L'essentiel
Amendement n° I-585, APRÈS ART. 3, déposé par M. Meizonnet RN et 88 cosignataires
Les moins de 30 ans remboursant un prêt étudiant auraient bénéficié d’un crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt, plafonné à 30 000 euros, selon l’auteur.
Texte exact de l'amendement
I. – Le I de l’article 200 terdecies du code général des impôts est ainsi rédigé : « I. – Les prêts souscrits en vue du financement de leurs études par des personnes âgées de trente ans au plus et inscrites dans un cycle de l’enseignement supérieur ouvrent droit à un crédit d’impôt sur le revenu à raison des intérêts d’emprunt payés par ces personnes au titre des cinq premières annuités de remboursement. « Le crédit d’impôt est plafonné pour chaque bénéficiaire à 30 000 €. » II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services. III. – Le I n’est applicable qu’aux sommes venant en déduction de l’impôt dû.
Exposé des motifs
Amendement de repli sur la suppression de l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans. De nombreux jeunes entrent dans la vie active endettés après avoir souscrit à un crédit pour financer leurs études. Il est proposé par cet amendement de permettre de déduire au titre de dépense le remboursement d'un crédit études dans la déclaration des revenus des personnes âgées de moins de trente ans et dans une limite de 30 000 €.
Comment chaque groupe a voté
en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote| Groupe | Répartition | Pour, contre, abstention |
|---|---|---|
| 0 pour, 29 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 1 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 2 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 9 contre, 1 abst. | ||
| 0 pour, 0 contre, 1 abst. | ||
| 0 pour, 17 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 68 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 12 contre, 0 abst. | ||
| 1 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 45 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 0 contre, 1 abst. |
Comprendre les votes
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte est le projet de loi de finances pour 2023. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2023, des ressources de l'État et des impositions de toutes natures affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2022 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. L'article 3 aménage le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'article 4 modifie le régime fiscal des grands événements sportifs prévu à l'article 1655 septies du code général des impôts. L'article 5 supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. L'article 6 proroge la réduction des tarifs d'accise sur l'électricité, tandis que les articles 7 et 8 adaptent le système fiscal aux exigences de la transition énergétique et renforcent les incitations fiscales à l'utilisation d'énergie renouvelable dans les transports.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 585 en séance (Projet de loi de finances pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« De nombreux jeunes ne peuvent se payer les études dont ils rêvent et qu’ils mériteraient, parce que leurs parents n’en ont malheureusement pas les moyens, ou parce que les jobs étudiants ne suffisent pas. De surcroît, les jeunes sont un public particulièrement fragilisé depuis la crise du covid-19, surtout dans le contexte d’inflation que nous connaissons. Pour financer leurs études, ils sont nombreux à souscrire un prêt étudiant. Ils se retrouvent alors endettés et pénalisés lorsqu’ils entrent dans la vie active. Cet amendement du groupe Rassemblement national vise à soutenir les jeunes de moins de 30 ans qui contractent un prêt pour financer leurs études dans l’enseignement supérieur. »
« Ce qui fait consensus, c’est le soutien aux jeunes qui font des études. En l’espèce, vous cherchez à créer un nouveau crédit d’impôt, une nouvelle niche, dont l’impact et le coût ne sont pas évalués, et qui pourrait d’ailleurs entraîner des fraudes significatives. Vous le savez, il existe actuellement des systèmes de prêts accessibles à de nombreux étudiants, dont le coût est souvent très bas et dont le remboursement ne commence qu’à leur entrée sur le marché du travail. Avis défavorable. »
« La dernière fois, le Rassemblement national prouvait qu’il était le parti des héritiers : il se révèle maintenant le parti des banquiers et des institutions privées. Chers collègues, vous faites une erreur fondamentale dans cet amendement : vous proposez un crédit d’impôt pour les prêts étudiants, mais depuis quand est-il normal de s’endetter pour faire des études ? Depuis quand acceptons-nous cela ? Je précise également que les études que vous proposez de rembourser avec de l’argent public sont souvent les plus chères. Et qui les poursuivent ? »
« Collègues de la NUPES, quand M. Biden a fait exactement ce que nous proposons aux États-Unis, vous l’avez célébré, estimant que c’était formidable, que c’était la révolution, que c’était une grande mesure de justice de gauche. Enfin, un président libérait les étudiants de leurs prêts ! Au fond, peut-être ne faudrait-il pas que les étudiants s’endettent. En ce qui me concerne, je me suis endetté, j’ai travaillé et j’ai tout remboursé. […] Si vous pouviez m’écouter jusqu’au bout, ce serait mieux ! Je ne prends pas mon parcours comme un modèle à suivre : il est évident que je ne souhaite à personne de s’endetter pour faire ses études – vous avez parfaitement raison sur ce point. »