L'essentiel
Amendement n° I-3131, APRÈS ART. 3, déposé par M. Jean-René Cazeneuve RE et 6 cosignataires
Les particuliers bénéficiant du crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile devront désormais préciser, dans leur déclaration de revenus, la nature des services rendus, son auteur visant une meilleure évaluation de ce dispositif fiscal.
Texte exact de l'amendement
Au 6 de l’article 199 sexdecies du code général des impôts, après le mot : « contribuable » sont insérés les mots : « indique, dans la déclaration prévue à l’article 170, les services définis à l’article D. 7231‑1 du code du travail au titre desquels elles ont été versées et qu’il ».
Exposé des motifs
Cet amendement vise à ce que le bénéficiaire du crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile renseigne les activités de service à la personne au titre desquelles il a engagé des dépenses éligibles. Actuellement, l’article 199 sexdecies du code général des impôts exige seulement que le contribuable soit « en mesure de présenter, à la demande de l’administration fiscale, les pièces justificatives ». Le formulaire de déclaration de revenus (n° 2042) ne comporte aucune case permettant de renseigner la nature de l’activité pour laquelle le bénéfice du crédit d’impôt est demandé. Au cours de ses travaux de contrôle et d’évaluation sous la précédente législature, la rapporteure spéciale de la mission Remboursements et dégrèvements n’a pu que constater la difficulté d’obtenir une évaluation fine des dépenses engagées au titre de ce dispositif fiscal qui devrait coûter 4,85 milliards d’euros et bénéficier à 4,23 millions de ménages en 2022. Celui-ci prend en charge, à hauteur de 50 %, les dépenses effectuées au titre d’activités de « service à la personne » aussi diverses que la garde d’enfant, l’entretien de la maison, le petit bricolage, le soutien scolaire, l’assistance informatique ou encore la vigilance d’une résidence secondaire... Une meilleure évaluation de cet avantage fiscal permettrait de réviser la pertinence des services éligibles, du niveau de prise en charge et d…
Comment chaque groupe a voté
en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote| Groupe | Répartition | Pour, contre, abstention |
|---|---|---|
| 34 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 2 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 5 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 11 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 1 pour, 21 contre, 1 abst. | ||
| 3 pour, 57 contre, 5 abst. | ||
| 0 pour, 13 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 9 contre, 0 abst. | ||
| 54 pour, 0 contre, 1 abst. | ||
| 0 pour, 1 contre, 0 abst. |
Comprendre les votes
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte est le projet de loi de finances pour 2023. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2023, des ressources de l'État et des impositions de toutes natures affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2022 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. L'article 3 aménage le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'article 4 modifie le régime fiscal des grands événements sportifs prévu à l'article 1655 septies du code général des impôts. L'article 5 supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. L'article 6 proroge la réduction des tarifs d'accise sur l'électricité, tandis que les articles 7 et 8 adaptent le système fiscal aux exigences de la transition énergétique et renforcent les incitations fiscales à l'utilisation d'énergie renouvelable dans les transports.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Ce qui s'est dit lors de cette discussion
Le compte rendu a ouvert une seule discussion pour cet amendement et l'amendement no 561 : les propos ci-dessous portent sur l'ensemble, et peuvent nommer un autre de ces numéros que celui de ce vote. Ils sont repris tels quels du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où ils ont été prononcés.
« Monsieur le rapporteur général, peut-être allez-vous changer d’avis au vu des débats de ce soir. Je le précise d’emblée : ces amendements identiques ne coûtent rien. Ils visent simplement à fournir aux parlementaires l’information indispensable à un travail sérieux, ce dont parlait tout à l’heure M. Labaronne. Nous devons savoir à quoi sert le crédit d’impôt octroyé à des gens qui emploient une personne à domicile. Est-il utilisé pour garder un parent, des enfants, ou sert-il à tailler la haie et à promener le chien ? C’est tout ! J’insiste, nous devons savoir pour qu’ensuite, dans cette assemblée, nous puissions faire un vrai travail. »
« Je n’ai pas changé d’avis, chère collègue. Je suis favorable à ce que nous disposions de cette information. Mais je m’interroge : la disposition prévue dans l’amendement relève-t-elle du domaine de la loi ou du domaine réglementaire ? J’émets, à titre personnel, un avis de sagesse. Nous avons tous besoin de cette information. Seulement, je me pose des questions, et je ne voudrai mettre personne en difficulté. Cette information doit-elle être collectée dans le cadre du Cesu + ou au moment de la déclaration initiale ? Nous devons rester ouverts. Il est important de disposer de ces informations pour prendre, ensuite, de bonnes décisions, détaillées. »
« J’entends le souhait de bénéficier de davantage d’informations ; il est légitime, mais il va aussi à rebours d’une logique de simplification des déclarations d’impôt qui a été déployée depuis des années. En l’occurrence, les contribuables se trouveraient à devoir remplir deux formulaires au lieu d’un : ce serait un alourdissement des déclarations pour nos concitoyens. Je me suis engagé à récupérer toutes les informations possibles par l’intermédiaire des Urssaf, notamment du le service Cesu +, et de les communiquer, de manière très transparente, à la représentation nationale. C’est un bon moyen pour disposer d’un premier étage d’informations. Avis défavorable. »
« Je m’opposerai à cet amendement de notre excellente collègue Mme Pires Beaune. Pourquoi ? Aujourd’hui, les emplois à domicile forment un ensemble. […] Si ! Les contribuables devront remplir ce type d’informations, ce qui leur compliquera la vie. Cela me rappelle la formule d’un ancien Président de la République, Georges Pompidou, que je veux citer, même si elle est un peu grossière : « Arrêtez d’emmerder les Français ! » […] Il avait raison et nous devrions continuer à appliquer cette règle. Si vous voulez dissocier ces emplois, c’est pour les traiter différemment en termes fiscaux demain – c’est cela, votre idée ! […] Mais c’était une citation du président Pompidou ! »
« Je veux tout d’abord remercier M. le rapporteur général pour son avis de sagesse et son esprit d’ouverture. Oui, monsieur le ministre délégué, vous pourrez récupérer les informations par l’intermédiaire du Cesu sans aucun problème. La difficulté est que, aujourd’hui, on ne sait toujours pas quelle est la part d’emploi à domicile qui passe par le Cesu : des particuliers employeurs n’y recourent tout simplement pas. Bref, nous devons disposer de cette information. Je dirai à mon collègue Le Fur, que j’adore par ailleurs , qu’il n’est pas question de mener plus de contrôles. »
« Ce débat est intéressant. Je ne comprends pas très bien quelle est votre position, monsieur Le Fur. Ce que nous demandons, c’est que la représentation nationale soit informée de la ventilation des crédits d’impôt. M. le ministre délégué nous dit que, par l’intermédiaire des déclarations du Cesu, on peut avoir une approche qui ne sera certes pas parfaite, mais qui sera de toute façon meilleure qu’aujourd’hui : en l’état, nous avons zéro information sur la ventilation. Ce sera quand même mieux que rien ! Nous pourrons ainsi exercer notre rôle légitime d’évaluation, de contrôle de cette dépense fiscale qui, je le rappelle, est la deuxième plus importante que nous enregistrons. »