L'essentiel

Amendement n° II-1436, ART. 35, déposé par Mme Garrido et 74 cosignataires

Cet amendement voulait transférer 300 millions d’euros de l’administration pénitentiaire vers la justice judiciaire, pour créer des postes de magistrats, que son auteur estime très insuffisants au regard des besoins.

Texte exact de l'amendement

Amendement de crédits. Mouvements par programme : Justice judiciaire : +300 000 000 € ; Administration pénitentiaire : -300 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.

Exposé des motifs

Cet amendement vise à créer des postes de magistrats supplémentaires. La Justice dans notre pays est exsangue et subit une crise profonde résultant de décennies de politiques publiques défaillantes. Elle ne parvient plus à trancher les litiges dans des conditions décentes et des délais raisonnables et ne protège plus les personnes les plus fragiles. Les ouvertures de postes de magistrats prévus par la loi d'orientation et de programmation du ministère de justice ne sont absolument pas suffisant. De plus, la création des postes de juristes assistants et d'assitants spécialisés ne sont que des manoeuvres gestionnaires ne permettant pas de pallier aux besoins nécessaires au service public de la justice. Des moyens humains et financiers conséquent sont requis d’urgence pour mettre fin à la précarisation de la justice et la fragilisation de son statut notamment en rendant l’accès aux droits et au juge réellement efficients. Cela passe par le recrutement massif de nouveaux fonctionnaires (magistrats, greffiers, personnels administratifs, agents de la protection judiciaire de la jeunesse notamment). Avec cet amendement, nous proposons d'augmenter les crédits affectés aux dépenses de personnel consacrées aux magistrats. Les député.e.s de notre groupe parlementaire LFI- NUPES estiment l'augmentation du nombre des magistrats sur 5 ans à 13 000 ETP supplémentaires. Aussi, sur cet exercic…

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
12 pour, 0 contre, 0 abst.
3 pour, 0 contre, 0 abst.
2 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 4 contre, 0 abst.
0 pour, 29 contre, 0 abst.
0 pour, 3 contre, 0 abst.
0 pour, 2 contre, 0 abst.
0 pour, 21 contre, 0 abst.
0 pour, 1 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de finances ajoute des bornes intermédiaires au barème de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, en distinguant les revenus supérieurs à 500 000 euros et inférieurs ou égaux à 750 000 euros, puis ceux dépassant 1 000 000 d'euros. Il élargit les risques couverts par la provision prévue à l'article 39 quinquies G du code général des impôts, en y ajoutant notamment les risques spatiaux et les risques liés aux attentats ou au terrorisme. Il abroge les I et I bis de l'article 125-0 A du même code ainsi que le 9° bis de son article 157. Il demande également au Comité consultatif du secteur financier de remettre au Parlement, avant le 31 décembre 2025, une évaluation des produits d'épargne disponibles pour les mineurs. Le texte est dépourvu d'exposé des motifs et l'extrait disponible ne porte que sur quelques articles, plusieurs autres étant déjà adoptés dans les mêmes termes par les deux assemblées.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1436 en séance (Projet de loi de finances pour 2024), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Andrée Taurinya LFI
« Cet amendement s’inscrit dans la même veine que ceux que j’ai défendus précédemment. J’espère que j’obtiendrai de la part du ministre des réponses plus courtoises. […] Il s’agit ici de transférer 300 millions d’euros du plan de construction de 15 000, ou plus exactement de 18 000 places de prison supplémentaires, vers le programme Justice judiciaire , afin de recruter massivement des magistrats. […] Je sais que des postes de magistrats sont créés, mais leur nombre est insuffisant. Souffrez d’entendre notre raisonnement, qui, contrairement à ce qu’affirmait l’un de nos collègues, n’a rien d’idéologique mais qui repose sur l’analyse des besoins. »
M. Patrick Hetzel (rapporteur spécial)
« Cet amendement n’a pas été débattu en commission. Je ne peux donc émettre un avis qu’à titre personnel. Vous demandez une augmentation de 300 millions d’euros des crédits du programme Justice judiciaire pour 2024. Je me permets d’indiquer que, de toute évidence, ces crédits ne seraient pas consommés. Néanmoins, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée. Je pense que vous souhaitez surtout échanger sur ce point avec monsieur le ministre. »
M. Éric Dupond-Moretti (garde des sceaux)
« Nous allons donc échanger… Vous aviez demandé 20 000 greffiers – on se demande où on les trouverait : à l’étranger, comme les médecins, comme l’a suggéré M. Léaument ? Sauf que le corps humain est le même que l’on soit Italien, Allemand ou Français ; ce n’est pas le cas du droit. Il est lunaire d’envisager d’aller chercher des étrangers pour être greffiers, sans qu’ils passent par l’École nationale du greffe ! Après 20 000 greffiers, ce sont 13 000 magistrats que vous voulez recruter. C’est toujours plus ! C’est « madame Plus », de Bahlsen ! Où va-t-on les trouver ? […] Notre programme est plus modeste, parce que nous sommes réalistes. Nous voulons que la justice fonctionne mieux et qu’elle… »
M. Éric Coquerel (président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« Chers collègues de la majorité, vous trouvez peut-être très bien qu’un ministre dise que c’est la foire à la saucisse, mais ce n’est pas mon cas. »
M. Éric Coquerel (président de la commission des finances)
« Je vous dis ce que je pense, monsieur le ministre. Vous êtes assis à côté de moi, et j’entends des choses qui ne sont pas très respectueuses de la représentation nationale. […] Je mets mon pied sur votre tête ? […] Je voudrais revenir sur l’argument selon lequel il y aurait, d’un côté, une majorité sérieuse, et, de l’autre, des oppositions irresponsables du fait de leurs amendements. Monsieur le rapporteur général, vous avez dit tout à l’heure que les amendements adoptés en commission représentaient 450 milliards d’euros. […] Dans ce cas, cela ne veut rien dire ! Les amendements adoptés en commission, toutes missions comprises, portent sur 16 milliards d’euros de modifications de crédits. »
M. Éric Dupond-Moretti (garde des sceaux)
« Souffrez qu’à mon tour, je pose une question simple : où trouverez-vous 13 000 magistrats supplémentaires ? Savez-vous combien il faut de temps pour former un magistrat ? Trente et un mois. […] Et même plus, en effet, si l’on ajoute le cursus universitaire – car on n’est pas vierge de tout diplôme quand on s’engage dans la formation de trente et un mois qui permet de devenir magistrat. Vous demandiez tout à l’heure de créer 20 000 postes de greffier, dont 4 000 en 2024. Ce n’est pas sérieux ! […] Et vous voudriez que je discute avec vous : mais de quoi ? Ce n’est pas sérieux ! C’est de l’opposition nihiliste – pardon de vous le dire. »

5 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

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