Proposition de loi visant à reconnaître et à sanctionner la discrimination capillaire

88 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 24 voix franchi. 4 abstentions.
Quasi unanime
Participation 9 %

Le parcours du texte

  1. 12 septembre 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 28 mars 2024 1re lecture Assemblée Adopté

Ce que change ce texte

Le texte vise à reconnaître et à sanctionner la discrimination liée à l'apparence capillaire. Il s'agit d'une proposition de loi présentée en première lecture.

  • Un motif nomméAjoute la mention « notamment capillaire » après l'apparence physique dans la liste des discriminations interdites par le code pénal, le code du travail, le code général de la fonction publique et la loi de 2008 contre les discriminations. art. 1er

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 28 mars 2024 : 44 voix pour, 2 contre, 4 abstentions. Sept groupes ont voté pour, un a voté contre, un s’est abstenu et un s’est partagé à égalité.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE31HOR61LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1500
Gauche démocrate et républicaine - NUPES200
Écologiste - NUPES400
Socialistes et apparentés300
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires400
Démocrate (MoDem et Indépendants)300
Renaissance1210
Horizons et apparentés101
Les Républicains010
Rassemblement National003
Non inscrit000

Les avis, pour et contre

L'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à reconnaître et sanctionner la discrimination capillaire lors de sa première lecture. Ce texte vise à lutter contre les pratiques discriminatoires liées à l'apparence capillaire, notamment dans les lieux publics et les espaces professionnels. Le vote a été adopté avec 44 voix pour, 2 contre et 4 abstentions. Les groupes RE et LFI-NUPES se sont prononcés pour ce texte. Ce résultat reflète un clivage entre les partis qui soutiennent cette mesure et ceux qui s'y opposent.

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Les avis des experts indépendants

C'est la certitude d'être pris, bien plus que la sévérité de la peine, qui dissuade : augmenter des peines déjà longues n'a, au mieux, qu'un effet dissuasif très modeste, et la présence policière (qui accroît le sentiment d'être pris) pèse davantage qu'un simple durcissement des peines.

synthèse des recherches sur la dissuasion (agence de recherche, États-Unis)

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Discrimination capillaire), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Olivier Serva (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Le sujet dont nous allons parler peut faire sourire, laisser dubitatif, voire tenter certains de limiter leur approche à de simplistes et méprisants jeux de mots. Pourtant, loin d’être mineure ou secondaire, la discrimination capillaire est une réalité universelle qui peut toucher tout le monde. »
Mme Aurore Bergé (ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations)
« Personne ne peut nier l’ampleur des discriminations liées à l’origine. Oui, les discriminations existent et résistent dans la société française. »
Mme Lise Magnier HOR
« Je tiens à saluer le rapporteur Olivier Serva pour le travail qu’il a réalisé dans le cadre de la préparation de cette proposition de loi : ses explications, ainsi que les discussions qui ont eu lieu en commission des lois, nous ont confirmé qu’il existait un problème auquel il fallait apporter une… »
Mme Fatiha Keloua Hachi SOC
« Les cheveux sont politiques. Ils sont un symbole de libération, mais aussi un moyen d’oppression ; ils font l’objet de fantasmes, mais aussi de discriminations. À celles et ceux qui en doutent dans cet hémicycle, je dis que la discrimination capillaire est bel et bien une réalité. »
Mme Sabrina Sebaihi ECOS
« Cheveux de négresse, de rebeu, tignasse indomptable, animale, cheveux sales, non professionnels, pas beaux, crinière de lion ou poils de mouton : tant de qualificatifs dénigrants, méprisants, racistes, et bien souvent misogynes, sont utilisés pour décrire la chevelure de celles et ceux qui n’ont pas… »
Mme Soumya Bourouaha GDR
« Le sujet que nous examinons peut paraître anecdotique à certains ; pourtant, il ne l’est pas aux yeux de nombre de nos concitoyens, pour lesquels c’est un vrai problème. Les discriminations fondées sur la nature et le style des cheveux sont de plus en plus reconnues dans les pays anglo-saxons. »
Mme Fanta Berete RE
« Quand cette proposition de loi a été déposée, je me suis demandé : avons-nous vraiment besoin d’un tel texte ? Peut-être est-ce également votre cas. Pourtant, je suis une femme noire et, plus que d’autres, j’aurais dû me sentir concernée. »
M. Philippe Schreck RN
« La lutte contre les discriminations constitue une quête quotidienne dans laquelle il est honorable que vous vous soyez engagé, monsieur le rapporteur. Ce texte a pu susciter des railleries : il ne le faudrait pas, car le fruit du travail d’un collègue est par définition important, respectable. »
Mme Danièle Obono LFI
« « Ne touche pas à mes cheveux/ Quand ce sont les sentiments que je porte/ Ne touche pas à mon âme/ Quand c’est le rythme que je connais/ Ne touche pas à ma couronne/ Elle dit la vision que j’ai trouvée » : ces paroles de la chanteuse afro-états-unienne Solange font écho, expliquait le 6 octobre 2016… »
M. Xavier Breton LR
« Réunis ce matin pour examiner la proposition de loi visant à reconnaître et à sanctionner la discrimination capillaire, nous nous retrouvons sur un point : la volonté de ne pas l’aborder avec la légèreté, le mépris, qui ont ici et là accueilli son inscription à l’ordre du jour. »
Mme Sophie Mette DEM
« Que l’on approuve ou non le dispositif que vous proposez, deux constats peuvent être collectivement partagés : d’une part, la qualité des travaux que vous avez menés est incontestable ; d’autre part, vous avez mis en lumière des réalités indiscutables, parfois méconnues ou impensées, voire considéré… »

Le passage en commission

4 amendements examinés en commission, dont 2 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 4 amendements y ont été déposés, dont 2 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 2 adoptions qui est arrivé en séance, où 13 amendements de plus ont été discutés.

2 adoptés1 retirés1 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • SOC-A aucun sur 1 0 %
  • LIOT 2 sur 2 100 %
  • NI aucun sur 1 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

2 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2384 ↗

Les 2 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Inclut l'apparence capillaire dans le critère discriminatoire d'apparence physique en droit pénal, du travail, antidiscrimination et de la fonction publique, y compris celle des communes de Polynésie française. 33 com. / 0 séance

    Inclut l'apparence capillaire dans le critère discriminatoire d'apparence physique en droit pénal, du travail, antidiscrimination et de la fonction publique, y compris celle des communes de Polynésie française.

    3 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Rend applicables en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna les livres Ier à V du code pénal, dans leur rédaction issue de cette loi, sous réserve d'adaptations. 10 com. / 1 séance

    Rend applicables en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna les livres Ier à V du code pénal, dans leur rédaction issue de cette loi, sous réserve d'adaptations.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue