Amendement de M. Vicot (SOC) · art. 6

53 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 38 voix non atteint. 1 abstention.
Très serré
Participation 13 %

Amendement n° 251 · ART. 6, déposé par M. Vicot SOC +30 cosignataires.

L'essentiel : Pour les atteintes aux personnes, cet amendement voulait qu’un dépôt de plainte par visioconférence soit suivi rapidement d’une visite des policiers ou gendarmes au domicile de la victime, afin de vérifier qu’elle n’est pas sous pression.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 3, insérer l’alinéa suivant : « Dans les cas d’atteinte aux personnes, le dépôt de plainte par un moyen de télécommunication audiovisuelle donne lieu à une visite au domicile de la victime par les policiers ou les gendarmes dans les meilleurs délais. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement de repli du groupe socialistes et apparentés vise à s'assurer qu'en cas d'atteinte à l'intégrité physique, le dépôt de plainte en ligne soit suivi d'une visite au domicile de la victime par les policiers. Il convient de veiller en effet à ce qu'elle ne soit pas sous l'emprise de pressions à son domicile. Tel est le sens de cet amendement.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 septembre 2022 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 18 octobre 2022 1re lecture Sénat Adopté
  3. 1er décembre 2022 Commission mixte paritaire Accord
  4. 7 décembre 2022 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 14 décembre 2022 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 19 janvier 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte approuve un rapport annexé sur la modernisation du ministère de l'intérieur et fixe, pour la période 2023-2027, l'évolution des crédits de paiement du ministère et des plafonds des taxes qui lui sont affectées, hors charges de pensions. Il crée dans le code des assurances un chapitre consacré à l'assurance des risques de cyberattaques, qui encadre le versement d'une somme au titre d'une clause couvrant le paiement d'une rançon par l'assuré. Il élargit les possibilités d'enquête sous pseudonyme en autorisant, dans les mêmes conditions d'autorisation que celles déjà prévues, l'acquisition de tout contenu, produit, substance, prélèvement ou service, y compris illicite. Il permet à un officier de police judiciaire d'être autorisé par tout moyen par le procureur de la République ou le juge d'instruction pour certaines saisies, et introduit dans le code des postes et des communications électroniques la notion de communications mobiles critiques à très haut débit. Il crée en outre dans le code pénal une section consacrée à l'outrage sexiste, puni de 3 750 euros d'amende.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • 15 milliards d’euros sur cinq ans Adopté

    La loi fixe une trajectoire de 15 milliards d’euros de moyens supplémentaires pour le ministère de l’intérieur sur la période 2023-2027.

    Validé par le Conseil constitutionnel.

  • 8 500 postes de policiers et gendarmes Adopté

    Recrutement de 8 500 policiers et gendarmes supplémentaires sur la durée de la programmation.

    Validé.

  • Transformation numérique et lutte anti-cyber Adopté

    Engagement de la transformation numérique du ministère, renforcement de la lutte contre la cybercriminalité et amélioration de l’accompagnement des victimes.

    Validé.

  • Répression des violences contre les élus et de délits routiers Censuré

    L’article 15 aggravait la répression des violences commises contre les élus et de certains délits routiers.

    Censuré comme cavalier législatif : le Conseil constitutionnel a jugé cette disposition sans lien, même indirect, avec le texte déposé (article 45 de la Constitution).

  • Nouveau régime des menaces de mort Censuré

    L’article 26 modifiait la répression des menaces de mort.

    Censuré comme cavalier législatif (absence de lien avec le projet initial).

  • Enquête sous pseudonyme élargie Censuré

    L’article 10 étendait les possibilités d’enquête sous pseudonyme des agents ; une partie de la mesure a été retirée.

