L'article premier de la proposition de loi relative à la confidentialité des consultations des juristes d'entreprise

Proposition de loi Justice pénale Initiative parlementaire
56 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 26 voix franchi.
Disputé
Participation 9 %

Le parcours du texte

  1. 21 décembre 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 30 avril 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 14 janvier 2026 1re lecture Sénat Modifié
  4. 18 février 2026 Conseil constitutionnel Conforme avec réserve

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte propose de rendre confidentielles les consultations juridiques rédigées par un juriste d’entreprise ou par un membre de son équipe placé sous son autorité, dans le cadre de leur mission professionnelle. Ces consultations, actuellement non confidentielles, visent à permettre aux juristes de conseiller les entreprises sur des obligations de conformité sans risque d’auto-incrimination. L’article inséré précise que ces consultations doivent être préparées sous le contrôle direct du juriste d’entreprise. Le dispositif s’inscrit dans un contexte où les entreprises sont soumises à des exigences réglementaires croissantes, et vise à aligner la France sur les pratiques de certains pays de l’OCDE.

L'enjeu propre à chaque amendement est ajouté progressivement ; le sort politique du texte se joue sur son scrutin solennel.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR21EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE31HOR61LRdivisé88RN7NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale020
Gauche démocrate et républicaine - NUPES010
Écologiste - NUPES030
Socialistes et apparentés030
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)210
Renaissance2410
Horizons et apparentés000
Les Républicains220
Rassemblement National090
Non inscrit000

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Confidentialité des consultations des juristes d’entreprise), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean Terlier (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Nous avions déjà voté les dispositions que prévoit la proposition de loi dont nous entamons l’examen, en adoptant la loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, dite loi justice, mais le Conseil constitutionnel, les considérant comme des cavaliers législatifs, les a m… »
M. Éric Dupond-Moretti (garde des sceaux, ministre de la justice)
« Je ne peux que me réjouir de votre volonté d’introduire dans notre droit un legal privilege à la française. Vous connaissez – parce que j’ai déjà eu l’occasion de vous en faire part – ma conviction : nous devons renforcer la fonction juridique au sein de l’entreprise. »
M. Jean-François Coulomme LFI
« Nous discutons aujourd’hui du legal privilege à la française, ou privilège de confidentialité. La proposition de loi gagnerait en sincérité sous la dénomination de « loi du secret des affaires 2.0 ». »
M. Ugo Bernalicis LFI
« Il me sera difficile, dans les deux minutes qui me sont imparties, de répondre à l’ensemble des faux arguments utilisés par le rapporteur ; je n’en relèverai donc que quelques-uns. »
M. Philippe Gosselin LR
« Nous voterons, bien entendu, contre la motion de rejet préalable. Les propos de notre collègue me rappellent les tirades d’Arlette Laguiller sur le grand capital : « On vous ment ! »
Mme Mathilde Desjonquères DEM
« Cette proposition de loi permet de renforcer la souveraineté de la France et de protéger nos entreprises des lois et mesures qui ont une portée extraterritoriale. »
Mme Cécile Untermaier SOC
« Le groupe Socialistes et apparentés est opposé à ce texte, opposé depuis des années à ce type de dispositif. Ainsi, en 2015, lors de l’examen de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, présentée par Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, nous avions écarté… »
Mme Emeline K/Bidi GDR
« Je reviendrai dans la discussion générale sur les raisons pour lesquelles nous nous opposons à cette proposition de loi. Sans surprise, nous voterons donc la motion de rejet préalable. »
M. Jérémie Iordanoff ECOS
« Nous voterons également pour cette motion de rejet. Le texte qui nous est présenté ne s’appuie sur aucune étude d’impact, ce qui est très problématique. Il ouvre la porte à des dérives qui profiteront surtout, il faut le reconnaître, aux très grandes entreprises. »
Mme Catherine Jaouen RN
« Les 163 barreaux français s’élèvent contre le texte, et pour cause : il porte fondamentalement atteinte à la profession d’avocat. M. le garde des sceaux doit avoir oublié qu’il a été avocat. »

Le passage en commission

68 amendements examinés en commission, dont 12 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 68 amendements y ont été déposés, dont 12 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 12 adoptions qui est arrivé en séance, où 95 amendements de plus ont été discutés.

12 adoptés38 rejetés6 tombés4 retirés6 non soutenus2 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI-NUPES aucun sur 21 0 %
  • GDR-NUPES aucun sur 3 0 %
  • SOC-A aucun sur 8 0 %
  • LIOT aucun sur 1 0 %
  • DEM aucun sur 1 0 %
  • RE 12 sur 13 92 %
  • HOR aucun sur 3 0 %
  • LR aucun sur 1 0 %
  • RN aucun sur 14 0 %
  • NI aucun sur 2 0 %
  • ECOLO aucun sur 1 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

4 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2469 ↗

Les 4 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Description : Rend confidentielles, sous conditions, les consultations des juristes d'entreprise, hors pénal, fiscal et contrôle européen, organise contestation et levée, et modifie l'article 66-2 de la loi de 1971. 6363 com. / 0 séance

    Description : Rend confidentielles, sous conditions, les consultations des juristes d'entreprise, hors pénal, fiscal et contrôle européen, organise contestation et levée, et modifie l'article 66-2 de la loi de 1971.

    63 amendements déposés sur cet article : 63 en commission, dont 8 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Dispense du master en droit, pour la confidentialité de leurs consultations, les juristes ayant une maîtrise ou équivalent et 8 ans en service juridique à l'entrée en vigueur. 30 com. / 3 séance

    Dispense du master en droit, pour la confidentialité de leurs consultations, les juristes ayant une maîtrise ou équivalent et 8 ans en service juridique à l'entrée en vigueur.

    3 amendements déposés sur cet article : 3 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 Impose au Gouvernement de remettre au Parlement, sous 3 ans, un rapport sur l'évolution du métier de juriste d'entreprise et les effets de la confidentialité des avis juridiques.

    Impose au Gouvernement de remettre au Parlement, sous 3 ans, un rapport sur l'évolution du métier de juriste d'entreprise et les effets de la confidentialité des avis juridiques.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4 Renvoie à un décret en Conseil d'État la date d'entrée en vigueur de la loi, au plus tard le premier jour du douzième mois suivant sa promulgation.

    Renvoie à un décret en Conseil d'État la date d'entrée en vigueur de la loi, au plus tard le premier jour du douzième mois suivant sa promulgation.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue