Amendement de M. Lachaud (FI) · art. unique

scrutin public ordinaire Europe / affaires étrangères
78 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 68 voix non atteint. 10 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 25 %

Amendement n° 26 · ART. UNIQUE, déposé par M. Lachaud LFI-NUPES +74 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement demandait que la résolution invite l’Union européenne à dénoncer les accords Artemis et à exiger du Luxembourg l’abandon de sa politique de privatisation des ressources spatiales, ses auteurs défendant l’espace comme bien commun.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 30, insérer l’alinéa suivant : « 5 bis . Demande à l’Union européenne de dénoncer les accords Artemis et exiger du Luxembourg qu’il renonce à sa politique de privatisation des ressources découvertes dans l’espace ; »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, les députés du groupe LFI-NUPES proposent que la Représentation nationale demande à l'Union européenne, par cette résolution, de dénoncer les accords Artemis et qu'elle exige du Luxembourg qu'il renonce à sa politique de privatisation des ressources découvertes dans l'espace. Depuis des centaines de milliers d'années, les ressources contenues dans l'espace sont vectrices de progrès technologique au service de l'Humanité. La révolution industrielle et les nombreux progrès du XXème siècle ont contribué à une intensification de ce processus et la possibilité pour l'Homme d'aller dans l'espace et d'utiliser ses ressources toujours au profit du développement et de la recherche fondamentale au service de l'Humanité. Malheureusement, certains États, comme le Luxembourg, premier État à afficher une politique de privatisation des ressources spatiales en 2017, les États-Unis, à travers la signature des Accords Artemis en 2020, ou le Luxembourg, ou encore la Chine, ont engagé une ère de prédation et de compétition entre puissances pour l'exploitation des ressources spatiales. L'Union européenne doit prendre position contre cette politique. L'espace doit rester un bien commun accessible à tous et dont le seul objectif d'exploitation devrait ête la recherche fondamentale et le progrès au service de l'Humanité. Nous tenons par ailleurs à rappeler que dénoncer les accords…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 5 décembre 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 5 mars 2024 Assemblée Adopté

Le texte

Ce scrutin porte sur un amendement, un article isolé ou un point de procédure. Le résumé d'enjeu d'ensemble n'est pas encore disponible pour ce texte.