    Censure partielle : les mots autorisant l’acquisition ou la transmission d’un objet illicite ont été jugés contraires au droit à un procès équitable.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC20LIOT51DEM170RE30HOR62LR89RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale700
Gauche démocrate et républicaine - NUPES100
Écologiste - NUPES300
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)700
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires101
Démocrate (MoDem et Indépendants)050
Renaissance0270
Horizons et apparentés040
Les Républicains030
Rassemblement National1500
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 251 en séance (Orientation et programmation du ministère de l’intérieur), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Roger Vicot SOC
« Il fait suite à notre long débat d’hier sur les conditions de dépôt de plainte en ligne garantissant l’accompagnement le plus protecteur pour les victimes, notamment en cas d’atteinte à leur intégrité physique. Dans certains cas, ces atteintes s’accompagnent de pressions, qui pourraient avoir lieu au domicile au moment du dépôt de plainte en vidéoconférence. Cet amendement de repli vise à s’assurer que ce n’est pas le cas, en prévoyant une visite de policiers ou de gendarmes au domicile de la victime dans les meilleurs délais après le dépôt de plainte, pour vérifier que celui-ci a eu lieu dans des conditions de sécurité et de protection optimales. »
M. Florent Boudié (rapporteur)
« Cette question, qui sera bien sûr prise en considération dans le décret en Conseil d’État prévu par l’article, rejoint celle de la plainte hors les murs, dont le rapport annexé au présent texte prévoit la généralisation, je vous le rappelle. Mon avis est donc défavorable. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Orientation et programmation du ministère de l’intérieur), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Antoine Léaument LFI
« Il se fonde sur l’article 50, alinéas 4 et 5, relatifs aux périodes de tenue des séances. Nous sommes mercredi soir et il reste 900 amendements à examiner. »
M. Erwan Balanant DEM
« Je ne serai pas deux fois plus court pour aller deux fois plus vite, car le sujet est important. Il y a cinq ans, la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, confiait à cinq députés le soin de définir l’outrage sexiste ; il s’agissait de résoudre le pr… »
M. Roger Vicot SOC
« Au même titre que nous nous réjouissions hier et cet après-midi de la présence de l’article 6 consacré à l’amélioration de l’accueil des victimes, nous nous réjouissons de celle de l’article 7 consacré aux outrages sexistes. »
Mme Sandra Regol ECOS
« Le harcèlement de rue est une réalité : c’est l’un des aspects des oppressions et des discriminations subies par les femmes au quotidien ; c’est l’un des aspects des violences sexuelles et sexistes qui se déroulent plutôt à l’intérieur des foyers ou au travail. »
M. Christophe Naegelen LIOT
« Avoir intégré l’outrage sexiste et sexuel dans ce texte de loi est très important. Tout d’abord, comme l’ont dit les intervenants précédents, parce que nous devons changer de paradigme et comprendre que les femmes, dans la rue ou au travail, doivent être mieux défendues. »
Mme Clara Chassaniol RE
« Avec l’article 7, nous souhaitons poursuivre, aux côtés du Gouvernement, la logique de fermeté face aux outrages sexistes et sexuels intempestifs. »
Mme Julie Lechanteux RN
« Malheureusement, l’article 7 montre trop peu d’avancées pour réellement satisfaire les Françaises dans leur recherche de sécurité dans l’espace public. »
Mme Pascale Martin LFI
« Depuis hier, j’écoute attentivement les débats. Il se trouve qu’avant d’être députée, j’ai été militante dans une association féministe et que j’ai accompagné de nombreuses femmes dans des dépôts de plainte. »
M. Éric Pauget LR
« Il s’agit d’un amendement de précision, destiné à tenir compte de la réalité des réseaux sociaux : les outrages sexistes peuvent en effet prendre la forme de messages ou d’images sur ces sites. Le texte mentionne « tout propos ou comportement » ; je propose d’y ajouter « message ». »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Au travers de cet article relatif au délit d’outrage sexiste, nous voyons bien que les collègues, ce qui est compréhensible dans le cadre de la discussion d’un tel projet de loi, évoquent toutes les formes de discrimination et toutes les violences qu’il faudrait sanctionner. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue