L'essentiel

Amendement n° II-670, ART. 35, déposé par M. Schreck RN et 87 cosignataires

5 millions d’euros auraient été transférés de la protection judiciaire de la jeunesse vers l’aide juridictionnelle, dont le budget, jugé insuffisant face à la hausse des justiciables démunis, progresse plus lentement.

Texte exact de l'amendement

Amendement de crédits. Mouvements par programme : Protection judiciaire de la jeunesse : -5 000 000 € ; Accès au droit et à la justice : +5 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.

Exposé des motifs

Le budget dévolu à l’Aide Juridictionnelle (AJ) progresse de 2,5% contre 5,3% pour l’ensemble du budget Justice, hors contribution au compte d’affectation spéciale (CAS). L’AJ représente la majeure partie de l’accès au droit et permet aux plus démunis d’avoir un accès à la justice. Une des particularités historiques de l’AJ en France est la faible rémunération des auxiliaires de justice. Cette rémunération, bien en deçà du seuil de rentabilité des structures d’exercice, a pour conséquence immédiate que de nombreux professionnels se détournent des dossiers, et donc des justiciables, relevant de l’AJ. Ainsi s’est installée en France une justice à double vitesse : d’une part celle de ceux qui peuvent payer, et celle d’autre part du secteur « assisté » à destination des plus modestes de nos concitoyens. Or le nombre de justiciables les plus fragiles ne cesse de croître dans notre pays au gré des crises successives de toute nature. Le présent amendement prévoit d'abonder d’un montant de 5 000 000 euros les crédits, en autorisations d'engagement et en crédits de paiement, de l'action n°01 : « aide juridictionnelle » du programme n°101 : « Accès au droit et à la justice » et, pour les besoins de la recevabilité financière, de minorer du même montant les crédits, en autorisations d'engagement et en crédits de paiement, de l'action n°04 : « Formation » du programme n°182 : « Protection…

Comment chaque groupe a voté

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0 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 5 contre, 0 abst.
0 pour, 24 contre, 0 abst.
0 pour, 3 contre, 0 abst.
0 pour, 1 contre, 1 abst.
18 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de finances ajoute des bornes intermédiaires au barème de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, en distinguant les revenus supérieurs à 500 000 euros et inférieurs ou égaux à 750 000 euros, puis ceux dépassant 1 000 000 d'euros. Il élargit les risques couverts par la provision prévue à l'article 39 quinquies G du code général des impôts, en y ajoutant notamment les risques spatiaux et les risques liés aux attentats ou au terrorisme. Il abroge les I et I bis de l'article 125-0 A du même code ainsi que le 9° bis de son article 157. Il demande également au Comité consultatif du secteur financier de remettre au Parlement, avant le 31 décembre 2025, une évaluation des produits d'épargne disponibles pour les mineurs. Le texte est dépourvu d'exposé des motifs et l'extrait disponible ne porte que sur quelques articles, plusieurs autres étant déjà adoptés dans les mêmes termes par les deux assemblées.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 670 en séance (Projet de loi de finances pour 2024), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Philippe Schreck RN
« Il me semble que nous étions déjà mesurés lorsque nous proposions une augmentation de 100 millions, 80 millions ou 70 millions d’euros du budget de l’aide juridictionnelle. Dans le cas présent, il s’agit, comme l’a souligné Mme Bordes, d’un simple trait de plume : nous demandons 5 millions d’euros pour un budget qui ne progresse que de 2,3 %, alors que le budget global de la justice bénéfice d’une augmentation de 5,4 %. Le seuil de rentabilité des cabinets n’est pas atteint lorsqu’il y a des interventions dans le cadre de l’aide juridictionnelle, avec une sinistralité importante. »
M. Patrick Hetzel (rapporteur spécial)
« Cet amendement, destiné à ouvrir une discussion avec le garde des sceaux, n’a pas été débattu en commission. Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée. »
M. Éric Dupond-Moretti (garde des sceaux)
« C’est élégamment exprimé, monsieur Schreck, mais dès que l’on parle de chiffres – qu’il s’agisse de quantum de peine ou de délais –, nous ne tombons jamais d’accord. Mme Bordes a proposé une augmentation du budget consacré à l’aide juridictionnelle de 10 millions d’euros, et vous, 5 millions vous conviendraient : vous n’êtes même pas d’accord entre vous ! […] J’ai un budget à présenter, avec des équilibres à respecter ; or vous venez de voter 17 millions d’euros d’augmentation en adoptant l’amendement n o 1856 ! Certes, le sujet est important, et même essentiel. Nous avons fait des efforts, que vous reconnaissez. »
Mme Andrée Taurinya LFI
« À l’instar de l’amendement précédent, mais aussi du suivant, le Rassemblement national propose ici d’abonder l’aide juridictionnelle en ponctionnant les crédits consacrés à la formation des surveillants pénitentiaires. […] Le Rassemblement national a affirmé tout à l’heure qu’il soutenait ces personnels, mais on ne peut donc qu’en douter. […] En effet, les surveillants nous ont dit qu’ils avaient besoin de plus de formation. Si, comme vous le prétendez, vous voulez vraiment les soutenir, prenez donc de l’argent non pas à cette ligne de dépenses, mais plutôt à celle relative à la construction des 15 000, ou plutôt des 18 000 places de prison supplémentaires que vous avez obtenues. »
M. Philippe Schreck RN
« Nous sommes d’accord sur les chiffres, monsieur le ministre. Les 17 millions supplémentaires qui ont été votés concernent les territoires ultramarins, qui ont des difficultés tout à fait spécifiques. Cette somme n’est donc pas contradictoire avec le fait d’également demander 10 millions d’euros, comme l’a fait ma collègue Bordes, ou 5 millions en ce qui me concerne. Il est évident que si l’Assemblée avait accepté les 10 millions, mon amendement serait tombé ou je l’aurais retiré car, tout le monde l’a compris, il s’agit d’un amendement de repli. »

Pour aller plus loin

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