une expatriation de plusieurs années en raison de projections peu réjouissantes – économiques, démographiques, fiscales, inflationnistes, énergétiques. Ce seuil de 2 000 euros démontre la volonté – du groupe Rassemblement National – de vouloir dialoguer avec le Gouvernement, au service des jeunes Français qui travaillent. Nous devons offrir un espoir de prospérité aux Français. Tel est le sens du présent amendement.

Comment chaque groupe a voté

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0 pour, 11 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 1 abst.
0 pour, 27 contre, 0 abst.
0 pour, 85 contre, 0 abst.
0 pour, 14 contre, 0 abst.
0 pour, 1 contre, 2 abst.
77 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte est le projet de loi de finances pour 2023. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2023, des ressources de l'État et des impositions de toutes natures affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2022 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. L'article 3 aménage le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'article 4 modifie le régime fiscal des grands événements sportifs prévu à l'article 1655 septies du code général des impôts. L'article 5 supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. L'article 6 proroge la réduction des tarifs d'accise sur l'électricité, tandis que les articles 7 et 8 adaptent le système fiscal aux exigences de la transition énergétique et renforcent les incitations fiscales à l'utilisation d'énergie renouvelable dans les transports.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1777 en séance (Projet de loi de finances pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Caroline Parmentier RN
« Cet amendement de repli vise à exonérer d’impôt sur le revenu tout jeune Français de moins de 30 ans percevant moins de 2 000 euros net par mois. Il s’inspire d’une proposition importante du programme présidentiel pour 2022 de Marine Le Pen. Cette exonération renforcerait l’attractivité du territoire national pour les nouveaux arrivants Français sur le marché du travail, qui envisageraient l’avenir avec plus de sérénité. Les pouvoirs publics doivent soutenir nos jeunes pour les inciter à travailler et produire en France, à y créer des entreprises, à y fonder une famille. Le Gouvernement doit cesser de considérer ces éléments comme des paramètres d’ajustement. »
M. Jean-René Cazeneuve (rapporteur général)
« Je ne suis pas sûr de bien comprendre à quoi correspond ce seuil de 30 ans. Après tout, l’envie de partir à l’étranger peut aussi toucher des individus de 35 ans. Ces amendements posent un vrai problème juridique, un problème presque constitutionnel au regard du principe fondamental d’égalité devant l’impôt. Il y aurait un risque d’inégalité entre les jeunes qui ne paient pas d’impôts et ceux qui en sont redevables. Je ne vois là qu’une source de complications. Avis défavorable. »
Mme Olivia Grégoire (ministre déléguée)
« En complément de ce que vient de dire M. le rapporteur général, votre proposition pose un réel problème de constitutionnalité en ce qu’elle introduirait une rupture d’égalité des Français devant l’impôt. […] Il ressort des articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789 que l’impôt sur le revenu est progressif, comme vous le savez, et qu’il est établi en fonction des capacités contributives de chacun. L’âge du contribuable, au cœur de ces amendements, ne constitue pas un critère objectif et rationnel permettant de déroger au principe d’égalité. »
M. Sylvain Maillard RE
« On a déjà entendu cette demande pendant la campagne présidentielle ; elle a déjà été jugée anticonstitutionnelle. […] Je ne sais pas pourquoi elle revient… Mme la ministre déléguée vient de rappeler les articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : cette proposition, je le répète, est anticonstitutionnelle. […] En outre, je m’étonne qu’on considère comme de mauvais Français des jeunes qui voudraient partir vivre et apprendre à l’étranger, avant ou après leurs études, pour revenir ensuite en France. […] Cela me fait mal aux oreilles d’entendre de tels jugements. À moins que votre proposition ne soit un clin d’œil ? Peut-être avez-vous envie de me faire plaisir, moi qui cons… »
M. David Guiraud LFI
« C’est une très bonne chose que Mme Parmentier ait formulé cette proposition. Cela me permet de revenir à nos fondamentaux : le Rassemblement national est le parti des héritiers. […] Je vais vous en faire la démonstration mathématique – ce n’est pas un simple élément de langage. Votre mesure coûterait à l’État 2 milliards d’euros – c’est vous qui l’avez chiffrée ainsi ; d’autres instituts l’estimeraient plutôt à 4 milliards. Peu importe, c’est de l’argent en moins pour l’État. […] Si, c’est vous, ou alors vous contredisez M. Bardella qui répétait sans cesse ce chiffre sur les antennes publiques pendant la présidentielle ! »
M. Jean-Philippe Tanguy RN
« Nous assistons à un concours de mauvaise foi. Contrairement à vous, monsieur Maillard, nous avons écouté. Aussi Mme Parmentier s’est-elle contentée de présenter un amendement de repli. En proposant un plafond – ne seraient exonérés d’IR que les jeunes percevant moins de 2 000 euros net par mois –, elle a pris en considération la critique selon laquelle les très hauts revenus, notamment ceux des joueurs du PSG, pourraient profiter de la mesure, même si leur situation reste totalement marginale. En réalité, vous n’avez pas parlé de l’amendement de Mme Parmentier ; vous obéissez à des réflexes pavloviens et ne réfléchissez même plus à ce que vous dites ! »

4 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

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