Voir le dossier législatif ↗ pour le contexte.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE30HOR62LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale2000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES200
Écologiste - NUPES002
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)006
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires021
Démocrate (MoDem et Indépendants)070
Renaissance0530
Horizons et apparentés090
Les Républicains031
Rassemblement National0380
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 26 en séance (Loi européenne sur l’espace), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Hadrien Clouet LFI
« Il devrait recueillir le consensus puisqu’il vise à réaffirmer que l’espace n’est pas un supermarché. Cette phrase simple peut sembler un truisme mais elle a des adversaires, comme Elon Musk ou le droit luxembourgeois. Pas de quoi trembler, pensez-vous ? Pourtant, depuis 2015, les États-Unis d’Amérique autorisent toute multinationale à conserver l’eau et les minéraux qu’elle aurait arrachés, forés ou récoltés sur un corps céleste et à les vendre sur Terre. Deux ans plus tard, le Luxembourg a suivi et, depuis, des filiales d’entreprises minières nord-américaines s’y sont installées pour profiter de cette exception juridique. À cela, notre amendement vient dire stop. »
Mme Cécile Rilhac (rapporteure)
« Les accords Artemis évitent toute référence aux notions d’appropriation ou de possession des ressources spatiales et se veulent compatibles avec le traité de l’espace de 1967. Leurs signataires s’engagent expressément à respecter le principe du libre accès de tiers à toutes les zones des corps célestes ainsi que toutes les dispositions du traité de 1967. Je suis donc défavorable à cet amendement sur le fond. Sur la forme, M. Clouet, qui est profondément opposé à la souveraineté européenne, demande à l’UE d’exiger d’un État membre qu’il renonce à sa politique sur un sujet relevant de sa compétence. Là encore, j’y suis tout à fait opposée. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« J’ai eu l’impression, en écoutant Mme la rapporteure, qu’elle disait tout et son contraire. Les accords Artemis ne prévoient aucune contrainte : vous pouvez exploiter l’espace comme vous voulez, en toute liberté. Les accords de 1967 disaient le contraire. Ils visaient à réguler l’usage de l’espace. Insuffisamment, certes, mais il faut se souvenir de l’époque : deux gros blocs, l’Union soviétique et les États-Unis, se mettaient d’accord et le monde entier suivait. Cette situation-là n’est plus et le monde est devenu multipolaire. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Loi européenne sur l’espace), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Cécile Rilhac (rapporteure de la commission des affaires économiques et de la commission des affaires européennes)
« Pour la première fois sous la seizième législature, nous abordons la question de l’espace et de ses enjeux. La proposition de résolution européenne qui vous est soumise offre l’occasion d’exprimer la voix de la France auprès de l’Union européenne en vue de faire avancer les négociations et d’aboutir… »
Mme Chrysoula Zacharopoulou (secrétaire d’État chargée du développement et des partenariats internationaux)
« L’espace est devenu crucial pour nos sociétés, nos concitoyens et nos économies. Il s’agit d’un lieu d’exploration, de communication, de coopération et de croissance, mais aussi, de plus en plus, de compétition. »
M. David Amiel RE
« Avant toute chose, je tiens à remercier Cécile Rilhac de nous avoir permis de débattre d’un sujet capital et trop rarement abordé par le Parlement. Nous n’avons plus le droit de fermer les yeux : concernant l’accès et l’usage de l’espace, les équilibres historiques sont en train de voler en éclats. »
M. Aurélien Lopez-Liguori RN
« « Tout est venu à l’Europe et tout en est venu. Ou presque tout », écrivait Paul Valéry. Il disait vrai : nous sommes les héritiers d’une histoire dont nous pouvons nous enorgueillir. »
M. Bastien Lachaud LFI
« L’espace devient accessible : des centaines de satellites artificiels sont mis en orbite chaque année. De façon paradoxale, il devient également invisible depuis la Terre. L’infini s’est rapproché, mais le fracas des hommes s’y propage. »
Mme Sylvie Bonnet LR
« La proposition de résolution européenne relative à l’adoption d’une loi européenne sur l’espace vise à encourager l’Union européenne à se doter d’un cadre juridique afin de réglementer les activités spatiales de manière cohérente entre les États membres. »
Mme Louise Morel DEM
« Une astronaute américaine, Christa McAuliffe, a déclaré : « L’espace est pour tout le monde. Il n’est pas réservé à quelques personnes en sciences ou en mathématiques, ou à un groupe restreint d’astronautes. C’est notre nouvelle frontière et c’est l’affaire de tous de connaître l’espace. »
Mme Isabelle Santiago SOC
« En 2023, l’Agence spatiale européenne recensait près de 36 500 objets spatiaux de plus de 10 centimètres en orbite, dont 17 000 satellites mis en orbite depuis les années soixante. »
Mme Félicie Gérard HOR
« La proposition de résolution part d’un constat : l’Europe est une grande puissance spatiale. Elle l’a prouvé à de nombreuses reprises, avec le succès du programme de lanceurs européens Ariane, les satellites du système de positionnement Galileo ou encore le programme d’observation de la Terre Copern… »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« La présente proposition de résolution européenne est une initiative bienvenue. Dans un contexte marqué par le retard d’Ariane 6, les problèmes rencontrés par le lanceur Vega et la fin des lancements de Soyouz au centre spatial guyanais (CSG) de Kourou, l’Europe spatiale est à la croisée des chemins.… »
M. David Taupiac LIOT
« La France est le champion européen du spatial. Une partie importante des emplois, des chercheurs et des entreprises du secteur spatial de l’Union européenne sont en effet français, ce dont nous nous réjouissons. »
Mme Christine Arrighi ECOS
« Depuis 1957, la conquête de l’espace est au centre de l’attention. Désormais, le progrès technique est devenu assez abouti pour tenter d’explorer de nouveaux mondes. »

Pour aller plus loin

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