L'essentiel
Amendement n° I-1450, APRÈS ART. 3, déposé par M. Naegelen LIOT et 5 cosignataires
Les rémunérations perçues par les soignants retraités revenus vacciner la population pendant l’épidémie de covid auraient été exonérées d’impôt sur le revenu, une mesure que son auteur présentait comme un remerciement à leur mobilisation.
Texte exact de l'amendement
I. – Les revenus tirés d’une activité reprise ou poursuivie par les personnels retraités en qualité de professionnel de santé au sens de la quatrième partie du code de la santé publique, en raison de la situation sanitaire liée à l’épidémie de covid-19 et ses conséquences sur le système de santé, sont exonérés de l’impôt sur le revenu. II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Exposé des motifs
Lors de la campagne vaccinale mise en place pour faire face à la pandémie inédite qui a frappé ces dernières années, le personnel soignant retraité s’est pleinement mobilisé pour assurer la couverture vaccinale dont notre pays avait besoin. Qu’il s’agisse de médecins, d’infirmiers, de sages-femmes, leur mobilisation a été salvatrice pour faire face à cet enjeu de santé publique. Ils se sont alors rendus dans les centres de vaccination pour vacciner notre population, répondant présents, pour participer à l’effort national. Or, ils sont aujourd’hui redevables de l’impôt sur le revenu, au titre de la rémunération qu’ils ont perçue, rétribuant leur participation à cette couverture vaccinale. A titre d’exemple, un personnel soignant retraité connait à ce jour un taux d’imposition avec imposition de 15% au lieu de 4,6%, qui était alors son taux d’imposition habituel. Aussi, cet amendement a pour objet d’exonérer de l’impôt sur le revenu les sommes perçues par les personnels soignants retraités dans le cadre de leur activité au titre de la campagne vaccinale pour lutter contre la pandémie du Covid-19. Il s’agit d’une mesure de justice sociale, pour remercier ces femmes et ces hommes qui n’ont pas hésité à se mobiliser et à les encourager à reprendre du service si un tel contexte venait à frapper de nouveau notre société.
Comment chaque groupe a voté
en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote| Groupe | Répartition | Pour, contre, abstention |
|---|---|---|
| 0 pour, 2 contre, 41 abst. | ||
| 0 pour, 2 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 10 contre, 3 abst. | ||
| 2 pour, 14 contre, 0 abst. | ||
| 4 pour, 0 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 35 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 96 contre, 0 abst. | ||
| 0 pour, 15 contre, 0 abst. | ||
| 16 pour, 2 contre, 0 abst. | ||
| 62 pour, 1 contre, 0 abst. | ||
| 1 pour, 0 contre, 0 abst. |
Comprendre les votes
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte est le projet de loi de finances pour 2023. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2023, des ressources de l'État et des impositions de toutes natures affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2022 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. L'article 3 aménage le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et l'article 4 modifie le régime fiscal des grands événements sportifs prévu à l'article 1655 septies du code général des impôts. L'article 5 supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. L'article 6 proroge la réduction des tarifs d'accise sur l'électricité, tandis que les articles 7 et 8 adaptent le système fiscal aux exigences de la transition énergétique et renforcent les incitations fiscales à l'utilisation d'énergie renouvelable dans les transports.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1450 en séance (Projet de loi de finances pour 2023), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Je le présente au nom de notre collègue Naegelen. Lors de la campagne vaccinale, de nombreux médecins, infirmiers et sages-femmes à la retraite se sont mobilisés et sont désormais redevables de l’impôt sur le revenu au titre de la rémunération qu’ils ont perçue. Ainsi, un personnel soignant retraité peut aujourd’hui être imposé à 15 % au lieu des 4,6 % dont il faisait l’objet jusqu’ici. Le présent amendement vise donc à exonérer de l’impôt sur le revenu les sommes perçues par les personnels soignants retraités dans le cadre de leur activité au cours de la campagne vaccinale pour lutter contre la pandémie de covid-19. »
« Il convient de saluer le personnel soignant qui s’est impliqué pendant cette crise, aussi bien pour sa réactivité que pour sa capacité à vacciner pendant de longs week-ends dans tous les centres de vaccination. Pour cela, ils ont été rémunérés – c’était la moindre des choses –, à hauteur de 420 euros par demi-journée. Cela étant, il me semblerait anormal de ne pas comptabiliser cette somme dans le calcul de l’impôt sur le revenu, car une telle mesure favoriserait les personnels soignants déjà fortement imposés. Il ne s’agit pas, selon moi, d’un amendement de justice sociale. »
« Il est le même que celui du rapporteur général et il me semble que nous avons déjà eu ce débat au cours de nos échanges. Il est évident que la France a été très chanceuse de bénéficier d’une très forte mobilisation du personnel soignant pour faire de la campagne de vaccination une réussite. Des médecins retraités sont venus prêter main-forte, mais pourquoi exonérer a posteriori les sommes qu’ils ont perçues, alors que des actifs se sont aussi engagés et qu’eux ont payé des impôts sur leur rémunération ? La rémunération des personnels soignants retraités était importante et évidemment légitime, mais une exonération n’est pas justifiée. Avis défavorable. »
« Nous avons effectivement eu le même débat il y a quelques jours, car j’avais déposé un amendement comparable, qui ciblait l’ensemble des soignants. On m’avait répondu que ce n’était pas possible, car tout travail mérite salaire et tout salaire mérite imposition. Vous remerciez constamment les soignants au micro, mais je puis vous dire qu’ils attendent davantage que des mots : ils attendent des actes, d’être réellement récompensés par l’État, d’être reconnus à leur juste valeur. »
« Je ne m’inscrirai pas dans le même registre que vous, monsieur Ménagé, car quand il y a une crise sanitaire, une pandémie, on ne regarde pas ce qu’on va gagner : on y va et on se demande après si on aura à payer des impôts sur sa rémunération. Et je ne crois pas que ce soit de cette manière que nous débloquerons la situation dans laquelle nous sommes. Nous ne voterons donc pas cet amendement, car il nous faut plus généralement réfléchir aux moyens de ne pas manquer de soignants en cas de crise. Pourquoi avons-nous eu besoin de renforts ? Pourquoi nos hôpitaux se vident-ils de leurs personnels ? Pourquoi nos collègues démissionnent-ils ? Voilà le plus important ! »
« À mon tour, je tiens à remercier les soignants qui se sont mobilisés lors de la campagne de vaccination, qu’il s’agisse des médecins – qui ont été cités –, mais aussi des infirmiers et des infirmières, particulièrement celles et ceux qui étaient à la retraite. Ces personnes sont venues nous voir, à l’époque, dans nos circonscriptions, pour nous demander ce geste : l’exonération des sommes perçues de l’impôt sur le revenu. […] J’invite donc mes collègues présents, sur tous les bancs, tous ceux qui ont rencontré les soignants sur le terrain, à joindre les actes à la parole et à voter cet amendement de reconnaissance et de remerciements chaleureux. »
5 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.